12 février

12/02/2026

1949 - Création des premières exploitations agricoles d'État (PGR/Państwowe Gospodarstwa Rolne). Le nouveau gouvernement communiste avait un problème. Malgré les tentatives et les efforts, il n’a pas réussi à créer des fermes collectives en Pologne sur le modèle des sovkhozes soviétiques. Les PGR vont fonctionner sur une base économique totale ou limitée. Leurs ressources foncières comprennent des terres nationalisées provenant d'anciens domaines, des terres abandonnées reprises par l'État et des terres nouvellement aménagées. Ces PGR ont été établis principalement sur le site des plus grands anciens domaines allemands situés dans les “terres recouvrées” (les régions anciennement allemandes acquises par la Pologne à l'issue de la Seconde Guerre mondiale), mais aussi dans le sud-est de la Pologne, d'où avaient été déportés les Ukrainiens, les Lemkos et les Boykos lors de l’“opération Wisła” en 1947.

Les exploitations agricoles d'État menaient leurs activités de production conformément aux dispositions du plan économique national ; elles vendaient la totalité de leur production aux organes d’achat de l’État à des prix convenus. Elles avaient pour tâche : de développer et de tester les formes les plus rationnelles d'organisation de la production agricole à grande échelle ; de promouvoir le progrès dans le domaine de l'agriculture ; de fournir aux exploitations agricoles coopératives et individuelles des semences et du matériel de sélection certifiés. Elles utilisaient principalement des machines agricoles polonaises. Certaines machines ont aussi été importées d’autres pays du bloc de l’Est.

Après 1989, l’idée de liquider les fermes d’État a prévalu. Dépendantes des subventions du gouvernement, la plupart feront faillite peu après la chute du régime communiste et l'adoption par la Pologne d'une économie de marché. Les dernières exploitations agricoles d'État seront liquidées en 1994. Selon les partisans de la liquidation, les PGR, en tant que création d'une économie socialiste, ne correspondaient pas au marché libre naissant. Les opposants à la liquidation critiquent cependant la manière dont elle a été réalisée : certaines exploitations étaient en bonne santé économique et, après la réforme, elles auraient pu s'adapter à la nouvelle réalité économique.

Aujourd'hui, ce qui reste des PGR sont des bâtiments agricoles en ruine, des manoirs historiques dévastés qui abritaient autrefois leurs bureaux de direction et de mauvais souvenirs. ‹LS›