Éphéméride polonaise
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26 septembre26/09/2026

1946 - Le Conseil des ministres, à la demande du maréchal Michał Rola-Żymierski, prive de leur citoyenneté polonaise plus de 70 commandants des forces armées polonaises à l'Ouest qui avaient rejoint le PKPR - Corps polonais de réinstallation en Grande-Bretagne.
La procédure d'adoption de cette résolution n'était pas conforme à la loi sur la citoyenneté polonaise de 1920. Cette loi, toujours en vigueur, faisait référence à la perte et non à la privation de la citoyenneté. Cette dernière ne pourrait se produire que dans deux cas : acceptation d’une autre citoyenneté ou d’une fonction dans un autre pays sans le consentement des autorités polonaises ou engagement dans une armée étrangère. Cette dernière raison a été évoquée par les autorités de Varsovie. Cependant, le PKPR n'était pas formellement une armée, même s'il y régnait une discipline militaire, qu’on y portait l’uniforme et qu’on y recevait une solde. Il n’y avait donc aucune raison de révoquer la citoyenneté polonaise. Les autorités polonaises en exil avaient par ailleurs donné leur consentement formel à rejoindre le Corps.
En réalité, tous ces officiers ont toujours conservé la nationalité polonaise parce qu'ils ne reconnaissaient pas les autorités de Varsovie comme étant légales. L'émigration boycotta les autorités communistes et reconnut le gouvernement polonais en exil. En ce sens, ils se considéraient toujours citoyens de la République de Pologne.
Dès la fin des années 1960, les autorités de la République populaire de Pologne vont tenter d'établir des contacts avec les communautés d'anciens combattants de Grande-Bretagne. En 1971, ils rendront la citoyenneté à tous les officiers, à l'exception du général Władysław Anders, décédé depuis un an et demi. Sa citoyenneté ne sera rétablie qu'en mars 1989 !
*Parmi les personnes privées de citoyenneté se trouvaient un grand nombre de commandants les plus hauts et les plus distingués de la guerre, notamment : Stanisław Maczek, Stanisław Sosabowski, Stanisław Kopański et Antoni Chruściel. Le général Władysław Anders avait déjà été déchu de sa citoyenneté par un décret distinct.
Pendant six ans, ces officiers supérieurs des forces armées polonaises ont combattu en dehors du territoire occupé. Ils ont rempli leurs devoirs alliés et ont maintenu le moral de leurs subordonnés. Leur récompense fut d’être dépouillés de leur honneur et de leur foi par les dirigeants de la Pologne communiste et de se retrouver à l’étranger avec des emplois mal payés comme magasiniers, serveurs et liftiers. ‹LS›
25 septembre25/09/2026
2010 - Décès à l’hôpital d’Orléans de Kazimierz Romanowicz, soldat du 2e Corps polonais, l'une des figures de proue de l'émigration polonaise, créateur de la librairie et de la maison d'édition “Libella” à Paris. Il est né le 9 novembre 1916 à Lemieszówka près de Kamieniec Podolski. Avant la Seconde Guerre mondiale, il a travaillé dans une librairie (section française). En 1937, il est envoyé en formation professionnelle à la librairie polonaise de Paris où, sous la supervision du responsable de l'établissement, il va créer en 1939 une filiale de la librairie au 23 de la rue Taitbout. Le 3 septembre 1939, il se porte volontaire pour l'armée polonaise en formation en France. Il est diplômé de l'École d’aspirants dans la 3e compagnie du CKM de Coëtquidan. En 1942, dirigé vers le 2e Corps polonais au Moyen-Orient, il va faire avec lui la campagne d'Italie (comme sous-lieutenant). Il sera blessé à Piedimonte et Strada San Zeno. Après la guerre, il devient directeur de la librairie “Libella” - initialement créée en tant qu’établissement continuant la publication de la Section de la culture et de la presse du 2e Corps, son siège se situant sur l'île Saint-Louis à Paris. De 1947 jusqu'à la fermeture de la librairie le 31 décembre 1993, il s’occupera à la fois de l’activité de la librairie et de celle de l'édition. Au début des années 50 du XXe s., il va également fonder avec Władysław Wantuła un label discographique qui n’existera que peu de temps “Ballada. Pavilon Record Company (Paris, Londres, New York)”. En 1959, avec son épouse, l’écrivain connu en émigration Zofia Romanowiczowa, il fonde dans un local attenant à la librairie la Galerie Lambert qui présentera des réalisations de la peinture moderne polonaise et mondiale et où se tiendront également des soirées d’auteurs. Durant des années, il demeurera avec son épouse à Paris. Vers la fin de sa vie, il va séjourner à la Maison de la vieillesse paisible du Fonds humanitaire polonais à Lailly-en-Val près d'Orléans. Le 28 septembre 2010, il a reçu à titre posthume la Croix de Commandeur avec étoile de l'ordre du Mérite de la République de Pologne. Ses funérailles ont eu lieu le 29 septembre dans un cimetière de campagne près de l'ancienne résidence d'été des Romanowicz à Jours en Bourgogne. Il possédait aussi la Croix de l’ordre militaire Virtuti Militari et la Croix de la valeur militaire (par deux fois). Avec Kazimierz Romanowicz a disparu l'un des derniers des Mohicans de la deuxième émigration politique polonaise. ‹LS›

