22 février

22/02/2026

1814 - Naissance à Przysucha d’Oskar Kolberg, ethnographe, folkloriste, compositeur, auteur d’une œuvre primordiale pour l'ethnographie polonaise “Le peuple. Ses coutumes, son mode de vie, sa langue, ses légendes, ses proverbes, ses rites, ses superstitions, ses jeux, ses chansons, sa musique et ses danses”. Il est le fils d’un ingénieur cartographe prussien arrivé en Pologne en 1796, Julius Kolberg et de Karolina Mercoeur, né près de Varsovie, issue d’une famille française. Il fréquente le Lycée de Varsovie. Il va étudier la musique à Varsovie et à Berlin. Il travaillera comme professeur de musique. Initialement, il lie son avenir à une carrière de compositeur. Au fil du temps, il va porter son intérêt exclusivement sur la documentation du folklore. Déjà à la fin des années trente, il commence à transcrire des chansons et des airs folkloriques. Jusqu’en 1840, il va noter des centaines de chansons. Dans les années 40, il va également publier son premier recueil de chansons folkloriques destinées à être chantées. À partir de 1845, il va travailler pendant douze ans comme employé à la direction du chemin de fer Varsovie-Vienne. Dans le même temps, il entreprend des recherches systématiques sur le terrain, d'abord en Mazovie, puis plus tard, sur tout le territoire recouvrant l'ancienne République des Deux-Nations. Il collabore avec des magazines de Varsovie. Il est corédacteur de l'Encyclopédie universelle de Samuel Orgelbrand, pour laquelle il élabore la plupart des articles consacrés à la musique. En 1857, il édite Chansons du peuple polonais, contenant plus de 400 ballades et autant d’airs de danse. Ce recueil, dans lequel la musique folklorique est présentée sous une forme authentique, sans arrangements harmoniques, est déjà à cette époque-là très fortement apprécié. En 1865, il élabore et commence à mettre en œuvre un grand plan pour recueillir les sources pour un nouveau domaine de la science - l'ethnographie. La même année, paraîtra la première partie de son œuvre Le peuple. Ses coutumes, son mode de vie, sa langue, ses légendes, ses proverbes, ses rites, ses superstitions, ses jeux, ses chansons, sa musique et ses danses. Dès lors, il va constamment mettre en œuvre ce nouveau concept à travers une série de monographies régionales, qui formeront au total le tableau de la culture populaire du XIXe siècle. En 1873, Kolberg devient membre correspondant de l'Académie des arts et sciences, puis président de la section ethnologique de la Commission anthropologique de l'Académie. En 1878, il se rend à l’Exposition universelle de Paris. Pour ses publications, exposées dans la section ethnographique du pavillon autrichien, il recevra la médaille de bronze. Il cherchera néanmoins en vain un soutien financier pour son projet. Il aura vécu et travaillé dans des conditions très modestes. Il est mort le 3 juin 1890 et a été inhumé dans le cimetière Rakowicki à Cracovie. Les deux volumes publiés par Kolberg de Le peuple et Images ethnographiques, comme les matériaux laissés dans ses manuscrits, sont une source inestimable pour l'histoire de la culture nationale. C’est l’Institut Oskar Kolberg à Poznań qui se charge de l’élaboration et de la publication de ce patrimoine. ‹LS›

Depuis 1974, existe le Prix Oskar Kolberg pour services rendus à la culture populaire polonaise. Le groupe folklorique de la société “Sokół” de Carvin (Pas-de-Calais) en sera le premier lauréat français en 1975.