2 mars
1973 - À Praz-Coutant (Haute-Savoie), décès d’Alina Szapocznikow, l'une des sculptrices polonaises les plus remarquables. Elle est née le 16 mai 1926 à Kalisz. Elle passe les années 1940-1942 avec sa mère (son père est mort en 1938) dans le ghetto de Pabianice, pour se retrouver dans le ghetto de Łódź, puis (après un passage par Auschwitz) successivement dans les camps de Bergen-Belsen et de Theresienstadt. Après la guerre, elle décide d'étudier la sculpture. Elle va étudier à Prague et à Paris (1948-1950 : à l'École nationale supérieure des beaux-arts). Lorsque la maladie l'oblige à interrompre ses études, elle revient en Pologne en 1951. Là, elle rejoint la vie artistique, en prenant, entre autres, part à des concours pour des monuments : Chopin, Amitié polono-soviétique, Héros de Varsovie, À la mémoire des victimes d'Auschwitz, Juliusz Słowacki. En 1963, elle part s'installer en France. À Paris, elle prend contact avec le mouvement regroupant des artistes du “Nouveau Réalisme” (Arman, César, Niki de Saint Phalle). Elle commence à utiliser des matières synthétiques (polyester, polyuréthane) pour réaliser des moulages de son propre corps. Elle va sans cesse expérimenter de nouveaux matériaux, créant des œuvres poignantes d'une puissance d'expression rarement rencontrée. Son premier grand succès sera en 1965 l’obtention du Prix de la Fondation Copley pour la sculpture “Goldfinger”, se référant à l'un des films de James Bond. Ce fut sa première référence directe avec la culture populaire. Plusieurs fois encore elle apparaîtra en Pologne avant d’obtenir en 1972 la nationalité française. Les travaux d’Alina Szapocznikow ont fait l'objet de vives discussions, même de son vivant. Elle a été le précurseur de nombreuses nouvelles tendances dans l'art contemporain, recherchant de façon innovante des moyens d'expression pour ses visions artistiques. Presque la totalité des œuvres sculpturales de l'artiste est concentrée sur le corps, est une tentative de son raffermissement (fixation), de sa mémorisation, l'analyse de son intimité et de sa sexualité. Le motif dominant est l'apothéose de la féminité comme démonstration de la vie et objet de destruction (vanités). Quelques-unes de ses œuvres : Premier amour (1954), Exhumé (1956), Marie Madeleine (1958), Bellissima (1959), Blindée II (1964), La modèle (1967), cycle Herbier (1971-1972). En 2012, au Musée d'Art Moderne MoMA de New York a eu lieu une exposition individuelle de plus de 100 sculptures et dessins de l'artiste intitulée “Sculpture Undone, 1955-1972”. En 2013, le Centre Pompidou lui a consacré une exposition inédite : “Du dessin à la sculpture” qui a réuni près de cent travaux sur papier, accompagnés de quelques sculptures. En 2014, pour la première fois en Israël, une exposition des œuvres de l’artiste (intitulée “Body Traces”) a été présentée au Musée d’art de Tel Aviv.
Alina Szapocznikow est enterrée au cimetière du Montparnasse à Paris. ‹LS›



