11 mars

11/03/2026

2000 - Décès à Nanterre de Kazimierz Brandys, romancier, essayiste, scénariste. Il est né à Łódź le 27 octobre 1916. Il est issu d'une famille intellectuelle juive assimilée. Durant ses études à la Faculté de droit de l'Université de Varsovie (1934-1938) - déçu de l'évolution idéologique de Piłsudski et de la politique de la “sanacja” (assainissement) durant les années 30 - il rejoint l'Union de la jeunesse socialiste indépendante. Il fait ses débuts en 1935 dans le mensuel “Kuźnia Młodych” (La Forge des jeunes) en tant que critique théâtral. Pendant l'occupation allemande, il va se cacher, en dehors du ghetto, du côté aryen de Varsovie, aidé en cela par un physique “n’éveillant pas les soupçons”. Après 1945, il s’identifie à l'idéologie officielle des autorités communistes. À partir de 1946, il devient membre du “Parti ouvrier polonais”, puis du “Parti ouvrier unifié polonais”. Dans les années 1945-1950, il est membre du comité de rédaction de l'hebdomadaire “Kuźnica” (la Forge). À partir de 1956, il est porte-parole du “renouvellement” et “nettoyage moral” du parti et du gouvernement ; dans les années 1956-1960, membre du comité de rédaction de l'hebdomadaire “Nowa Kultura” (Nouvelle Culture). En 1966, il démissionne du parti pour protester contre la répression qui frappe le philosophe Leszek Kołakowski. Dans les années 1970-1971, il donne des cours de littératures slaves à la Sorbonne à Paris. En 1976, il va signer la “Lettre des 101” pour protester contre les modifications dans la Constitution de la République populaire de Pologne. Dans les années 1977-1980, il devient membre de la rédaction du magazine dissident de l’opposition démocratique “Zapis” (La note), en 1978, membre de la Société pour les cours universitaires (dont le but était de briser le monopole de l'État dans l'enseignement au niveau universitaire). Annoncé le 13 décembre 1981, l’état de siège va le trouver en dehors du pays. Il se fixe définitivement à Paris, où il va travailler principalement avec les “Zeszyty Literackie” (Les cahiers littéraires). Il sera membre de l'Association des écrivains polonais.

Il a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Parmi sa production : les romans “Les citoyens” (1954), “La Mère des rois” (1957), “L’irréalité” (1977), le récit “L’art d’être aimée et autres nouvelles” (1970), ainsi que quatre volumes du journal “Les mois” (1980-1987). Les adaptations à l’écran de : “Samson” (1961), “L’art d’être aimée” (1962), “Façon d'être” (1965), “Très vieux tous deux” (1967), “Les années tranquilles” (1981), “La Mère des rois” (1982). Parmi ses distinctions : Croix de l'ordre Polonia Restituta (1952), Ordre de la Bannière du Travail de deuxième classe (1954), Ordre français des Arts et Lettres (1993). ‹LS›