6 juillet

06/07/2026

1940 - Première évasion d’un prisonnier du camp de concentration d’Auschwitz - Tadeusz Wiejowski. Il avait été déporté dans le camp avec le premier transport de prisonniers politiques polonais arrivés à Auschwitz le 14 juin 1940 de la prison de Tarnów. Il avait reçu le numéro 220. C’est avec l'arrivée de ce transport qu’a commencé à fonctionner le camp. Au début dans le camp, il n’y avait pas beaucoup de gardiens, de sorte qu’une évasion était susceptible de réussir. Wiejowski a été aidé dans sa fuite par des ouvriers civils polonais qui travaillaient comme électriciens dans une entreprise allemande. Quatre d'entre eux appartenaient à l'Union de la lutte armée. Le fugitif, habillé avec les vêtements de travail de l'un des électriciens, est sorti à l'extérieur en leur compagnie. Il a reçu de leur part de la nourriture et de l'argent. Il s’échappera au-delà de la zone du camp dans un train de marchandises. Après la découverte de l’évasion, les Allemands vont ordonner un appel punitif. Il va commencer à 18 h le jour de l’évasion de Wiejowski et continuer sans discontinuité pendant 19 heures. Ce sera l'appel le plus long de l'histoire du camp. Durant toute la nuit, les Allemands vont se déplacer entre les rangs de prisonniers, les frappant et leur donnant des coups de pied. Pour la première fois sera également infligée une flagellation publique. Tous les prisonniers du camp, qui étaient alors au nombre de 1311, participeront à ce “garde-à-vous”. Parmi eux, un Juif polonais, David Wongczewski. Il portait des traces de torture particulièrement cruelle. Dès son arrivée, il s’était retrouvé directement à l'hôpital du camp. Il ne survivra pas à l'appel. Il va mourir dans la nuit du 6 au 7 juillet. Il est devenu la première victime des Allemands à Auschwitz. La Gestapo du camp va effectuer une enquête minutieuse. Elle va arrêter les ouvriers polonais qui ont aidé le fugitif. Ils vont se retrouver dans le camp. Ils seront soumis à des interrogatoires cruels. Initialement, ils seront condamnés à mort, mais les Allemands vont finalement transformer la peine en flagellation et en emprisonnement à Auschwitz. Un seul d’entre eux survivra. Il mourra peu de temps après la guerre. Les détenus soupçonnés d’avoir aidé à l’évasion seront transférés par un transport punitif au camp de Flossenbürg en Allemagne. Après son évasion, Wiejowski va se cacher pendant plus d'un an dans sa ville de Kołaczyce (Basses-Carpates). En automne 1941, il sera arrêté et emprisonné à Jasło, soumis à un interrogatoire brutal, puis il sera fusillé dans l’enceinte d’un puits de pétrole désaffecté. ‹LS›