29 juillet

29/07/2026

2001 - Mort à Cieszyn d’Edward Gierek, de 1970 à 1980, Premier secrétaire du Comité central du Parti ouvrier unifié polonais (POUP). Il est né le 6 janvier 1913 à Porąbka (auj. quartier de Sosnowiec). Le jeune Edward - Edek - est, à l'âge de 4 ans, laissé orphelin de père par une catastrophe minière. Sa mère s'étant remariée, la famille émigre en France où elle résidera dans les années 1923-1934. Après avoir travaillé dans l'agriculture dans la Haute-Saône et dans les mines de potasse en Alsace, Gierek arrive dans la région du Nord-Pas-de-Calais. En 1926, il commence à travailler dans les mines de charbon (Compagnie des Mines d’Ostricourt fosse 10) à Leforest. Membre de la CGT et de l’organisation caritative « Secours rouge », il adhère au Parti communiste français en 1931. Autodidacte, avide de lecture, il s'initie tout seul aux rudiments du marxisme.

En août 1934, la fosse 10 va être le témoin d'événements tragiques. Une grève éclate au fond. Après 35 heures de combats, affamés, les grévistes remontent à la surface, rassurés par des promesses d’impunité. En guise d’impunité, 77 d’entre eux font l’objet d’un décret d’expulsion de la Direction générale de la sécurité, six sont incarcérés à la prison de Béthune !

Quatre jours plus tard, Edward Gierek fait donc ses valises pour la Pologne. Il ne semble pourtant pas avoir exercé d'activités politiques autres que de jouer au football au club "L'Étendard rouge" Cependant, le capitalisme étant en crise, l’ambiance est à la xénophobie et à la répression tous azimuts…

En Pologne, le service militaire lui épargne le chômage pour deux ans. Il va ensuite émigrer en 1937 à Limbourg (Belgique), où il travaille dans les mines. Là-bas, il exerce la fonction de président du Conseil national des Polonais. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, troublé, comme ses camarades polonais, par le pacte Molotov-Ribbentrop, il se livre à une résistance discrète. La Belgique en grande partie libérée en septembre 1944, Gierek organise l'Union des patriotes polonais - mouvement de résistance des jeunes communistes qui, la guerre terminée, va s’occuper de rapatrier des groupes d'expatriés vers la Pologne pour y “édifier le socialisme”. En 1948, Gierek est expulsé de Belgique.

1949-1954 : après son retour au pays, il obtient le titre d'ingénieur des Mines, tout en occupant le poste de Premier secrétaire du Comité de voïvodie du POUP à Katowice ; député de la Diète, à partir de 1954, il devient membre du Comité central du POUP et nommé à ce titre chef de sa section “industrie lourde”. En 1956, il se rend à Poznań dans la délégation gouvernementale envoyée pour pacifier les états d’âme après le soulèvement appelé “juin de Poznań 56”. 1956-1970 : il remplit des fonctions importantes au sein du parti, entre dans le Bureau politique du Comité central du POUP et devient secrétaire du parti à Katowice. Il prend le pouvoir en 1970 suite aux “évènements de décembre” lorsque les grèves des travailleurs de Gdańsk, de Gdynia et de Szczecin entraînent la démission de Władysław Gomułka. Gierek promet des augmentations de salaires aux travailleurs et un blocage des prix pendant deux ans. Il propose un programme d'action sociale et économique, fait libérer ensuite des universitaires emprisonnés et accorde à l'Église catholique la pleine propriété des biens ecclésiastiques dans les anciens territoires allemands de l'ouest et du nord du pays.

Grâce à une politique habile et à la crainte du communisme de la part de l’Occident, il s'engage dans une politique d'emprunts massifs à l'Occident. Cette politique produit dans un premier temps des résultats spectaculaires. Les exportations polonaises doublent entre 1970 et 1975, le marché s'ouvre aux importations occidentales et la société découvre, dans une certaine mesure, la jouissance de la consommation. Mais le “miracle économique polonais” s'avérera de courte durée. Disproportionnés aux capacités du pays, les crédits ont été mal gérés et inégalement investis. S’ensuit rapidement un effondrement économique, une dilapidation des actifs et une escalade dans les tensions sociales liées à la hausse des prix, d'abord en 1976 à Radom et Ursus, puis en 1980 sur le littoral et dans tout le pays.

Après la création du syndicat “Solidarność”, sous la pression des événements, en août 1980 Gierek est contraint de démissionner de son poste de Premier secrétaire du Comité central du POUP. En juillet de l'année suivante, suite à des règlements internes, il est exclu du Parti communiste. Dans ses mémoires, il explique le fiasco de sa politique par un complot de son entourage. Pendant l’état de siège, sur ordre du général Jaruzelski, il est interné pendant un an et une commission spéciale du POUP l'accuse d’usurpation de domicile et de terrain à Katowice. Ses dernières années, Edward Gierek les passera à son domicile d’Ustroń. Il a été inhumé à Sosnowiec. ‹LS›

Lors de son élection au poste de premier secrétaire du parti ouvrier unifié polonais

“Dans tout le pays, sont indispensables
l'ordre et la discipline,
le travail et la sérénité,
la compréhension et la confiance mutuelles”

Valéry Giscard d'Estaing (septembre 1977)

Léonid Brejnev (années 70)

Jimmy Carter (décembre 1977)

À l'occasion de l'anniversaire de sa mort, la foule s'est rassemblée le samedi 25 juillet devant sa tombe à Sosnowiec, sa ville natale, prouvant ainsi que la mémoire de l'ancien premier secrétaire du Comité central du Parti ouvrier unifié polonais (PZPR) est toujours vivante. Il est vrai que la figure de Gierek divise encore aujourd'hui les Polonais : pour les uns, il incarne l'endettement du pays et un appareil oppressif ; pour les autres, il est le père d'une grande modernisation. Gierek s’est en effet efforcé d’ouvrir la Pologne à l’Ouest et d’améliorer les conditions de vie de la population. Son slogan « Vous nous aiderez ? Nous vous aiderons ! » est entré dans l’histoire comme un symbole de l’optimisme du début des années 70.
Sa décennie au pouvoir a été marquée par un développement économique intense et la modernisation du pays, financés principalement par des crédits étrangers. À cette époque, les infrastructures, l’industrie et le logement ont été développés, et toute une série d’améliorations ont été apportées au profit des citoyens – ce que l’on appelle aujourd’hui encore la « stabilisation Gierek ».