4 novembre
1794 - Après la prise de la partie rive droite de Varsovie, les troupes russes commandées par le général Alexandre Souvorov massacrent ses habitants - le faubourg varsovien de Praga ayant été au cours de l'Insurrection de Kościuszko le point stratégique de défense de la ville. “Les bords de l’îlot au milieu de la Vistule étaient couverts de cadavres, l'engorgement faisant monter les eaux comme à un barrage (...) Personne n'est épargné, même les petits enfants, les Cosaques les promènent sur des piques dans les rues (...) Jusqu’à la Vistule, à chaque pas on rencontrait des personnes tuées et des mourants à différents stades ; sur les rives du fleuve s’accumulaient des empilements de soldats, de civils, de Juifs, de prêtres, de moines, de femmes et d’enfants (...) La vue de Praga était horrible, des gens des deux sexes, des personnes âgées et des nourrissons au sein de leur mère allongés assassinés sur un tas ; des corps de soldats, ensanglantés et dénudés, des voitures brisées, des chevaux, des chiens, des chats, et même des cochons tués”. La vague de meurtres qui va durer plusieurs heures, coûtera la vie à environ 20 000 personnes. Cet acte a terrorisé la partie rive gauche de Varsovie et a amené la capitale à la capitulation. L’armée insurrectionnelle se retirera vers le sud et le 5 novembre, toute la ville sera occupée par les Russes. L'ambassadeur britannique à l'époque à Varsovie a décrit cet assassinat de civils comme odieux, d’une barbarie inutile. Pour célébrer la victoire, l'impératrice Catherine II créera la Croix de la prise de Praga.
Les historiens russes font porter la responsabilité du massacre sur les Cosaques, Souvorov ayant ordonné la destruction des ponts afin de protéger la partie rive gauche de Varsovie. Cependant, un officier russe ayant servi dans l'armée pendant le massacre de Praga souligne que le motif de l'ordre de destruction des ponts fut la volonté d’éviter une contre-attaque de l'armée polonaise de la partie rive gauche de Varsovie contre des régiments russes complètement ivres. Parallèlement, selon des témoins, Souvorov, non seulement n’a pris aucune mesure pour empêcher le massacre, n'a pas puni les coupables, mais a remporté des avantages considérables du massacre, lorsqu’ultérieurement il recommandera d’ouvrir une étroite passerelle pour faire venir de la partie rive droite de Varsovie les familles des personnes assassinées, ce qui va entraîner une psychose de peur parmi la population civile de la ville et va hâter la capitulation.
Pour honorer les victimes du massacre, une croix sera érigée - à l'intersection de la rue Jagiellońska et de l’avenue Solidarność. Des célébrations patriotiques annuelles et une plaque apposée sur le mur de l'église de Notre-Dame de Lorette, rue Ratuszowa (pour le 200e anniversaire de l’événement), commémorent le souvenir des victimes. ‹LS›
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Durant le régime soviétique, le massacre de Praga était devenu un sujet tabou. Les références à l'événement sont censurées dans les manuels, les cours d’histoire n’en font plus mention et les recherches sur le sujet sont découragées. Le but est de ne pas nuire aux relations polono-soviétiques. Après la chute du communisme, l'interdiction sera levée, mais aujourd'hui encore, il s'agit d'un sujet controversé et sensible. Par exemple, l’information sur le massacre de Praga, après l'intervention de l'ambassade russe, a disparu de la version russe du e-guide préparé spécialement pour l'Euro 2012.



