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Profonde crise à la frontière polono-biélorusse

30/09/2021

  À l'approche de l'hiver, la situation s'aggrave à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Près de Kuźnica, village poste frontière, entre 3 000 et 4 000 personnes tentent actuellement de franchir la ligne de barbelés qui sépare les deux pays et une quinzaine de milliers seraient encore éparpillées à travers le pays. Le régime biélorusse continue d’organiser des rotations entre des capitales du Moyen-Orient, comme Dubaï (Émirats arabes unis), Damas (Syrie) et Istanbul (Turquie), pour faire venir des migrants en Biélorussie, avant de les envoyer sur les routes migratoires d'Europe de l'Est.

  Quelque 10 000 militaires polonais sécurisent cette frontière de l’Union européenne. Les effectifs militaires n'ont cessé de progresser ces dernières semaines et, depuis le 2 septembre, une zone d'état d'urgence a été installée tout le long de la frontière. Ce dispositif interdit, en théorie, l’accès à la presse et aux organisations non gouvernementales à cette zone.

  Selon les Biélorusses, ces migrants - dont des femmes et des enfants - sont possesseurs de visas touristiques et ne présentent donc aucune menace pour la sécurité… Cependant, certains migrants racontent que les soldats biélorusses leur interdisent de faire demi-tour et les forcent à franchir la frontière.

  Bruxelles accuse le président biélorusse Alexandre Loukachenko d’orchestrer l’afflux des migrants et de chercher à déstabiliser l’Europe en représailles aux sanctions sans précédent imposées par l’Union européenne à la suite de la répression de l'opposition par le régime biélorusse mais, soutenu par Vladimir Poutine, celui-ci s’accroche. Cependant, le lundi 8 novembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé les États membres de l’UE à donner leur vert à de nouvelles sanctions. “L’instrumentalisation cynique des migrants dans un but politique est inacceptable”, a-t-elle jugé dans un communiqué.

  Il est vrai que des migrants ont témoigné avoir été conduits à la frontière par des soldats biélorusses et guidés pour échapper aux patrouilles polonaises… Selon des témoignages, des gardes-frontières biélorusses ont tiré en l’air pour obliger les migrants à avancer.

  Des photos montrent des hommes masqués et armés apporter une aide logistique et fournir des outils aux migrants. Des pinces coupantes, des pelles, mais aussi des arbres coupés utilisés comme béliers sont employés pour forcer les barrières frontalières. Les gardes polonais, appuyés par la police et l’armée, ont réussi à stopper cette première tentative de passer la frontière en masse, usant de gaz lacrymogènes.

  Cette crise des migrants menace la “stabilité et la sécurité de l’UE tout entière”, affirme ce mardi 9 octobre le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

  Un test géopolitique grandeur nature est bel et bien en cours pour l’Europe. Ce mercredi 10 novembre, le Parlement européen doit débattre sur ce sujet brûlant. Charles Michel, président du Conseil de l'Europe, doit même se rendre en Pologne...

  Venu à Varsovie s'entretenir avec le Premier ministre polonais, Charles Michel a estimé qu'une aide financière européenne à la construction de murs ou de barbelés serait juridiquement possible…

  À la demande de l'Estonie, de la France et de l'Irlande, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur cette crise de migrants se tiendra jeudi. De plus, l'UE va étendre ses sanctions contre la Biélorussie, accusée d'orchestrer cet afflux de migrants aux frontières de l'Europe.

  Les autorités polonaises ont signalé une hausse des tentatives de traverser la frontière et affirmé que certaines avaient réussi, sans en préciser le nombre.

  Alexandre Loukachenko aurait mis en garde l'Union européenne contre l'imposition de nouvelles sanctions. En représailles, il menace d'arrêter sur son territoire le transit du gaz russe vers l’UE.

  À l’issue de son entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine s'est prononcé en faveur d'une reprise des contacts entre les pays de l'UE et la Biélorussie afin de résoudre le problème.

  Ce jeudi, lors du débat au parlement allemand sur la situation migratoire à la frontière biélorusse, le chef du ministère allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré que des centaines de personnes sont bloquées là-bas, dirigées par les forces de sécurité biélorusses qui bloquent désormais de force le chemin du retour. Les enfants, les femmes et les hommes campent dans le froid glacial sans vêtements appropriés. Entre-temps, des gens sont également morts… “Indépendamment des autres discussions politiques au sein de l'Union européenne, le problème dans cette affaire n'est pas la Pologne, et j'ai parfois une telle impression dans ce débat”, a-t-il ajouté.

  La situation à la frontière devient de plus en plus dangereuse et peut facilement devenir incontrôlable. Il semble très urgent de désamorcer la tension...

  Ce dimanche 14 novembre, on apprend que les forces biélorusses inciteraient certains migrants à mener des attaques à la frontière polonaise, et même à attaquer des soldats et des officiers polonais. Des rumeurs répandus parmi les migrants leur feraient croire que des autocars allemands viendraient bientôt les chercher... Ce qui est faux. Les Biélorusses comptent toujours sur une escalade des tensions pour mettre en œuvre leurs propres plans !

  Ce lundi 15 novembre, l’Union européenne annonce des sanctions renforcées contre la Biélorussie qui devraient être finalisées “dans les jours à venir” et viseraient des personnes tant physiques que morales. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, continuant à démentir les accusations européennes, a prévenu qu'il riposterait à toute nouvelle sanction infligée par les puissances occidentales.

  La France offre son plein soutien à la Pologne et est disposée à lui fournir de l'aide. Le président Emmanuel Macron s'est entretenu ce lundi avec son homologue russe Vladimir Poutine. Les deux dirigeants sont convenus qu'il fallait une désescalade des tensions migratoires à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Tant mieux, car Lituanie, Lettonie et Estonie craignent de voir cette crise dégénérer en un conflit armé ! Les chefs des trois États baltes devaient d'ailleurs ce lundi s'entretenir par visioconférence avec le président polonais Andrzej Duda.

  La Pologne, quant à elle, va commencer en décembre la construction d'un mur le long de la frontière avec la Biélorussie…

  Ce mardi 16 novembre, de violentes émeutes ont eu lieu à la frontière polono-biélorusse. Des migrants ont lancé, entre autres, pierres et bûches. En réponse à l'attaque, les services polonais ont déployé des canons à eau et fait usage de gaz poivre pour repousser ces migrants qui tentaient de traverser la frontière à partir de la Biélorussie.

  Les forces biélorusses auraient tenté de détruire les clôtures le long de la frontière commune des deux pays et l’agence des gardes-frontières polonais a par ailleurs publié une vidéo montrant un canon à eau dirigé de l’autre côté de la frontière, vers un groupe de migrants.

  Un militaire polonais protégeant la frontière raconte : “Nous nous préparons tous au fait que cela pourrait se terminer par une guerre. C'est ce que nous craignons le plus. Nous avons des rumeurs selon lesquelles les Biélorusses veulent donner des armes aux immigrés. Ils leur ont déjà donné des grenades assourdissantes et des lacrymogènes. Ils nous les ont lancés récemment. Nous craignons qu'en ce qui concerne l'utilisation des armes, cela se retourne contre nous.”

  Ce mercredi 17 novembre, la Lituanie a signalé qu'il y avait eu de nouvelles tentatives de franchissement de la frontière lituano-biélorusse, dans lesquelles la Biélorussie est de nouveau impliquée.

  La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que la Pologne appelait l'OTAN à participer à la résolution de la crise migratoire à la frontière polono-biélorusse, ce que la Russie considère comme “provocante et extrêmement dangereuse”. Elle a ajouté que “cela pourrait conduire à une escalade inutile de la situation”.

  De fait, des décisions importantes en la matière seront prises lors de la prochaine réunion de l'OTAN à Riga, en Lettonie, prévue du 30 novembre au 1er décembre.

  Dans la soirée, le Sejm a adopté un amendement à la loi sur la protection de la frontière de l'État, dans lequel il précise que “le régime de Loukachenko a attaqué la Pologne en utilisant les milliers de migrants qu'il avait fait venir”.

  “Le problème dans son ensemble sera porté au niveau de la Biélorussie et de l'UE et les responsables concernés des deux côtés entameront immédiatement des négociations pour résoudre les problèmes existants. De la même manière, le souhait des réfugiés d'aller en Allemagne devrait être résolu”, écrivent les services de presse du régime biélorusse.

  Ces derniers jours, Angela Merkel, la chancelière fédérale d’Allemagne, s'est entretenue deux fois au téléphone avec Alexandre Loukachenko au sujet de la situation aux frontières de la Biélorussie et de l'UE. Ce dernier, quoique les dirigeants de l'Union européenne ne le reconnaissent pas comme président légalement élu, souhaiterait que l'UE crée un corridor humanitaire pour 2 000 réfugiés qui sont dans le camp à la frontière avec la Pologne.

  La Biélorussie va persuader mais ne forcerait pas les migrants à quitter le pays. Le premier avion a décollé jeudi, avec 431 personnes volontaires, pour la plupart des ressortissants irakiens. Cependant, la majeure partie des migrants insistent sur la création d'un couloir humanitaire vers l'Europe occidentale, principalement vers l'Allemagne.

  Première étape vers une issue à cette crise impliquant également la Russie et l'ensemble de l'Union européenne, les principaux camps de migrants à la frontière polono-biélorusse viennent d’être évacués par la Biélorussie ?

  Le président Emmanuel Macron, lors de deux conversations téléphoniques ce jeudi avec le président Andrzej Duda et le Premier ministre Mateusz Morawiecki, a de nouveau assuré de sa pleine solidarité avec la Pologne dans cette crise avec la Biélorussie mais a aussi réaffirmé l'urgence de fournir l'aide humanitaire nécessaire aux personnes bloquées à la frontière.

  Depuis cet été, les gardes-frontières ont enregistré plus de 34 000 tentatives de franchissement illégal de la frontière polono-biélorusse, dont plus de 6 000 en novembre, près de 17 300 en octobre, près de 7 700 en septembre et plus de 3 500 en août.

  En Pologne, on note que la propagande biélorusse et russe continue à manipuler systématiquement et brutalement le message sur la situation à la frontière polonaise, accusant les Polonais d'actions agressives, de responsabilité de la crise et même de menace sur le flanc est de l'OTAN.

  Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a dénoncé ce dimanche 21 novembre la “plus grande tentative de déstabilisation de l'Europe” depuis la guerre froide et a promis de “ne pas céder au chantage”.

  Ce lundi 22 novembre, Alexandre Loukachenko a assuré vouloir éviter toute escalade dans le conflit. “Nous devons parler avec les Polonais, avec chaque Polonais, et leur montrer que nous ne sommes pas des barbares, que nous ne cherchons pas la confrontation. Nous n'en avons pas besoin. Parce que nous savons que si cela va trop loin, la guerre est inévitable”. Le président biélorusse a renouvelé sa demande de transfert des 2 000 migrants vers l'Allemagne et s'est plaint de n'avoir aucun contact avec l'UE sur cette question. Il a également assuré que la Biélorussie était en train d'organiser un deuxième vol de rapatriement de migrants pour la fin du mois.

  Cependant, Berlin a rejeté à nouveau la proposition de transfert de migrants : “L'idée d'avoir un couloir humanitaire vers l'Allemagne pour 2 000 migrants n'est pas une solution acceptable ni pour l'Allemagne ni pour l'UE”.

  “L'attaque hybride de la Biélorussie est un défi pour l'ensemble de l'Union”, a écrit ce mardi 23 novembre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Elle a assuré que la Communauté était solidaire de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie.

  Quant à la Biélorussie, elle souhaite convoquer une réunion extraordinaire du Comité exécutif de l'OMS pour présenter “les actions disproportionnées et cruelles de la Pologne, qui agit contre les normes et principes du droit international”.

  L'UE a annoncé sa décision de sanctionner les entreprises “complices” de l'acheminement de migrants à ses frontières, orchestré par le président biélorusse Alexandre Loukachenko. “L'Europe n'est pas confrontée à une crise migratoire, mais à une tentative de déstabilisation par un régime totalitaire non reconnu par l'UE”, a accusé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen à Strasbourg.

  Ce mercredi 24 novembre, Mateusz Morawiecki rencontrera à Paris le président français, Emmanuel Macron.

  Les attaques agressives de migrants continuent chaque nuit. Outre des jets de pierre ou de morceaux de bois sur les soldats polonais, de gros pétards à mèche sont utilisés. Les groupes qui réussissent à passer la frontière sont arrêtés et sommés de quitter le territoire polonais.

  Lors de leur entretien, Emmanuel Macron a réitéré sa volonté de maintenir la pression sur le président biélorusse tandis que Mateusz Morawiecki a déclaré qu’il partageait le même point de vue qu’Emmanuel Macron au sujet de la crise migratoire à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne.

  Le Premier ministre Mateusz Morawiecki se rend ce jeudi 25 novembre à Berlin, où il rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel et Olaf Scholz, futur chancelier de ce pays.

  Un groupe d'environ une centaine d’hommes se comporte de manière agressive dans le centre pour étrangers de Wędrzyn (voïvodie de Lubusz). Entre autres, ils ont commencé à secouer et à détruire la clôture. Les vitres du centre ont également été brisées…

  Deux nouveaux avions en provenance de Bagdad devraient atterrir à Minsk ce jeudi, puis transporter un total de 617 personnes de la Biélorussie vers l'Irak.

  Nous suivons le principe “rien sur nous sans nous”. Nous voulons être inclus, conseiller, faire partie de la solution au problème qui se pose - a déclaré Mateusz Morawiecki après sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel.

  Ce vendredi 26 novembre, Alexandre Loukachenko a visité un centre pour immigrants près de la frontière. Au point de distribution de nourriture, il a demandé s'il y avait assez de nourriture pour tout le monde.

  Cependant, la situation à la frontière UE-Biélorussie “reste instable” et des tentatives de franchissement illégal sont enregistrées “tous les jours et toutes les nuits”.

  Deux autres vols d'Iraqi Airways pour le retour de 840 migrants en Irak devraient avoir lieu aujourd’hui et demain.

  Le Premier ministre Mateusz Morawiecki est arrivé à Londres pour une réunion avec le chef du gouvernement britannique, Boris Johnson ; le sujet principal des discussions sera la situation à la frontière polono-biélorusse de l'Union européenne, ainsi que les questions liées aux prix de l'énergie.