Éphéméride polonaise
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8 mars08/03/2026

1878 - Naissance à Stanisławów de Jan Szczepkowski, sculpteur, peintre. En 1892, il commence ses études à l'École de l'industrie du bois à Zakopane. À partir de 1896, il étudie la sculpture à l'Académie des beaux-arts de Cracovie. En 1904, il obtient la bourse Czartoryski pour un séjour d’une année à Paris, qu’il va cependant prolonger, avec des interruptions, jusqu’en 1907. En France, il aura l'occasion de se familiariser avec les nouvelles tendances artistiques. En particulier, avec les œuvres d'Auguste Rodin et d’Antoine Bourdelle. Après son retour de France, il habite à Cracovie. Il participera à la vie de la bohème artistique locale. Il sera membre de la Société des arts appliqués polonais et de la Société des artistes polonais “Sztuka/Art”. Durant cette période, il va créer des sculptures correspondant à l’esprit “Młoda Polska” (mouvement moderniste “Jeune Pologne”). En 1914, il est appelé au service militaire actif. Avec le grade de lieutenant, il prend part aux combats sur le front jusqu’en mai 1915, quand il sera grièvement blessé. Après sa convalescence, il est déclaré inapte au service et dirigé vers le Département des sépultures de guerre. Il deviendra directeur artistique du district IV à Łużna (Petite-Pologne), où il va concevoir 25 cimetières, dont deux conjointement avec d'autres artistes. À partir de 1915, on notera dans ses créations une tendance à la géométrisation des formes et à l’encadrement de ses figures de contours anguleux. Le style individuel de Szczepkowski va se former dans les années vingt. Il est caractérisé par des formes décoratives, simplifiées, géométrisées, se référant à l'art populaire, en particulier à la sculpture sur bois montagnarde. En 1921, l’artiste s’installe à Varsovie où, en 1922, il commence à enseigner à l'École municipale nouvellement créée des Arts décoratifs dont, dans les années 1925-1939, il occupera la fonction de directeur. Il sera membre de l’association des artistes polonais “Rytm”. Son domaine de travail devient alors la sculpture architecturale. Après la Seconde Guerre mondiale, il va participer à la reconstruction de monuments varsoviens. Les dernières années de sa vie, il les passera à Milanówek, où il va décéder le 17 février 1964. Il sera inhumé au cimetière de Powązki à Varsovie. Le monument funéraire de l’artiste a été réalisé par le sculpteur Karol Tchorek. Szczepkowski a été décoré entre autres de la Croix d'Officier (1929) et de la Croix de Chevalier (1955) de l’ordre Polonia Restituta. En 1978, a été fondé le Musée Jan Szczepkowski à Milanówek, où l’on peut entre autres trouver l'une des œuvres majeures de l'artiste - un autel sculpté en bois de pin pour une église suisse (réalisé juste avant la guerre, il est resté en Pologne).
La renommée internationale de l’artiste lui sera apportée en 1925 lors de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris par son “Autel de la Nativité”, sculpté en bois de pin, immédiatement acheté par le gouvernement français. L'auteur lui-même sera honoré de la Légion d'Honneur. Cet autel se trouve aujourd’hui dans l'église Saint-Stanislas à Dourges (Pas-de-Calais) et sa réplique au Musée National à Varsovie. La façon particulière de sculpter ce bas-relief, constitué de centaines de petites surfaces (semblables à la structure du cristal), qualifiera pour de nombreuses années le style de travail de Jan Szczepkowski. Le 20 septembre 2009, Tomasz Merta, sous-secrétaire d'État au ministère de la Culture et du Patrimoine national, a dévoilé l’autel remis en état par des restaurateurs polonais. La cérémonie organisée par les autorités municipales locales, en collaboration avec le consulat de Pologne à Lille et l'Association de la Maison de la Polonia / Le Congrès de la Polonia de France, a eu lieu pendant les Journées Européennes du Patrimoine. On peut toujours admirer le célèbre autel dans l’église dourgeoise. ‹LS›


7 mars07/03/2026
1909 - Naissance à Dębica de Ryszard Siwiec, philosophe, soldat de l'Armée de l’Intérieur. Après la mort de son père, il s’installe avec sa mère à Lwów. Il va terminer ses études à la Faculté des Lettres de l’Université Jan Kazimierz avec une maîtrise en philosophie. Après ses études, il travaille dans l'administration fiscale à Lwów. En 1936, il part travailler dans l'administration fiscale à Przemyśl. Pendant l'occupation allemande, il quitte son emploi au bureau des impôts ne voulant pas - comme il le dit - percevoir des impôts pour l'occupant. Il va travailler comme ouvrier municipal au service des espaces verts. Après sa prestation de serment dans les rangs de l'Armée de l'Intérieur, pendant plusieurs mois il va se cacher dans la région de Zbydniów, dans le district de Tarnobrzeg. En 1942, il retourne à Przemyśl et va travailler chez le marchand en gros de fruits et légumes Olff Köpke & Co. Après la guerre, il rejette son poste d’enseignant, affirmant qu'il n’enseignera pas de sornettes. À partir de 1946, avec Jan Wojnarowicz, il dirige une entreprise de production de vin. Après la nationalisation de l'usine en 1952, il y travaillera encore, non plus comme copropriétaire, mais comme simple employé - en tant que conseiller juridique et chef comptable. Jamais il ne se réconciliera avec la situation politique survenue en Pologne après l'arrivée des Soviétiques. Il rejettera l'idéologie communiste et le système totalitaire.
Le 8 septembre 1968, pendant la fête principale de la fin des moissons au Stade du Dixième anniversaire à Varsovie, Ryszard Siwiec va s’immoler par le feu pour protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie - dont faisaient partie des troupes polonaises - commencée dans la nuit du 20 au 21 août 1968. En présence des dirigeants du parti, des diplomates et de 100 000 spectateurs, il s’arrosera avec un solvant et mettra le feu en criant “je proteste”. Avant son auto-immolation, il avait lancé dans le stade des tracts appelant à protester. Il ne survivra pas à son geste dramatique. Il décédera le 12 septembre à l’hôpital, des suites de brûlures couvrant plus de 85% de son corps. Il repose dans le cimetière de Przemyśl. Encore dans le train, il avait écrit une lettre d’adieu à sa femme. Malheureusement, cette dernière correspondance de Siwiec s’est retrouvée au bureau de poste dans les mains de la SB (service de sécurité) et sa femme recevra la lettre seulement 20 ans plus tard. ‹LS›

6 mars06/03/2026
1932 - Naissance à Varsovie de Bronisław Geremek, historien, médiéviste, opposant, ministre des Affaires étrangères de Pologne. Il est né Benjamin Lewertow dans une famille juive. En 1940, il se retrouve avec ses parents et son frère dans le ghetto de Varsovie, d’où il s’enfuit en 1942. Diplômé d’histoire de l'Université de Varsovie (1954), de 1956 à 1958 : études de doctorat à l'École pratique des hautes études de Paris ; en 1960 : doctorat à l’Académie polonaise des sciences ; 1972 : thèse d'habilitation. De 1950 à 1968 : membre du Parti ouvrier unifié polonais. De 1955 à 1985 : chargé de recherche (licencié pour des raisons politiques). À partir de 1989 : professeur à l'Institut d'Histoire de l’Académie polonaise des sciences. 1962-1965 : directeur du Centre culturel polonais à Paris. 1978-1980 : chargé de cours à la Société des cours universitaires. Durant les événements d’août 1980, il est conseiller du Comité de grève interentreprises au chantier naval de Gdańsk, puis fait partie de la Commission nationale de coordination du syndicat indépendant et autonome “Solidarność”. Interné en 1981-1982, détenu en 1983. 1989 : participant aux négociations de la Table ronde avec les autorités communistes. À partir de 1989, membre de la Diète, président de la commission des affaires étrangères et de la commission constitutionnelle de la Diète et président en 1989-1990 du Club parlementaire citoyen. À partir de 1990, membre de l'Union démocratique, à partir de 1994 membre de l'Union pour la liberté (UW) dont il devient le président. À partir de 1996, président du Forum d’Europe centrale. En 1997-2000, ministre des Affaires étrangères et président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). De décembre 2000 à septembre 2001, président du Conseil suprême de l'Union pour la liberté. De 2005 jusqu'à sa mort, il appartient au Parti démocrate. Lors des élections au Parlement européen du 13 juin 2004, il est élu eurodéputé du comité de l'Union pour la liberté, remportant le plus grand nombre de voix. Au Parlement européen, il fait partie du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe. Il a été membre du Pen Club polonais. Il a reçu de nombreuses médailles et distinctions, dont celle d’officier de la Légion d'honneur de la République française. Il possédait des doctorats honoris causa de plusieurs universités (y compris à l'étranger). Auteur de nombreux ouvrages, dont : Les marginaux parisiens aux XIVe et XVe siècles (1976), Les fils de Caïn. L'image des pauvres et des vagabonds dans la littérature européenne (1991), La potence et la pitié. L'Europe des pauvres, du Moyen Âge à nos jours (1987). Il est décédé tragiquement le 13 juillet 2008, dans un accident de voiture près de Nowy Tomyśl. Il a été inhumé dans l'Allée des méritants au cimetière militaire de Powązki à Varsovie. En 2009, la cour ovale dans le bâtiment du Parlement européen à Strasbourg a été nommée Agora Bronisław Geremek. Adulte, Geremek ne se considérait pas comme Juif. Il se souvenait de ses racines quand il était confronté à l'antisémitisme. Alors, il avait le sentiment qu’il ne pouvait pas rester passif. ‹LS›


Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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