Éphéméride polonaise
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8 mai08/05/2026

1254 - À Cracovie, lors de la célébration de la canonisation de l’évêque Stanisław de Szczepanów (mort en martyr en 1079), pour la première fois a été interprété l'hymne Gaude Mater Polonia (Réjouis-toi, Mère Pologne). L'auteur de l'hymne est le dominicain Wincenty de Kielcza (village de Silésie d’Opole) qui dans l'histoire de la Pologne est reconnu comme compositeur, hagiographe et poète. Il est né vers 1200 et mort un 2 janvier dans les années 1270. Wincenty de Kielcza est le premier compositeur polonais dont on connaît le nom.
Gaude Mater Polonia est un hymne polonais médiéval écrit en 1253 en latin sur la mélodie du chant grégorien O salutaris Hostia (Ô, salutaire Hostie). La plus ancienne notation connue de l'hymne a été conservée dans l'antiphonaire de Kielce de 1372. Ce chant sera repris par les chevaliers polonais après chaque bataille victorieuse. Plus tard, il va accompagner les cérémonies nationales. La composition des douze strophes est simple et limpide. Après l'invocation (strophe 1), suivent la description des mérites de l'évêque Stanisław de son vivant, puis des miracles qui se sont produits après sa mort. L'auteur appelle la Pologne et Cracovie à la joie et à la gratitude envers Dieu.
Ce chant majestueux a accompagné les Polonais dans leurs moments de joie et de gloire, et donnait de l’espoir et de la force dans les moments de détresse et de tragédie vécus tout au long de l’histoire de la Pologne.
Gaude Mater PoloniaGaude, Mater Polonia,
Prole fecunda nobili.
Summi Regis magnalia
Laude frequenta vigili.Réjouis-toi, ô mère Pologne,
Féconde en noble descendance.
Les merveilles du Roi des rois
Glorifie par d’incessantes louanges.“Gaude Mater Polonia”, hymne national polonais au Moyen Âge et durant les partages de la Pologne entre l'Autriche, la Prusse et la Russie, aujourd’hui encore, retentit lors de l’inauguration de l’année scolaire des universités, au moment des fêtes relatant l’histoire de la Pologne et pendant les cérémonies religieuses. ‹LS›
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7 mai07/05/2026
1943 - Parution du communiqué officiel du commencement de la formation en URSS de la 1e Division d’infanterie Tadeusz Kościuszko, créée à l'initiative de l'Union des patriotes polonais, avec le consentement de Joseph Staline. Le lieu de formation des unités est Sielce sur Oka près de Riazan. Le corps des officiers est composé en grande majorité d’officiers soviétiques. Les soldats-volontaires se recrutent dans les citoyens polonais déportés en URSS ou parmi les Polonais qui y vivaient déjà avant la guerre. Le colonel Zygmunt Berling est nommé commandant de la division. En juin 1943, le général Władysław Sikorski, commandant en chef et Premier ministre de la République de Pologne, reconnaît l'armée Berling comme une division polonaise communiste de nature subversive et son créateur comme un traître qui a déserté l'armée polonaise. Le 15 juillet 1943, anniversaire de la bataille de Grunwald, les soldats de la division prêtent serment. Le texte de ce serment engage, entre autres, à une fidélité alliée avec l'Union soviétique et au respect de la fraternité d'armes avec l’Armée rouge alliée. En octobre 1943, la division est incorporée dans la 33e armée soviétique. Les 12 et 13 octobre, elle va participer à sa première bataille contre les Allemands en menant l'assaut contre les positions fortifiées de l’ennemi près de la petite ville de Lenino. En l'absence de coopération de la part des troupes soviétiques, la division va payer ce petit succès tactique au prix de pertes disproportionnées et sera retirée de la ligne de front. Jusqu’au 15 mars 1944, elle sera stationnée dans la région de Smolensk. Durant ce temps-là, le général Wojciech Bewziuk prendra son commandement. Le 23 juillet 1944, la division avec le Corps des forces armées polonaises fait partie de la Première armée polonaise (1 AWP), au sein de laquelle elle va livrer bataille sur le sol polonais ainsi qu’en Allemagne (entre autres, du 30 avril au 2 mai 1945 à Berlin). Les soldats de la division vont accrocher le drapeau polonais sur la Colonne de la Victoire dans la capitale allemande. Après avoir terminé son service d'occupation en Allemagne, en juin 1945 la division rentre au pays. Son état-major s’installe à Siedlce. Pour sa participation à la guerre, la division sera décorée de la Croix d'or de l'ordre Virtuti Militari, de l'ordre de la Croix de Grunwald de 3e classe et par des décorations soviétiques : l'ordre du Drapeau rouge et l'ordre de Koutouzov de 2e classe. En 1955, la division sera réorganisée en Division mécanisée de Varsovie. ‹LS›
6 mai06/05/2026
1943 - À Varsovie, arrestation par la Gestapo de Florian Marciniak, juriste, militant de l’Association du scoutisme polonais (ZHP). Il est né le 4 mai 1915 dans le village de Gorzyce (Grande-Pologne). Il passe son baccalauréat en 1934 à Poznań. Dans les années 1934-1938, il étudie le droit à l'Université de Poznań, puis va travailler à la Banque de l’union des coopératives de crédit à Poznań. Dès son jeune âge, il appartient au scoutisme. En 1938, il devient le plus jeune chef scout du ZHP. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est coorganisateur du service de secours scout à Poznań. Le 8 septembre 1939, il rejoint Varsovie, où il sera nommé au poste de chef des scouts. Il sera le fondateur et l’organisateur - jusqu'à son arrestation - des “Szare Szeregi” (les Rangs Gris). Il aura un impact significatif sur le programme éducatif et sur les plans d’action de cette organisation secrète qui va contribuer à la résistance de l’État polonais clandestin. Dès le début de l'occupation, il estime que la guerre va durer longtemps et qu’il va falloir se préparer pour une activité à long terme, planifier, éliminer la précipitation et ne pas laisser place à l'improvisation. Après son arrestation, il sera interrogé au siège de la Gestapo de la rue Szucha à Varsovie. Il ne livrera pas ses collaborateurs. Durant son transport vers Poznań, il tentera en vain de s’échapper. Horriblement battu, il sera emprisonné dans un lieu notoire de tortures à Poznań, le “Fort VII”. Le 18 février 1944, il va être transporté au camp de Żabikowo près de Poznań, puis au camp de concentration de Gross-Rosen où le 20 ou 21 février il sera assassiné. Son corps ne sera jamais retrouvé. En 2006, lui sera décernée à titre posthume la Grand-Croix de l'ordre Polonia Restituta. En 2010, une urne contenant de la terre de l'endroit de sa mort a été placée dans la crypte des personnalités méritantes de Grande-Pologne de l'église saint Wojciech à Poznań. ‹LS›

