Éphéméride polonaise

  • 14 mai
    14/05/2026

    1955 - À Varsovie, les dirigeants de l'Albanie (qui en sortira en 1968), de l'Allemagne de l'Est, de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Pologne, de la Roumanie, de la Tchécoslovaquie et de l'URSS signent une alliance politique et militaire connue sous le nom de Pacte de Varsovie. Les pays qui la composaient étaient entièrement subordonnés à l’Union soviétique, tant sur le plan politique que militaire.

    Le Pacte de Varsovie, plus précisément le Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle, va entrer en vigueur le 6 juin 1955.

    La signature du Pacte de Varsovie était une réaction à la création de l’OTAN et à la remilitarisation de la République fédérale d’Allemagne (admise dans l’OTAN en 1955). L'objectif interne de l'alliance était d'unifier les structures militaires et de les subordonner à l'URSS, ainsi que de légitimer la présence des troupes soviétiques sur le territoire de la RDA, de la Pologne, de la Roumanie et de la Hongrie. L'accord devait être valable 20 ans avec une prolongation automatique de 10 ans, sauf si l'une des parties le résilie. En 1975, il sera prolongé de 10 ans, puis de 20 ans supplémentaires en 1985.

    Les principaux organes – le Comité consultatif politique et le commandement unifié des forces armées (basé à Moscou) – étaient subordonnés à l’URSS tout au long de l’existence de l’alliance et dirigés par des commandants soviétiques. Dans le cadre du traité, il y a eu l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, à laquelle seule la Roumanie n'a pas participé.

    À la suite de l'effondrement du bloc socialiste en Europe (1989), l'accord a été officiellement dissous lors d'une réunion à Prague le 1er juillet 1991. ‹LS›

  • 13 mai
    13/05/2026

    1901 - Naissance à Olonets dans le nord de la Russie (Carélie) de Witold Pilecki, capitaine de cavalerie, militant clandestin. Les Pilecki vécurent à Vilnius dès 1910. À partir de1914, Witold appartint au scoutisme proscrit par les autorités russes. Il passe son baccalauréat en 1921. En 1918-1921, il sert dans l'armée polonaise et combat dans la guerre contre les bolcheviques. Par deux fois, il sera décoré de la Croix de la valeur militaire. Après la guerre, il est démobilisé. En 1938, il reçoit pour son travail social et son engagement social la Croix d'argent du Mérite. Lors de la campagne de septembre 1939, il se bat en tant que chef de peloton dans l’escadron de cavalerie de la 19e division d'infanterie. Il dissout son peloton le 17 octobre 1939 et entre dans la clandestinité. Il rejoint Varsovie où il devient l'un des organisateurs de l’organisation clandestine de la TAP, l’armée secrète polonaise, proclamée le 9 novembre 1939. Il sera un partisan de l'incorporation de la TAP dans le ZWZ, l’Union de la lutte armée. Vers la fin d’août 1940, la direction de la TAP va convoquer un conseil pour délibérer sur la situation de l’époque, au cours duquel sera également abordée la question des camps de concentration alors massivement créés par les Allemands dans la Pologne occupée. Lors de cette réunion, est présentée la proposition de faire pénétrer quelqu'un de l’étroite direction dans le camp de concentration allemand d'Auschwitz afin de prendre contact avec les membres de l’organisation emprisonnés pour recueillir des renseignements sur le fonctionnement du camp et organiser le mouvement de résistance à l'intérieur. Pilecki se porte volontaire pour effectuer cette mission. La TAP lui fournit de faux documents. Pilecki se fait volontairement arrêté le 19 septembre 1940 pour être déporté à Auschwitz. Comme prisonnier n°4859, il sera le principal organisateur de la clandestinité dans le camp. La survie dans le camp, non seulement ne le cassera pas psychiquement, mais c’est comme si elle le motivera de plus en plus à se battre et à l’action. Il élaborera les premiers rapports sur le génocide à Auschwitz qui seront transmis par le commando de blanchisserie au quartier général à Varsovie, puis par la cellule “Anna” en Suède et ensuite à l'Ouest. Les rapports sur la situation dans le camp seront également transmis à l’état-major de l’AK (Armée de l’Intérieur) avec l’aide d’évadés du camp. Pour ses activités clandestines, Pilecki, encore prisonnier, sera en novembre 1941 promu par le général Stefan Grot-Rowecki au grade de lieutenant. Dans la nuit du 26 au 27 avril 1943, Pilecki avec deux autres prisonniers réussit à s’évader du camp. Son plan d'attaque du camp n'obtiendra pas l'approbation du commandement, car il sera jugé irréaliste pour les forces clandestines locales. Le 11 novembre 1943, il est promu au rang de capitaine de cavalerie. En 1944, on commence à réaliser de plus en plus que les zones du pays vont être occupées par l'Armée rouge qui ne les quittera pas volontairement. Il devient donc nécessaire de créer une nouvelle organisation clandestine à caractère politico-militaire. Elle sera créée sous le nom de code “NIE” (Indépendance). Même si Pilecki, du fait de son travail dans l'organisation “NIE”, n’aurait pas dû incorporer les combats insurrectionnels, il va prendre part dès les premiers jours à l'insurrection de Varsovie.

    Après l’échec de l’insurrection, en 1944-1945 il est prisonnier au Stalag 344 Lamsdorf et à l’Oflag VII A Murnau. À sa libération, le 8 mai 1945, il part au Deuxième corps polonais du général Anders en Italie. Il retournera à Varsovie le 8 décembre 1945. Dans le pays règne le chaos. Il va essayer de faire jouer ses propres contacts. En vain. Il s’avère qu'il est nécessaire de reconstruire à zéro une structure nouvelle basée sur de nouvelles personnes. Ce groupe va recueillir des informations sur la situation politique d'après-guerre en Pologne, va contacter les sections de partisans des bois. Pilecki sera un défenseur de l'action radicale et, malgré les instructions reçues, ne pense pas qu'il faille arrêter la lutte armée. Il va également consacrer son temps à la collecte de documents et à la rédaction de ses mémoires sur Auschwitz. En juin 1946, il apprend qu'il a reçu un ordre de départ à l’Ouest du général Anders, car il est démasqué et recherché. Il ne quittera pas le pays parce qu'il n’avait pas de remplaçant à qui il aurait pu déléguer ses fonctions. Le 8 mai 1947, il est arrêté par les autorités communistes. Durant sa détention, il est torturé par des fonctionnaires du Bureau de la Sécurité. Le 3 mars 1948, devant le tribunal militaire de district de Varsovie, débute le procès de l’ainsi nommé “Groupe Witold”. Le 15 mars, le capitaine est condamné à la peine de mort. La sentence sera exécutée le 25 mai à 21h30 à la prison Rakowiecka dans le quartier varsovien de Mokotów par une balle tirée dans la nuque. L’annulation de la condamnation de Witold Pilecki et des autres accusés avec lui en 1948 sera prononcée seulement le 1er octobre 1990. En juillet 2006, le président polonais Lech Kaczyński, en reconnaissance des mérites de Witold Pilecki et de son dévouement pour la patrie, lui décernera à titre posthume l'ordre de l'Aigle Blanc. ‹LS›

  • 12 mai
    12/05/2026

    1970 - Décès à Londres du général Władysław Anders. Il est né le 11 août 1892 à Błonie, alors en territoire annexé par l’Empire russe. Il venait d'une famille d'origine allemande polonisée provenant de Livonie, fermement enracinée dans la tradition et la foi protestante. 1914-1917 : lieutenant de cavalerie dans l'armée tsariste, il est blessé à trois reprises. En 1917, il réalise un parcours abrégé à l'Académie d’état-major général à Saint-Pétersbourg. La révolution de Février et le renversement du régime tsariste en 1917 le trouvent en Roumanie, où il va servir en tant que chef d'état-major de la 7e division de chasseurs. Il participe ensuite à la formation des troupes du 1er Corps polonais en Russie commandé par le général Józef Dowbor-Muśnicki. Après la capitulation du Corps devant les Allemands, il retourne en Pologne et entre dans l'armée polonaise. Il prend part à l’Insurrection de Grande-Pologne en 1918-1919 et à la guerre polono-russe de 1919 à 1921. Il sera blessé lors de la bataille de la Bérézina. En 1923, il est diplômé de l'École supérieure de guerre à Paris. Pendant le coup d'État de mai 1926, il est chef d’état-major des troupes gouvernementales. 1928-1937 : il commande la Brigade de cavalerie des Confins, puis (12 septembre 1939) celle de Nowogród avec laquelle il va entrer au sein de l'armée “Modlin” (guerre défensive polonaise de 1939). À partir de septembre 1939, en captivité soviétique, emprisonné par le NKVD à Lwóv et à Moscou. Pendant son séjour de 22 mois en prison, il est maintes fois interrogé et incité sans succès (déjà à l'hôpital de Lwów) à rejoindre l'Armée rouge. Libéré après la signature de l’accord polono-soviétique du 30 juillet 1941, il devient en 1941-1942 commandant de l'armée polonaise en URSS, puis en 1942-1943, de l'armée polonaise à l'Est, et de 1943 à 1946 du Deuxième corps polonais (Forces armées polonaises à l’Ouest), avec lequel il va, entre autres, se battre au Monte Cassino. Adversaire résolu du déclenchement de l'insurrection de Varsovie d’août 1944. De février à mai 1945, suite au maintien en captivité du général Tadeusz Bór-Komorowski, il prend les fonctions de commandant en chef et, après avoir assuré l’intérim, il reprend le commandement du 2e Corps polonais. Il critiquera vivement les conclusions de la conférence de Yalta. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il restera en exil, participant activement aux activités politiques de l’émigration polonaise. Le 27 septembre 1946, il est privé de la citoyenneté polonaise et de son grade de général par le gouvernement provisoire d'unité nationale (ils lui seront rendus à titre posthume après l'effondrement du régime communiste). 1946-1954 : il exerce la fonction titulaire de commandant en chef et d’inspecteur principal des forces armées. Il patronne la création du Trésor national. Le 8 août 1954, il entre au Conseil des Trois. Coorganisateur du Congrès de la Pologne combattante (1966), relié avec la célébration du millénaire du baptême de la Pologne. Auteur de : Sans le dernier chapitre. Souvenirs des années 1939-1946 (Londres, 1949).

    Władysław Anders est mort exactement le jour du 26e anniversaire de la bataille du Monte Cassino. Il sera inhumé, selon sa volonté, au milieu de ses soldats au cimetière militaire polonais à Monte Cassino, en Italie. Parmi ses ordres et décorations : insigne pour plaies et blessures - huit fois blessé ; ordre de l'Aigle Blanc (à titre posthume) ; Croix de Commandeur de l'ordre militaire Virtuti Militari ; Croix de Commandeur de l'ordre Polonia Restituta ; Croix de l'Indépendance ; Croix de la Valeur militaire - quatre fois ; Croix d'or du Mérite avec glaives - quatre fois ; Croix de chevalier de la Légion d'honneur (France). ‹LS›