Éphéméride polonaise
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23 mars23/03/2026

1976 - Décès à Londres de Stanisław Kopański, ingénieur, général de l'armée polonaise. Il est né le 19 mai 1895 à Saint-Pétersbourg. En 1916, il est appelé dans l'armée russe, d’où il sortira diplômé de l'École d'officiers d'artillerie et sera envoyé au front. Durant la tourmente révolutionnaire, il rejoint le 1er Corps polonais du général Józef Dowbor-Muśnicki. En novembre 1918, en tant que volontaire dans l’armée polonaise en formation, il va participer aux combats pour Lwów, en 1919 il prendra part à l'expédition du général Edward Rydz-Śmigły sur Vilnius, au cours de laquelle il perdra un œil. Il va se battre contre les bolcheviks au sein de la 1e Division de cavalerie du général Juliusz Rómmel. À partir de 1918, il occupe divers postes de commandement dans l'armée polonaise. En 1925, il fait un stage à l'École française de l'artillerie, puis étudie à l’École supérieure de guerre à Paris. À partir de mars 1939, il devient chef de la section III de l'état-major général. Il participe à la campagne de septembre en tant que colonel. Il va réussir à rejoindre la France où, dans l'armée polonaise nouvellement créée, le général Sikorski lui confie le poste de chef des forces blindées. À partir d’avril 1940, organisateur et chef de la Brigade indépendante de chasseurs des Carpates en Syrie et en Palestine. En septembre 1940, il est nommé général de cette Brigade qui, en janvier 1941, va faire partie des troupes britanniques combattant les armées italiennes et allemandes au Moyen-Orient. Entre août et décembre 1941, le général Kopański commande la Brigade lors de la défense de Tobrouk, puis dans les combats autour d'el-Gazala. De juin 1942 à août 1943, il devient commandant de la 3e Division de chasseurs des Carpates. Après la mort tragique du général Władysław Sikorski dans un accident d'avion à Gibraltar, il va être nommé chef d'état-major du commandant suprême des Forces armées polonaises. En 1944, il reçoit le grade de général de division. En 1946, il est privé (ainsi que de nombreux autres militaires de premier plan restés en exil) de sa citoyenneté polonaise par les autorités communistes de Pologne. Il s’installe à Londres. Après la guerre, il accomplira les fonctions d’inspecteur général du Corps polonais de réadaptation (1947-1949). Dans les années 1970-1972, il sera membre du Conseil des Trois. Auteur de Mémoires de guerre 1939-1946 (1961). Il a été inhumé dans le cimetière de Northwood. Parmi ses décorations : ordre Virtuti Militari, ordre Polonia Restituta, Croix de la Valeur (deux fois), Croix d'or du Mérite avec épées, Croix de Guerre (France) et Croix de chevalier de la Légion d'honneur (France). ‹LS›
22 mars22/03/2026
1925 - Décès à Bogliasco près de Gênes en Italie, où il était en traitement, de Julian Marchlewski, militant du mouvement ouvrier polonais et international, économiste et journaliste. Il est né le 17 mai 1866 à Włocławek, alors dans l'Empire russe, au sein d’une famille polono-allemande. Dans les années 1884-85, le jeune Julian appartient à un cercle clandestin de collégiens marxistes associé au parti «Prolétariat». En 1887, il s'installe à Varsovie, où il participe à des activités illégales de gauche, pour lesquelles il sera temporairement arrêté. En 1889, il est l'un des fondateurs de l'Alliance des travailleurs polonais. Persécuté par les autorités tsaristes, il sera emprisonné en 1891-92. Il émigre en Suisse en 1893, d'où il va partir pour s’installer en Allemagne en 1895. Durant cette période, il va commencer son activité journalistique dans “Sprawa Robotnicza”. En 1893, il sera l'un des cofondateurs (avec, entre autres, Róża Luksemburg) du SDKP (Social-démocratie du royaume de Pologne), un parti politique marxiste polonais.
En plus de ses activités révolutionnaires, il est également économiste. À partir de 1902, il est membre de la Direction principale du SDKPiL (Social-démocratie du royaume de Pologne et de Lituanie). Il représentera le parti à de nombreux congrès de la Deuxième Internationale. La même année, il fonde une société à Berlin pour la publication de traductions de la littérature slave et scandinave en langue allemande. Pendant deux ans, il publiera 48 volumes. Durant la révolution russe de 1905-07, il est en Pologne. Emprisonné en 1906-07 par les autorités tsaristes, après avoir été libéré de prison, il retourne en Allemagne.
Pendant la Première Guerre mondiale, il sera actif dans les structures de la gauche allemande. Avec d'autres militants de gauche, il fonde la Ligue spartakiste (Spartakusbund) en 1914, un mouvement d’extrême gauche marxiste révolutionnaire dans l'Empire allemand qui deviendra le Parti communiste d'Allemagne fin 1918. Marchlewski sera arrêté et emprisonné. En 1918, dans le cadre d'un échange de prisonniers de guerre, il part pour la Russie soviétique, où il rejoint le Comité exécutif central panrusse des soviets d’ouvriers et de soldats.
En 1919, il milite pendant plusieurs mois dans la région de la Ruhr, où il fera partie du Comité central du parti communiste d’Allemagne. Après son retour en Russie soviétique, il sera cofondateur du Komintern (Internationale communiste). Pendant la guerre polono-russe, en 1920 il est nommé par Lénine à la tête du «gouvernement» révolutionnaire (Comité révolutionnaire provisoire polonais), qui devait prendre le pouvoir en Pologne après l'occupation de Varsovie. Il est un farouche opposant à une Pologne indépendante, privilégiant les intérêts des travailleurs aux sentiments nationaux. Il pense que la victoire de la révolution conduira à l'abolition de tous les pays et de toutes les frontières étatiques. Après la guerre, il va rester en territoire bolchevique et continuera à militer dans le Parti communiste, agissant, entre autres, dans le domaine économique.
En 1950, l'urne avec ses cendres a été placée dans une tombe du cimetière militaire de Powązki à Varsovie. Pendant la République populaire de Pologne, Marchlewski a été pris comme exemple d'un révolutionnaire polonais qui s'est battu pour les droits des travailleurs. De nombreuses rues porteront son nom. Après sa mort, il sera appelé “le plus ancien communiste polonais”.
La Marchlewskistraße est toujours présente à Berlin encore aujourd'hui. Le nom de la rue (longue de 1100 m) est resté inchangé à ce jour. Elle est située dans le quartier de Friedrichshain, situé dans l’ancien Berlin-Est, et se raccorde à la Warschauer Straße (rue de Varsovie)… ‹LS›


21 mars21/03/2026
2010 - Décès à Maisons-Laffitte (Yvelines) de Henryk Giedroyc, militant de l’émigration. Il est né à Varsovie le 12 janvier 1922. Il a fait ses études secondaires à Varsovie. En septembre 1939, en compagnie de son frère Jerzy, il part pour la Roumanie. En 1940, il obtient son baccalauréat polonais à Bucarest et quelques mois plus tard, toujours avec son frère, il arrive, via Istanbul, en Palestine. À partir d'avril 1940, en tant que soldat de la Brigade indépendante de chasseurs des Carpates, il sert dans la 2e compagnie de transport avec laquelle il va suivre tout le parcours de guerre (il prend part aux batailles près de Tobrouk) jusqu'au nord de l'Italie. Il débutera des études à l'Université polytechnique de Turin. Il devra bientôt abandonner - l'armée étant évacuée vers l'Angleterre. À Londres, il travaille dans une fabrique de glaces. Puis, il va s'installer en France. En 1952, il se fixe à Paris. Il commence à travailler à l'Institut littéraire dirigé par son frère Jerzy à Maisons-Laffitte, près de Paris, s'occupant de questions administratives. En 1966, il épouse Leda Pasquali, d'origine italienne. Ils vivront tous deux dans leur appartement parisien. En 2003, il devient directeur de l'Institut littéraire et président de l'Association Institut Littéraire “Kultura”.
Après la guerre, comme son frère aîné, jamais il ne sera retourné en Pologne. Il a été inhumé au cimetière du Mesnil-le-Roi (Yvelines), auprès de son épouse et de son frère. Dans ce même cimetière, reposent également d'autres cofondateurs de “Kultura” : Zofia et Zygmunt Hertz, ainsi que Maria et Józef Czapski. ‹LS›
Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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