Éphéméride polonaise

  • 18 janvier
    18/01/2026

    1849 - Naissance à Stoczek Łukowski en Podlachie d’Aleksander Świętochowski, écrivain, journaliste, philosophe, historien, idéologue du positivisme polonais. Un an plus tard, sa famille déménage à Kazimierz Dolny où il va passer son enfance. Après l'école élémentaire, il part étudier à Siedlce et Lublin. En 1866, il obtient son baccalauréat avec médaille. Il va ensuite étudier à la Faculté de philologie et d'histoire de l'École centrale (école supérieure en langue polonaise), puis à l'Université russe de Varsovie (1866-1870) et, de 1874 à 1876, la philosophie à Leipzig. Il fait ses débuts en 1866 avec un essai dans le “Tygodnik Ilustrowany/L’hebdomadaire illustré” sous le pseudonyme d’Henryk Dołęga. À partir de 1871, ses textes, essentiellement consacrés aux questions sociales et aux travaux positivistes, il va les publier dans le “Przegląd Tygodniowy/La revue de la semaine”. En 1878, il devient rédacteur en chef du journal “Nowiny/Nouvelles” et trois ans plus tard, il crée l'hebdomadaire “Prawda/La vérité” qu’il va rédiger jusqu’en 1902, publiant, entre autres, les renommés feuilletons “Liberum veto”. Plus tard, il va également éditer les mensuels “Kultura polska/La culture polonaise” et “Humanista polski/L’humaniste polonais”, écrivant aussi pour “Myśl Narodowa/La pensée nationale” dans laquelle comme “Poseł Prawdy/Messager de la vérité” il publie des essais et s’occupe de critiques littéraires. Encore avant la guerre, il s’installe à Gołotczyzna près de Ciechanów, se concentrant principalement sur une activité d’organisation dans le domaine de l'éducation populaire : il organise des écoles, il s’occupe d’enfants paysans doués, du mouvement coopératif. Il sera l'un des principaux idéologues et leaders du positivisme varsovien. Il sera un ardent défenseur du progrès, de l'éducation, de la culture, il luttera pour l'égalité des droits pour les femmes, les Juifs, combattant le conservatisme, l'obscurantisme et le cléricalisme. Déjà durant la Deuxième République de Pologne, il écrit dans la presse de la National-démocratie, critiquant la politique de la Sanacja (Assainissement). Il était polyvalent - il a écrit des drames, des romans, des nouvelles, des impressions et des paraboles philosophiques, des articles journalistiques, des essais scientifiques et de vulgarisation, des dissertations et des ouvrages historiques. Jusqu’à la fin de sa vie, il va rester à Gołotczyzna. Au début d’avril 1938, il va être victime d’une angine de poitrine sévère. Malgré une amélioration certaine de sa santé, il va subir une seconde attaque et une troisième, qui va endommager son cœur, s’avérera fatale. Il décède le matin du 25 avril 1938. Selon sa volonté, il repose dans le cimetière de Sońsk près de Ciechanów. ‹LS›

  • 17 janvier
    17/01/2026

    2004 - Décès à Varsovie de Czesław Niemen (en fait Czesław Wydrzycki), chanteur, compositeur, instrumentiste, plasticien. Il est né en 1939 à Stare Wasiliszki près de Nowogródek (se trouvant alors sur le territoire polonais). Enfant, il chante dans la chorale de l'église et fréquente aussi une école de musique. Après son rapatriement en Pologne en 1958, il fait ses débuts dans les discothèques et cabarets estudiantins de la côte en interprétant des succès populaires avec l'accompagnement d'une guitare acoustique. Soliste du groupe Niebiesko-Czarni/Les Bleus et Noirs (1962-1966), avec lequel il effectue de nombreuses tournées, non seulement en Pologne, mais aussi en Hongrie, en Yougoslavie et en France où en décembre 1963 il se produit entre autres dans la célèbre salle de concert parisienne Olympia. En janvier 1964, il fait l’ouverture des concerts varsoviens de Marlene Dietrich, qui bientôt enregistrera sa propre version de la chanson de Niemen Czy mnie jeszcze pamiętasz ? (Te souviens-tu encore de moi ?)/Mutter, hast du mir vergeben ? (Mère, m'as-tu pardonné ?).

    À partir d’août 1966, Niemen collabore avec la formation Akwarele/Aquarelles. En avril 1967, il enregistre les morceaux pour l'album Dziwny jest ten świat/Étrange est ce monde. Couronné au festival d’Opole, la chanson-titre deviendra l'un des plus grands tubes polonais des années 60. Le groupe va donner des concerts en Pologne, en Allemagne et en France. Niemen reforme un nouveau groupe à l'automne 1969. L'album Niemen Enigmatic contient quatre compositions complexes se référant à part égale autant au rock progressif et psychédélique qu’au jazz et à la musique d'avant-garde. Combinant magistralement une lyrique complexe avec des arrangements musicaux innovants, Niemen Enigmatic reste à ce jour l'un des disques les plus progressistes et d’inspiration du rock polonais. En automne 1971, est fondée la formation Niemen. Le groupe enregistre deux albums, en partie improvisés, à la frontière entre le rock expérimental et le jazz fusion. Le groupe Niemen enregistre également deux albums destinés au marché occidental et qui seront promus par une série de concerts européens. Ils ne réussiront cependant pas à se faire connaître plus largement malgré les réactions généralement positives des médias. En 1974, une nouvelle formation appelée Niemen Aerolit fait son apparition dans les studios. Moins d'un an plus tard, sort un album dans lequel, en plus d’un orgue Hammond, Niemen va se servir aussi d’un mellotron et d’un synthétiseur Moog. Les années 1976-1980, il va les passer principalement dans de nombreuses tournées, d’URSS aux USA et du festival de jazz de Bombay au Festival de la Jeunesse de La Havane. Durant les années 80, Niemen se produit sporadiquement au sein de groupes différemment constitués, et parfois en solo. En 1989, sort un album solo - préparé durant des années - renfermant de la musique électronique expérimentale illustrant des textes d’auteur. En 1999, dans un référendum de l’hebdomadaire “Polityka”, Niemen est reconnu comme artiste polonais de tous les temps. Pendant les dernières années de sa vie, il va lutter contre un cancer. L'urne contenant ses cendres a été déposée au cimetière de Powązki à Varsovie lors d’une cérémonie qui a réuni plusieurs milliers de fans et de nombreux amis musiciens. ‹LS›

    Deux chansons (paroles et musique de Niemen) parues en 1967 : “Dziwny jest ten świat” (Étrange est ce monde) et “Pamiętam ten dzień” (Je me souviens de ce jour).

  • 16 janvier
    16/01/2026

    1826 - Naissance à Szostakowo (aujourd'hui en Biélorussie) de Romuald Traugutt. Après avoir terminé ses études secondaires avec de très bons résultats, il choisit la carrière militaire. En 1845, il rejoint l'armée russe, où il va servir jusqu'en 1862. Il combat au sein de l'armée tsariste pendant la campagne de Hongrie en 1849, soutenant l'Autriche dans la répression du soulèvement hongrois. Il combat ainsi des insurgés soutenus, entre autres, par les Légions polonaises. Il va également servir en Crimée en 1853 pendant la guerre russo-turque. Il sera promu au grade de lieutenant-colonel de sapeurs. Il va enseigner à l’École militaire supérieure de Saint-Pétersbourg. En 1862, il quitte l'armée sur sa propre demande.

    Au départ, il est contre le déclenchement de l’Insurrection polonaise de Janvier 1863, se prononçant contre la lutte armée contre les Russes prônée par “Les Rouges” (Czerwoni). Il est plus proche de la faction des “Blancs” (Biali) qui préconise le recours à la diplomatie et l'organisation de manifestations patriotiques pacifiques. Néanmoins, il va rejoindre le combat. En mai 1863, il dirige sa propre section. Malgré plusieurs victoires, dont le 17 mai 1863 près de Horki, l'unité se sépare en juillet. Traugutt se rend alors à Varsovie, où il se met à la disposition du Département de la guerre du Gouvernement national. Le 15 août, il est promu au grade de général et nommé commissaire plénipotentiaire du Gouvernement national pour la Galicie. Il est envoyé à Paris pour évaluer les chances d'obtenir l'aide française pour les Polonais. Sur place, il se rend compte qu’il pourrait compter sur un soutien au plus tôt au printemps 1864. Le 17 octobre, il prend donc le pouvoir et devient de facto “dictateur” de l’insurrection. Il va se cacher sous le pseudonyme de Michał Czarnecki.

    En tant que chef de l’insurrection, Traugutt prendra des mesures décisives : il va destituer un groupe de politiciens et de commandants incompétents et réorganiser les structures administratives et militaires de l'État clandestin. Il va essayer de transformer les troupes de partisans en une armée régulière. Il va introduire une organisation uniforme de l'armée en créant 5 corps. Par un décret du 27 décembre 1863, il créera un organe administratif et judiciaire spécial chargé de superviser la mise en œuvre des décisions antérieures du Gouvernement national sur l'affranchissement des paysans. Il préparera un concept de création d'un mouvement populaire et de mobilisation de toute la société pour lutter contre la Russie. Il intensifiera l’activité diplomatique en cherchant des soutiens à la cause polonaise, entre autres, en Italie, en Hongrie et auprès des Tchèques. Il voulait éviter que les combats ne prennent fin avant l'arrivée de l'aide attendue de la France. Il comptait également sur le déclenchement d'un soulèvement en Galicie, mais ses plans seront contrariés par des mesures décisives des autorités autrichiennes qui introduiront l’état de siège en février 1864.

    Au printemps 1864, la police tsariste va le découvrir. Il sera arrêté dans la nuit du 10 au 11 avril. Le 19 juillet, un tribunal militaire russe le condamnera à mort par pendaison. La sentence à son encontre et à l'encontre d'autres insurgés, membres du Gouvernement national insurgé, sera exécutée le 5 août sur les pentes de la citadelle de Varsovie. Juste avant l'exécution, qui fut accompagnée d'une foule de 30 000 personnes, le dictateur embrassera la croix.

    Peu de temps après la mort de Traugutt, le culte de sa personne a commencé à se développer. Dans la Deuxième République polonaise, Józef Piłsudski sera ainsi le promoteur de la légende Traugutt. ‹LS›