Éphéméride polonaise
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27 avril27/04/2026

1896 - Naissance à Limanowa de Zygmunt Berling, général de l’Armée polonaise. Dans les années 1914-1917, il sert dans les Légions polonaises et dans l'armée autrichienne. Après l'indépendance, il rejoint le nouvellement reconstitué 4e régiment d'infanterie des Légions. Dans la période de l’entre-deux-guerres, il participe, entre autres, à la guerre polono-bolchevique, étudie à l'École supérieure de guerre de Varsovie et en 1937 est nommé commandant du 4e régiment d'infanterie des Légions à Kielce. En juillet 1939, il est libéré du service actif. Au début de novembre 1939, il est arrêté par le NKVD à Vilnius. Dans le camp de prisonniers de guerre de Starobielsk, il est recruté pour travailler avec le NKVD, ce qui lui permettra d’éviter le sort de milliers d'officiers polonais assassinés à Katyń. Il va s’impliquer activement dans les activités de propagande soviétiques, convaincu par la vision de la reconstruction d’une Pologne en tant que république intégralement incorporée dans l'Union soviétique. Après le déclenchement de la guerre germano-soviétique, il déclare sa volonté de servir dans l'Armée rouge. Cependant, après la reprise des relations diplomatiques entre l’URSS et la Pologne, il reçoit du NKVD l’ordre de se présenter aux unités de l'armée polonaise, créées par le général Władysław Anders. À cette époque, il continue à entretenir une collaboration secrète avec des officiers nommés par le NKVD. Durant le transfert des troupes polonaises de l'Union soviétique vers le Proche-Orient, il est commandant de la base d’évacuation de Krasnovodsk. Il ne passera pas avec l'armée polonaise en Iran et restera en Union soviétique, ce qui le fera déclarer déserteur ; il sera dégradé, renvoyé de l'armée et condamné par contumace en juillet 1943 par la Cour martiale à la peine de mort. Staline va le nommer commandant de la 1e Division d’infanterie polonaise Tadeusz Kościuszko créée dans le cadre des forces armées soviétiques et va le promouvoir au rang de général de brigade. Les rangs des unités polonaises sont principalement alimentés par des Polonais, prisonniers des camps de travail n’ayant pas réussi, en raison d’entraves du côté des autorités soviétiques ou d’autres circonstances, à rejoindre l’armée du général Anders. Les 12 et 13 octobre 1943 à Lenino en Biélorussie, mal préparée et privée d’un soutien adéquat de l’artillerie, mais aussi suite à des erreurs du commandement, la Division subira de lourdes pertes. En mars 1944, Staline nomme Berling commandant de la 1e Armée polonaise. À partir du 22 juillet 1944, il devient adjoint du commandant suprême de l'armée polonaise avec le grade de général de division. En septembre 1944, pendant l'Insurrection de Varsovie, des détachements de la 1e Armée polonaise vont participer au dénommé débarquement de Czerniaków, dont le but est d’ouvrir une tête de pont sur la rive gauche de la Vistule. La tentative de traversée du fleuve va échouer et va se solder par des pertes importantes en hommes, résultant, entre autres, d’une mauvaise préparation de l'opération. À partir de l'automne 1944, Berling va suivre pendant trois ans, sous l'uniforme de général soviétique, des cours à l'Académie de guerre de Moscou. Il retournera en Pologne en 1947. Il n’occupera pas de postes de premier plan, mais toujours des postes élevés dans l'armée et dans l'État communiste. Dans la période de pur stalinisme (1948-1953), il sera, entre autres, organisateur et commandant de l'Académie de l’état-major général. En 1953 et dans les années suivantes, il sera secrétaire d'État et vice-ministre dans divers ministères. À partir de 1963, il est officiellement membre du PZPR (Parti ouvrier unifié polonais) et est nommé général d’armée. Il va mourir à Konstancin-Jeziorna le 11 novembre 1980. Il a été inhumé au cimetière varsovien de Powązki. Parmi ses distinctions : Croix d'argent de l'ordre militaire de Virtuti Militari, Croix de Commandeur avec étoile de l'ordre Polonia Restituta, Croix de la valeur militaire, Croix d'or du Mérite, Ordre de Lénine (URSS), Ordre de l'Amitié des peuples (URSS)...
*Le personnage du général Berling est objet de litige. Ses adversaires soulignent que pendant sa coopération avec le NKVD il s’est prononcé pour une future Pologne en tant que république soviétique et pour la peine de mort pour les déserteurs et les soldats liés entre autres avec les mouvements indépendantistes clandestins. Selon ses partisans, il a réussi à sauver beaucoup de ses compatriotes des camps soviétiques. ‹LS›
26 avril26/04/2026
1937 - Naissance de Jan Pietrzak à Varsovie. Durant la guerre, son père, militant communiste, avait été arrêté par les Allemands et enfermé dans la prison Pawiak où il va mourir en octobre 1942. Sa mère va envoyer Jan à l’École des cadets en 1948. Il en ressortira officier. Retourné à la vie civile, il fera partie de l’Union de la jeunesse polonaise (bâtie sur le modèle du Komsomol soviétique) et du Parti ouvrier unifié polonais (le parti communiste alors au pouvoir). Il va travailler dans l’entreprise de fabrication de téléviseurs WZT et suivre des cours du soir à l’École supérieure de Sciences sociales du Comité central du Parti ouvrier unifié polonais.
À partir de 1960, il se lie avec le club estudiantin Hybrydy et dirigera le Teatr Hybrydy. Jusqu’en 1967, ce cabaret théâtre permettra à de nombreux artistes d’y faire leur début de carrière dans le spectacle. Cette année-là, il sera dissous à la suite d’allégations d’hostilité envers les autorités et de dépravation de la jeunesse. Jan Pietrzak fonde alors le Kabaret pod Egidą. Il s’y rendra célèbre pour sa satire politique commentant la situation socio-politique et visant le système de l’époque et deviendra la voix de l’opposition anticommuniste. Il sera surveillé par la SB (Service de sécurité) : les autorités communistes étaient très soucieuses de la popularité du cabaret bâtie sur l’ironie envers le système. De nombreuses représentations seront enregistrées par des collaborateurs secrets de la SB. L’entrée dans le local sera même rendu difficile. De 1975 à 1981, il sera secrétaire de rédaction à l’hebdomadaire satirique illustré Szpilki (Aiguilles).
En 1981, sa chanson patriotique “Żeby Polska była Polską” (Que la Pologne soit la Pologne) - écrite en 1976 - devient l’hymne spontané de Solidarność.
Après 1989, ses Cours de thérapie par le rire connaîtront une grande popularité. Il va s’impliquer dans la vie sociale et politique, y compris en participant à diverses initiatives, en écrivant par exemple pour Tygodnik Solidarność ou Dziennik Polski (auparavant aussi pour Gazeta Polska). Il se présentera aux élections en 1995 pour le poste de président de la République de Pologne, prêchant entre autres pour un rétablissement de la peine de mort et la libéralisation de l’économie. Il recueillera 1,12% des voix… En 1997, il se présentera, sans succès, aux élections pour la Diète sur la liste de l’Union de la droite de la République. Plus tard, lors des élections présidentielles, il soutiendra Lech (en 2005) et Jarosław Kaczyński (en 2010) et Andrzej Duda (en 2015).
À partir de 2007, il conduira par intermittence des émissions à la télévision. Il enregistrera également des feuilletons sur YouTube. En 2015, il sort un livre : Śmiech i Złość (Rire et colère).
Entre autres décorations, il possède la médaille d’or du Mérite culturel polonais Gloria Artis, la croix d’or du Mérite et la grand-croix de l’ordre Polonia Restituta. LS
“Żeby Polska była Polską” - paroles de Jan Pietrzak et musique de Włodzimierz Korcz.

