Éphéméride polonaise

  • 10 mai
    10/05/2026

    1939 - Naissance à Poznań de Witold Woyda, un des plus grands fleurettistes polonais. Escrimeur (168 cm, 63 kg) des clubs de la capitale “Budowlani” et “Marymont”. Les premiers échantillons de ses hautes capacités, il va les démontrer lors des Championnats du monde juniors à Varsovie (1957), en terminant à la quatrième place et seulement trois ans plus tard, en terminant également 4e lors des Jeux olympiques de Rome (1960). Son parcours : triple champion de Pologne (1964, 1965, 1972) et quadruple vice-champion (1961-1963, 1970) dans les épreuves individuelles de fleuret, 10 fois champion national par équipe au fleuret (1958, 1961-1964, 1966-1968, 1970) et à l'épée (1959) et cinq fois vice-champion au fleuret (1959, 1960, 1971, 1972) et au sabre (1963).

    Aux Championnats du monde, il a remporté cinq médailles d'argent : en 1962 à Buenos Aires (fleuret individuel), en 1963 à Gdańsk (fleuret par équipe), en 1965 à Paris (fleuret par équipe), en 1969 à La Havane (fleuret par équipe), en 1971 à Vienne (fleuret par équipe) et cinq médailles de bronze : en 1961 à Turin (fleuret par équipe), en 1962 à Buenos Aires (fleuret par équipe), en 1966 à Moscou (fleuret par équipe), en 1967 à Montréal (fleuret par équipe) et en 1973 à Göteborg (fleuret par équipe).

    Il a également été vainqueur de 25 grands tournois internationaux, entre autres : 4 fois du célèbre Martini (Paris), deux fois de la Copa Giovannini (Bologne) et Martini Rossi (New York). Enfin, il a remporté les médailles d’argent (1964) et de bronze (1968) des JO au fleuret par équipe, mais il lui manquait toujours la proverbiale “perle de la couronne”. En 1972, pour terminer définitivement une longue et belle carrière, il va remporter aux Jeux olympiques de Munich le titre de meilleur fleurettiste mondial ainsi que la médaille d'or olympique. Afin que le final soit encore plus fabuleux, quelques jours plus tard, il ajoutera à sa médaille dans une épreuve individuelle, une autre médaille d'or, en balayant tour à tour sur les planches dans l’épreuve ses quatre adversaires, devenant par la même fleurettiste invaincu des Jeux olympiques de Munich.

    Une fois sa carrière sportive terminée, il va vivre et travailler (comme entraîneur) en Italie. Puis il ira s’installer aux États-Unis, où il deviendra copropriétaire d’une entreprise de production de machines pour emballage (il aura aussi une filiale en Pologne).

    Il a été vainqueur du scrutin du quotidien sportif “Przegląd Sportowy” sur les 10 meilleurs sportifs polonais de l’année 1972. Il a été distingué plusieurs fois, entre autres : de la Médaille pour résultats sportifs exceptionnels et de la Croix de Chevalier et d’Officier de l’ordre Polonia Restituta. Dans les dernières années de sa vie, il se retrouvera souvent dans son pays natal. Il viendra en Pologne à la fois pour affaires, mais aussi en tant qu'invité spécial pour des événements sportifs. Après plus de deux années de lutte contre la maladie, il est décédé le 5 mai 2008 à son domicile de Bronxville, New York. Il a été inhumé au cimetière militaire de Powązki à Varsovie. ‹LS›

  • 9 mai
    09/05/2026

    1987 - À 11h11 dans la forêt Kabacki s’est écrasé un avion des lignes aériennes polonaises LOT, l’Iliouchine Il-62 M “Tadeusz Kościuszko”, parti de Varsovie vers les États-Unis. À bord, il y avait le plein de passagers. L’appareil avait décollé d’Okęcie à 10h18. Peu de temps après, la tour de contrôle a reçu un signal de l'équipage annonçant des problèmes techniques. Devant cette situation, il a été décidé de faire dérouter l'avion. La catastrophe a eu lieu lors de l'approche d’atterrissage sur l'aéroport d’Okęcie. À bord se trouvaient 172 passagers et 11 membres d'équipage. Personne n'a survécu.

    Les équipes de secours sont rapidement arrivés sur les lieux de l’accident : unités de sapeurs-pompiers, milice, armée, ambulances. Sont arrivés aussi des résidents locaux et des personnes qui travaillaient ce jour-là dans les usines voisines. Dans les premières nouvelles à la radio, on parle d’une éventuelle défaillance des moteurs. Le Premier ministre Zbigniew Messner nommera une commission gouvernementale spéciale pour enquêter sur l'accident. Sa première réunion aura eu lieu le 11 mai 1987. La commission conclura que la cause de la catastrophe fut la destruction de l'un des moteurs qui a eu lieu alors que l'avion était à une altitude de 8200 mètres, dans la région de Grudziądz. Cela serait dû à l’éclatement de la turbine basse pression, dans laquelle est survenue la destruction de l’arbre. Des éléments de la turbine éclatée ont entraîné la destruction complète de la turbine n°2, et des morceaux de celle-ci expulsés par la force centrifuge à une vitesse de 160 m/s ont pénétré dans la partie arrière du fuselage et ont endommagé le moteur n°1, provoquant son embrasement et l’empêchant de continuer à fonctionner. Un incendie a également éclaté dans la soute à bagages de l'avion. Après la survenue de l’avarie et la décompression de la cabine passagers, le capitaine de l’avion Zygmunt Pawlaczyk a décidé de descendre à 4000 mètres et de revenir à Varsovie, voulant ainsi se débarrasser du carburant pour pouvoir atterrir en toute sécurité. En raison de l’aggravation de l’état technique de l’appareil, l'équipage a reçu l'autorisation d'atterrir à Modlin. Cependant, il fut admis que l'aéroport d’Okęcie donnait plus de garanties de sécurité, possédait un meilleur service d’incendie et de secours, par conséquent le vol fut dirigé vers Varsovie. Il aura manqué 5700 mètres pour atteindre la piste. La commission a jugé que les décisions prises par l'équipage sous le commandement du capitaine Zygmunt Pawlaczyk avaient été correctes et qu’elles n’avaient eu aucun lien de causalité avec la catastrophe. N’ont également eu aucune influence sur cet événement tragique les activités de maintenance ou les conditions météorologiques.

    *Du point de vue du nombre de victimes, c’est la plus grande catastrophe aérienne dans l'histoire de l'aviation polonaise. ‹LS›


    « Bonne nuit ! Au revoir ! Salut ! On va mourir ! » – tels sont les derniers mots poignants enregistrés par la boîte noire du poste de pilotage.