Éphéméride polonaise
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9 mars09/03/2026

1938 - Naissance à Varsovie de Ryszard Parulski, avocat, l'un des plus grands et des plus polyvalents escrimeurs de l'histoire de ce sport en Pologne, champion du monde des trois armes. Diplômé de la Faculté de droit de l'Université de Varsovie (1965). Escrimeur (1,88 m, 85 kg) au Marymont Warszawa (1956-1972). En tant que junior, il a remporté le titre mondial au sabre (1959) et dans la catégorie senior, le championnat mondial au fleuret (1961) et la suprématie par équipe à l'épée (1963). Pendant l’assaut, il étonnait par son engagement et son tempérament inouïs, il évoluait sur la piste à son propre rythme, le modifiant et le variant en fonction des capacités et des compétences de son adversaire ainsi que de la situation et des conditions de compétition. Il savait se battre en équipe et mobiliser ses partenaires vers la victoire. Il a combattu dans des dizaines de grands duels qui auront marqué l'histoire de l'escrime.
Quadruple champion de Pologne au fleuret (1959, 1966, 1968, 1969), par équipe - 11 fois : au fleuret (1958, 1961-1964, 1966-1968, 1970) et à l'épée (1959, 1961). Ses succès sur l’arène internationale : 2 fois champion du monde : Turin 1961 (fleuret ind.), Gdańsk 1963 (sabre par équipe) ; 8 fois médaillé en Coupe du monde : argent - Gdańsk 1963 (fleuret ind. et par équipe), Paris 1965 (fleuret par éq.), La Havane 1969 (fleuret par éq.), bronze (fleuret par éq.) - Turin 1961, Buenos Aires 1962, Moscou 1966 et Montréal 1967. Trois fois participant aux Jeux olympiques (Rome 1960, Tokyo 1964 - médaille d'argent au fleuret par équipe, Mexique 1968 - médaille de bronze au fleuret par équipe). Élu meilleur athlète polonais au plébiscite du journal sportif “Przegląd Sportowy” pour l’année 1963.
Après avoir quitté le sport de compétition, il restera actif. Il deviendra un avocat recherché : fréquent défenseur des athlètes, des journalistes sportifs, des personnes lésées pendant la loi martiale. Ce sera un militant exceptionnel. Fondateur de la Fondation “Gloria Victis” pour les anciens athlètes et de la “Société des sportifs polonais ayant participé aux Jeux olympiques”. De 1980 à 1989, il dirigera la section d'escrime du RKS Marymont de Varsovie. Dans les années 1989-1992, il deviendra président de l'Union polonaise d'escrime. Maître émérite des sports, décoré, entre autres, plusieurs fois avec la Médaille pour réalisations sportives exceptionnelles et avec la Croix d'or du Mérite et la Croix d'officier de l'ordre Polonia Restituta. En janvier 2016, il a reçu l'Ordre du mérite du Comité olympique polonais.
Il est décédé le 10 janvier 2017. Il repose dans l'allée des méritants au cimetière militaire de Powązki à Varsovie. Pour ses réalisations exceptionnelles dans la promotion et la diffusion du sport, pour ses activités au profit des milieux olympiques, le président de la République de Pologne, Andrzej Duda, a décerné à titre posthume à cet escrimeur exceptionnel la croix de Commandeur avec étoile de l'ordre Polonia Restituta. ‹LS›
8 mars08/03/2026
1878 - Naissance à Stanisławów de Jan Szczepkowski, sculpteur, peintre. En 1892, il commence ses études à l'École de l'industrie du bois à Zakopane. À partir de 1896, il étudie la sculpture à l'Académie des beaux-arts de Cracovie. En 1904, il obtient la bourse Czartoryski pour un séjour d’une année à Paris, qu’il va cependant prolonger, avec des interruptions, jusqu’en 1907. En France, il aura l'occasion de se familiariser avec les nouvelles tendances artistiques. En particulier, avec les œuvres d'Auguste Rodin et d’Antoine Bourdelle. Après son retour de France, il habite à Cracovie. Il participera à la vie de la bohème artistique locale. Il sera membre de la Société des arts appliqués polonais et de la Société des artistes polonais “Sztuka/Art”. Durant cette période, il va créer des sculptures correspondant à l’esprit “Młoda Polska” (mouvement moderniste “Jeune Pologne”). En 1914, il est appelé au service militaire actif. Avec le grade de lieutenant, il prend part aux combats sur le front jusqu’en mai 1915, quand il sera grièvement blessé. Après sa convalescence, il est déclaré inapte au service et dirigé vers le Département des sépultures de guerre. Il deviendra directeur artistique du district IV à Łużna (Petite-Pologne), où il va concevoir 25 cimetières, dont deux conjointement avec d'autres artistes. À partir de 1915, on notera dans ses créations une tendance à la géométrisation des formes et à l’encadrement de ses figures de contours anguleux. Le style individuel de Szczepkowski va se former dans les années vingt. Il est caractérisé par des formes décoratives, simplifiées, géométrisées, se référant à l'art populaire, en particulier à la sculpture sur bois montagnarde. En 1921, l’artiste s’installe à Varsovie où, en 1922, il commence à enseigner à l'École municipale nouvellement créée des Arts décoratifs dont, dans les années 1925-1939, il occupera la fonction de directeur. Il sera membre de l’association des artistes polonais “Rytm”. Son domaine de travail devient alors la sculpture architecturale. Après la Seconde Guerre mondiale, il va participer à la reconstruction de monuments varsoviens. Les dernières années de sa vie, il les passera à Milanówek, où il va décéder le 17 février 1964. Il sera inhumé au cimetière de Powązki à Varsovie. Le monument funéraire de l’artiste a été réalisé par le sculpteur Karol Tchorek. Szczepkowski a été décoré entre autres de la Croix d'Officier (1929) et de la Croix de Chevalier (1955) de l’ordre Polonia Restituta. En 1978, a été fondé le Musée Jan Szczepkowski à Milanówek, où l’on peut entre autres trouver l'une des œuvres majeures de l'artiste - un autel sculpté en bois de pin pour une église suisse (réalisé juste avant la guerre, il est resté en Pologne).
La renommée internationale de l’artiste lui sera apportée en 1925 lors de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris par son “Autel de la Nativité”, sculpté en bois de pin, immédiatement acheté par le gouvernement français. L'auteur lui-même sera honoré de la Légion d'Honneur. Cet autel se trouve aujourd’hui dans l'église Saint-Stanislas à Dourges (Pas-de-Calais) et sa réplique au Musée National à Varsovie. La façon particulière de sculpter ce bas-relief, constitué de centaines de petites surfaces (semblables à la structure du cristal), qualifiera pour de nombreuses années le style de travail de Jan Szczepkowski. Le 20 septembre 2009, Tomasz Merta, sous-secrétaire d'État au ministère de la Culture et du Patrimoine national, a dévoilé l’autel remis en état par des restaurateurs polonais. La cérémonie organisée par les autorités municipales locales, en collaboration avec le consulat de Pologne à Lille et l'Association de la Maison de la Polonia / Le Congrès de la Polonia de France, a eu lieu pendant les Journées Européennes du Patrimoine. On peut toujours admirer le célèbre autel dans l’église dourgeoise. ‹LS›


7 mars07/03/2026
1909 - Naissance à Dębica de Ryszard Siwiec, philosophe, soldat de l'Armée de l’Intérieur. Après la mort de son père, il s’installe avec sa mère à Lwów. Il va terminer ses études à la Faculté des Lettres de l’Université Jan Kazimierz avec une maîtrise en philosophie. Après ses études, il travaille dans l'administration fiscale à Lwów. En 1936, il part travailler dans l'administration fiscale à Przemyśl. Pendant l'occupation allemande, il quitte son emploi au bureau des impôts ne voulant pas - comme il le dit - percevoir des impôts pour l'occupant. Il va travailler comme ouvrier municipal au service des espaces verts. Après sa prestation de serment dans les rangs de l'Armée de l'Intérieur, pendant plusieurs mois il va se cacher dans la région de Zbydniów, dans le district de Tarnobrzeg. En 1942, il retourne à Przemyśl et va travailler chez le marchand en gros de fruits et légumes Olff Köpke & Co. Après la guerre, il rejette son poste d’enseignant, affirmant qu'il n’enseignera pas de sornettes. À partir de 1946, avec Jan Wojnarowicz, il dirige une entreprise de production de vin. Après la nationalisation de l'usine en 1952, il y travaillera encore, non plus comme copropriétaire, mais comme simple employé - en tant que conseiller juridique et chef comptable. Jamais il ne se réconciliera avec la situation politique survenue en Pologne après l'arrivée des Soviétiques. Il rejettera l'idéologie communiste et le système totalitaire.
Le 8 septembre 1968, pendant la fête principale de la fin des moissons au Stade du Dixième anniversaire à Varsovie, Ryszard Siwiec va s’immoler par le feu pour protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie - dont faisaient partie des troupes polonaises - commencée dans la nuit du 20 au 21 août 1968. En présence des dirigeants du parti, des diplomates et de 100 000 spectateurs, il s’arrosera avec un solvant et mettra le feu en criant “je proteste”. Avant son auto-immolation, il avait lancé dans le stade des tracts appelant à protester. Il ne survivra pas à son geste dramatique. Il décédera le 12 septembre à l’hôpital, des suites de brûlures couvrant plus de 85% de son corps. Il repose dans le cimetière de Przemyśl. Encore dans le train, il avait écrit une lettre d’adieu à sa femme. Malheureusement, cette dernière correspondance de Siwiec s’est retrouvée au bureau de poste dans les mains de la SB (service de sécurité) et sa femme recevra la lettre seulement 20 ans plus tard. ‹LS›


Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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