Éphéméride polonaise
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4 février04/02/2026

1950 - Décès à Giżycko de Jan Bułhak, artiste photographe, théoricien, critique et journaliste, désigné comme le “père de la photographie polonaise”. Il est né le 6 octobre 1876 à Ostaszyn (aujourd’hui en Biélorussie). Il va étudier la philosophie à l'Université Jagellonne. Vers l’année 1905, il reçoit de son épouse son premier appareil photo et fera de la photographie en amateur. Sur l'instigation de son ami, le peintre Ferdynand Ruszczyca, la photographie deviendra sa principale occupation. En 1912, il part étudier la photographie à Dresde. De retour à Vilnius, il fera de la photographie sa profession. Dans les années 1919-1939, il va exercer en tant que professeur. Il sera à la tête du Département de photographie artistique à la Faculté des beaux-arts de l'Université Stefan Batory à Vilnius. Il fut un représentant du pictorialisme, version proche de celle produite par le Photo-club de Paris. Il a travaillé avec des techniques dites nobles (gomme bichromatée, par exemple). Il est connu pour ses nombreux et magnifiques photogrammes. Dans ses photographies, on reconnaît les influences du graphisme et de la peinture. Il a réalisé des portraits poignants et des paysages symboliques ainsi que des photographies de paysans, et a continué dans la tradition du XIXe siècle la “photographie d’entreprise”. Dans les années 30, il fut un partisan de la notion de “photographie patriote” qui devait accentuer la nationalité et l'identité polonaise. Il a réalisé une documentation photographique de l'architecture de Vilnius, Varsovie, Cracovie, Grodno, Zamość, Lublin, Kazimierz et d'autres endroits encore. Dans son studio, sont nés 158 albums consacrés aux villes et régions de la Deuxième République de Pologne. En juillet 1944, pendant la bataille de Vilnius, son studio va brûler et avec lui 50 000 négatifs catalogués, principalement liés à Vilnius et à sa région, mais aussi à de nombreuses autres villes de Pologne et aussi d’Allemagne. Certains de ces négatifs provenaient des années 1910-1915. Après la Seconde Guerre mondiale, avec son fils, il a pris des photos de la destruction de nombreuses villes polonaises. Il a commencé par Vilnius, dont il a vécu fortement la destruction, et après sa déportation forcée dans les nouvelles frontières polonaises, il a également photographié d’autres villes comme : Varsovie détruite (exposition en 1946 au Musée national) et les ainsi nommées “terres recouvrées” (dont Wrocław). Il a cofondé en 1947 l'Association des photographes polonais (ZPAF), qui depuis 1952 existe sous le nom d’Association des artistes photographes polonais. Sa carte de membre de la ZPAF portait le numéro 1. Il a pris part à l'exposition “Photographie moderne polonaise” (1948), où il a présenté des abstractions photographiques. Ses œuvres se trouvent au Musée national de Varsovie et à celui de Wrocław, au Musée de l'histoire de la photographie à Cracovie, au Musée d'art de Łódź et à la Bibliothèque nationale à Varsovie. ‹LS›



Warszawa - portique du palais Saski, 1920
Bohdanów - vue depuis la fenêtre du manoir, 1925
Szopienice - forêt de cheminées, 1936
3 février03/02/2026
2002 - Décès à Varsovie d’Arnold Mostowicz, médecin, journaliste, écrivain, traducteur et vulgarisateur scientifique. Il est né le 6 avril 1914 à Łódź dans une famille juive. Pendant son enfance et son adolescence, il vit dans sa ville natale. Dans les années 1932-1939, il part étudier à Toulouse où il termine ses études de médecine. Il retourne en Pologne peu avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Pendant le siège de Varsovie, il travaille dans des hôpitaux de campagne. Après la prise de la capitale par l'armée allemande, en octobre 1939, il retourne à Łódź où il sera transféré dans le ghetto. Là, pendant quatre ans, il va travailler comme médecin à l'hôpital des maladies infectieuses et au secours d’urgence. Au cours de la liquidation du ghetto en août 1944, il est envoyé au camp de concentration allemand d'Auschwitz, et de là vers d'autres camps. Après la guerre, en raison de sa cachexie due au typhus et à la tuberculose, il renonce à son métier de médecin et se lance dans le journalisme. Il devient adjoint au rédacteur en chef de la “Tribune de Basse-Silésie” à Wrocław, organise la presse de Poznań et la “Gazette de Cracovie”, qu’il va diriger pendant six ans, et de 1955 à 1969 est rédacteur en chef du magazine satirique de Varsovie “Szpilki/Aiguilles”. Après sa révocation de “Szpilki”, suite à la campagne antisémite, il va travailler dans la revue “Toi et Moi” et à la disparition du mensuel, il prend sa retraite. À partir de 1975, il va écrire des livres de vulgarisation scientifique et astronautique, mais aussi de souvenirs d’enfance, de jeunesse ainsi que sur sa survie du ghetto et des camps de la mort nazis. Il cofonde la série de bandes dessinées Les dieux de l'espace basés sur les hypothèses de l’écrivain ufologue suisse Erich von Däniken, qui bénéficieront de reconnaissance dans de nombreux pays européens. Le premier livre d’Arnold Mostowicz - écrivain - sort en 1988 sous le titre : “L’étoile jaune et la croix rouge” - tableau de ses souvenirs et réflexions sur le ghetto et les camps de concentration, classés par les critiques parmi les documents littéraires les plus précieux sur la période d’extermination. Mostowicz deviendra célèbre dans le monde entier après sa participation dans le film documentaire Le photographe de Dariusz Jabloński en 1998, dans lequel il appelle à la vérité historique sur l'Holocauste, remplissant le rôle de narrateur commentant les diapositives du ghetto de Łódź. Il a coécrit également le scénario de ce film. En 1995, il devient président de la Fondation Monumentum Iudaicum Lodzense, dont le but est de protéger l'héritage des juifs de Łódź. Pendant de nombreuses années, il va remplir les fonctions de président de l'Association des Juifs anciens combattants et victimes de la Seconde Guerre mondiale et va coorganiser la Fondation germano-polonaise Pojednanie/Réconciliation. En 1998, il recevra le titre de citoyen d'honneur de la ville de Łódź. Il a été enterré au cimetière militaire de Powązki à Varsovie. ‹LS›



La biologie transforme l'être humain (1977)
Étoile jaune et croix rouge (1988)
Łódź, mon amour interdit (1999)
Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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