Éphéméride polonaise
-
28 avril28/04/2026

1899 - Naissance à Radom de Stanisław Lorentz, historien de l'art, muséologue, conservateur du patrimoine. Après avoir obtenu son baccalauréat, il est admis à la Faculté de philosophie de l'Université de Varsovie. En 1924, il soutient sa thèse de doctorat. Dans les années 1929-1935, il est conservateur du patrimoine dans les voïvodies de Vilnius et de Nowogródek. Le 1er septembre 1936, il est nommé directeur du Musée national à Varsovie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il va contribuer de manière significative au sauvetage du patrimoine national polonais et principalement de celui du château royal destiné à être dynamité. Après 1945, il milite à nouveau pour la reconstruction des monuments et des musées ainsi que pour la récupération des objets saisis par les occupants. Dans les années 1945-1951, il est à la tête de la Direction des musées et de la protection des monuments. En 1947, il devient professeur à l'Université de Varsovie ; en 1949, membre de l'Académie polonaise des arts et sciences et en 1952, membre de l'Académie polonaise des sciences. En 1963, il est cofondateur de la Société des Amis de Varsovie. Il est également expert de l'UNESCO à la protection des monuments. Dans les années 1965-1969, il est député de la Diète de la République populaire de Pologne au nom du Parti démocratique. En 1968, à son initiative, est créé le Musée de l'affiche et en 1971, le Comité civique pour la reconstruction du Château royal à Varsovie. En outre, c’est à son initiative qu’est créée en 1974, la Société pour la protection des monuments. En 1982, il est révoqué de son poste de directeur du Musée national pour avoir rejoint les rangs de “Solidarność”. Plus tard, il en deviendra encore son directeur honoraire en 1990-1991. Il est mort le 15 mars 1991 à Varsovie. Il a été inhumé dans le cimetière de l'Église évangélique de la confession d’Augsbourg à Varsovie. Il a reçu l'Ordre des bâtisseurs de la Pologne populaire, l’Ordre de la Bannière du Travail de première classe, la Croix de Commandeur avec étoile de l'Ordre Polonia Restituta. Il a écrit plusieurs livres sur l'histoire de l'art. En 2014, pour célébrer le 115e anniversaire de sa naissance, a été réalisé par Joanna Pieciukiewicz un film produit par la Société des Amis de Varsovie : “Stanisław Lorentz. La mémoire inscrite dans un cadre”. ‹LS›
27 avril27/04/2026
1896 - Naissance à Limanowa de Zygmunt Berling, général de l’Armée polonaise. Dans les années 1914-1917, il sert dans les Légions polonaises et dans l'armée autrichienne. Après l'indépendance, il rejoint le nouvellement reconstitué 4e régiment d'infanterie des Légions. Dans la période de l’entre-deux-guerres, il participe, entre autres, à la guerre polono-bolchevique, étudie à l'École supérieure de guerre de Varsovie et en 1937 est nommé commandant du 4e régiment d'infanterie des Légions à Kielce. En juillet 1939, il est libéré du service actif. Au début de novembre 1939, il est arrêté par le NKVD à Vilnius. Dans le camp de prisonniers de guerre de Starobielsk, il est recruté pour travailler avec le NKVD, ce qui lui permettra d’éviter le sort de milliers d'officiers polonais assassinés à Katyń. Il va s’impliquer activement dans les activités de propagande soviétiques, convaincu par la vision de la reconstruction d’une Pologne en tant que république intégralement incorporée dans l'Union soviétique. Après le déclenchement de la guerre germano-soviétique, il déclare sa volonté de servir dans l'Armée rouge. Cependant, après la reprise des relations diplomatiques entre l’URSS et la Pologne, il reçoit du NKVD l’ordre de se présenter aux unités de l'armée polonaise, créées par le général Władysław Anders. À cette époque, il continue à entretenir une collaboration secrète avec des officiers nommés par le NKVD. Durant le transfert des troupes polonaises de l'Union soviétique vers le Proche-Orient, il est commandant de la base d’évacuation de Krasnovodsk. Il ne passera pas avec l'armée polonaise en Iran et restera en Union soviétique, ce qui le fera déclarer déserteur ; il sera dégradé, renvoyé de l'armée et condamné par contumace en juillet 1943 par la Cour martiale à la peine de mort. Staline va le nommer commandant de la 1e Division d’infanterie polonaise Tadeusz Kościuszko créée dans le cadre des forces armées soviétiques et va le promouvoir au rang de général de brigade. Les rangs des unités polonaises sont principalement alimentés par des Polonais, prisonniers des camps de travail n’ayant pas réussi, en raison d’entraves du côté des autorités soviétiques ou d’autres circonstances, à rejoindre l’armée du général Anders. Les 12 et 13 octobre 1943 à Lenino en Biélorussie, mal préparée et privée d’un soutien adéquat de l’artillerie, mais aussi suite à des erreurs du commandement, la Division subira de lourdes pertes. En mars 1944, Staline nomme Berling commandant de la 1e Armée polonaise. À partir du 22 juillet 1944, il devient adjoint du commandant suprême de l'armée polonaise avec le grade de général de division. En septembre 1944, pendant l'Insurrection de Varsovie, des détachements de la 1e Armée polonaise vont participer au dénommé débarquement de Czerniaków, dont le but est d’ouvrir une tête de pont sur la rive gauche de la Vistule. La tentative de traversée du fleuve va échouer et va se solder par des pertes importantes en hommes, résultant, entre autres, d’une mauvaise préparation de l'opération. À partir de l'automne 1944, Berling va suivre pendant trois ans, sous l'uniforme de général soviétique, des cours à l'Académie de guerre de Moscou. Il retournera en Pologne en 1947. Il n’occupera pas de postes de premier plan, mais toujours des postes élevés dans l'armée et dans l'État communiste. Dans la période de pur stalinisme (1948-1953), il sera, entre autres, organisateur et commandant de l'Académie de l’état-major général. En 1953 et dans les années suivantes, il sera secrétaire d'État et vice-ministre dans divers ministères. À partir de 1963, il est officiellement membre du PZPR (Parti ouvrier unifié polonais) et est nommé général d’armée. Il va mourir à Konstancin-Jeziorna le 11 novembre 1980. Il a été inhumé au cimetière varsovien de Powązki. Parmi ses distinctions : Croix d'argent de l'ordre militaire de Virtuti Militari, Croix de Commandeur avec étoile de l'ordre Polonia Restituta, Croix de la valeur militaire, Croix d'or du Mérite, Ordre de Lénine (URSS), Ordre de l'Amitié des peuples (URSS)...
*Le personnage du général Berling est objet de litige. Ses adversaires soulignent que pendant sa coopération avec le NKVD il s’est prononcé pour une future Pologne en tant que république soviétique et pour la peine de mort pour les déserteurs et les soldats liés entre autres avec les mouvements indépendantistes clandestins. Selon ses partisans, il a réussi à sauver beaucoup de ses compatriotes des camps soviétiques. ‹LS›

