Éphéméride polonaise

  • 25 avril
    25/04/2026

    1938 - Décès à Gołotczyzna d’Aleksander Świętochowski, écrivain, journaliste, philosophe, historien, idéologue du positivisme polonais. Il était né le 18 janvier 1849 à Stoczek Łukowski en Podlachie. Un an plus tard, sa famille déménage à Kazimierz Dolny où il va passer son enfance. Après l'école élémentaire, il part étudier à Siedlce et Lublin. En 1866, il obtient son baccalauréat avec médaille. Il va ensuite étudier à la Faculté de philologie et d'histoire de l'École centrale (école supérieure en langue polonaise), puis à l'Université russe de Varsovie (1866-1870) et, de 1874 à 1876, la philosophie à Leipzig. Il fait ses débuts en 1866 avec un essai dans le “Tygodnik Ilustrowany/L’hebdomadaire illustré” sous le pseudonyme d’Henryk Dołęga. À partir de 1871, ses textes, essentiellement consacrés aux questions sociales et aux travaux positivistes, il va les publier dans le “Przegląd Tygodniowy/La revue de la semaine”. En 1878, il devient rédacteur en chef du journal “Nowiny/Nouvelles” et trois ans plus tard, il crée l'hebdomadaire “Prawda/La vérité” qu’il va rédiger jusqu’en 1902, publiant, entre autres, les renommés feuilletons “Liberum veto”. Plus tard, il va également éditer les mensuels “Kultura polska/La culture polonaise” et “Humanista polski/L’humaniste polonais”, écrivant aussi pour “Myśl Narodowa/La pensée nationale” dans laquelle comme “Poseł Prawdy/Messager de la vérité” il publie des essais et s’occupe de critiques littéraires. Encore avant la guerre, il s’installe à Gołotczyzna près de Ciechanów, se concentrant principalement sur une activité d’organisation dans le domaine de l'éducation populaire : il organise des écoles, il s’occupe d’enfants paysans doués, du mouvement coopératif. Il sera l'un des principaux idéologues et leaders du positivisme varsovien. Il sera un ardent défenseur du progrès, de l'éducation, de la culture, il luttera pour l'égalité des droits pour les femmes, les Juifs, combattant le conservatisme, l'obscurantisme et le cléricalisme. Déjà lors de la Deuxième République de Pologne, il écrit dans la presse de la National-démocratie, critiquant la politique de la Sanacja (Assainissement). Il était polyvalent - il a écrit des drames, des romans, des nouvelles, des impressions et des paraboles philosophiques, des articles journalistiques, des essais scientifiques et de vulgarisation, des dissertations et des ouvrages historiques. Jusqu’à la fin de sa vie, il va rester à Gołotczyzna. Au début d’avril 1938, il va être victime d’une angine de poitrine sévère. Malgré une amélioration certaine de sa santé, il va subir une seconde attaque puis une troisième, qui va endommager son cœur, s’avérera fatale. Selon sa volonté, il repose dans le cimetière de Sońsk près de Ciechanów. ‹LS›

  • 24 avril
    24/04/2026

    1947 - Le Présidium du Conseil des ministres adopte une résolution pour lancer l'opération « Wisła » (Vistule), dont le but est d'expulser la population ukrainienne du sud-est de la Pologne et de la réinstaller dans les “territoires recouvrés” de l'Ouest et du Nord du pays.

    Le ministre de l’Intérieur, le maréchal Michał Rola-Żymierski, va nommer le général Stefan Mossor au poste de plénipotentiaire du gouvernement pour la réinstallation de la population ukrainienne.

    L’Opération « Wisła », sera menée du 28 avril au 31 juillet par des unités de l'armée polonaise et du Corps de sécurité intérieure et visera à liquider les unités de l'armée insurrectionnelle ukrainienne et à la priver d’une base pour mener de nouvelles opérations miliaires.

    *Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans le sud-est de la Pologne, un conflit s'était envenimé entre les forces indépendantistes polonaises clandestines, les unités de l'Armée populaire polonaise et les partisans de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Les combats étaient en grande partie le résultat du génocide de la population polonaise commis par les Ukrainiens dans les territoires de Volhynie et de Petite-Pologne orientale (jusqu’à 100 000 civils polonais tués entre 1942 et 1944). Après 1945, lorsque la frontière orientale de la République de Pologne fut établie sur la ligne des rivières Bug et San, l'UPA intensifia ses opérations dans la région de Lublin et dans les Basses-Carpates, s'efforçant, d'une part, d'arrêter la réinstallation de la population ukrainienne en URSS et, d'autre part, de créer une Ukraine indépendante sur ces terres.

    Le 28 mars 1947, lorsque le vice-ministre de la Défense nationale de l'époque, le général Karol Świerczewski, fut tué dans une embuscade tendue par des unités de l'UPA à Jabłonki près de Baligród, les autorités communistes de Varsovie décidèrent d'utiliser ce fait à des fins de propagande et décidèrent donc de procéder à une déportation à grande échelle de la population ukrainienne et ruthène (Lemkos et Boykos).

    L’objectif principal de l’action était de s’assurer que ces populations vivent le plus loin possible de la frontière orientale de l’État polonais mais aussi qu’ils ne créent pas de groupes compacts dans les terres nouvellement occupées. À la suite des différentes opérations menées dans les années 1947-1950, l'armée polonaise et le Corps de sécurité intérieure vont réussir à vaincre les forces de l'UPA, et la réinstallation aura touché plus de 140 000 personnes. Les effets secondaires de l’opération Vistule conduisirent au dépeuplement de vastes zones de Roztocze, Podgórze Przemyśl et des montagnes des Bieszczady et à la destruction du patrimoine culturel de ces terres. Plusieurs dizaines de localités ont complètement cessé d’exister. ‹LS›