Éphéméride polonaise

  • 13 avril
    13/04/2026

    1893 - Naissance à Baranowicze en Biélorussie de Maja (en fait Maria) Berezowska (selon d’autres données, elle serait née en 1898), peintre, illustratrice, caricaturiste et scénographe polonaise. Elle étudie dans une école d'art plastique privée à Saint-Pétersbourg (1908-1909) et dans des écoles d'arts plastiques à Cracovie (1910-1912) et à Munich (1913). Dans les années vingt de l’entre-deux-guerres, elle acquiert la renommée comme auteur de gravures, et avant tout pour ses illustrations dans divers journaux (Cyrulik Warszawski, Szpilki). 1933-1936 : elle séjourne à Paris, où elle va rencontrer le succès en tant que dessinatrice et caricaturiste dans la presse : Le Figaro, Le Rire, Ici Paris (dans lequel elle va s’illustrer en tant qu’auteur d’un cycle de caricatures du chancelier allemand Adolf Hitler “Les liaisons amoureuses du doux Adolf” publiées en 1935 ; ces dessins susciteront les protestations de l'ambassade d'Allemagne à Paris). En 1939, elle travaille de façon sporadique avec des théâtres, le plus souvent en concevant des costumes pour les étoiles des revues et des cabarets. Elle conçoit également les costumes pour le cabaret Le Coucou rose à Poznań (1931-1932), la scénographie pour le programme Mira et la satire du Cabaret varsovien Théâtre aux 13 rangs (1936-1937). Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle sera emprisonnée au Pawiak, et à partir de 1942 dans le camp de concentration allemand de Ravensbrück, où elle va continuer à s’intéresser à la créativité artistique, entre autres en concevant des poupées pour la crèche de Noël exposée dans le camp. Emmenée par la Croix-Rouge à Stockholm, elle va exposer en Suède et au Danemark ; en 1946, elle retourne à Varsovie où, en plus de sa coopération avec des magazines (Teatr, Przekrój, Szpilki), elle va s’occuper plus souvent de la conception de scénographies pour les théâtres. Auteur d'illustrations pour les œuvres de la littérature mondiale et polonaise, ainsi que de nombreuses scénographies pour des spectacles : La Vengeance d’Aleksander Fredro au Teatr Polski de Poznań (1959), Verbum Nobile de Stanisław Moniuszko à l’Opera Objazdowa (1965), La veuve Jadzia de Ryszard Ruszkowski au théâtre Komedia à Varsovie (1967), Les dames et les hussards de Fredro au Teatr Ziemi Łódzkiej (1976). Dans les années 1964-1977, elle conçoit de nombreux costumes pour de célèbres contes : Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, La Belle au bois dormant, à l’affiche dans toute la Pologne. Elle va également esquisser quelques programmes théâtraux. Après la guerre, des dizaines d'expositions auront lieu en Pologne présentant ses peintures, ses costumes et ses décors, ses dessins. Elle est décédée le 31 mai 1978 à Varsovie et a été inhumée au cimetière militaire de Powązki. ‹LS›

  • 12 avril
    12/04/2026

    1940 - Deuxième déportation massive de la population polonaise vers le fin fond de l'URSS. D’après les données du NKVD, furent déportées environ 62 000 personnes. Selon la règle appliquée en URSS de responsabilité collective et le désir de débarrasser les nouvelles acquisitions territoriales des personnes ayant des raisons personnelles et familiales d’être hostiles envers les autorités soviétiques et en même temps jouer un rôle de faiseur d’opinion dans la société, il fut décidé d'expulser les familles des personnes précédemment victimes de répressions diverses (arrêtées par le NKVD, emprisonnées dans des camps de prisonniers de guerre, condamnées à séjourner dans des camps de travail) ou qui ont fui illégalement à l'étranger. Le 2 mars 1940, les décisions appropriées ont été prises par le Bureau politique du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique et le Conseil des commissaires du peuple de l'URSS. Le 10 avril 1940, le Conseil des commissaires du peuple de l'URSS a approuvé les instructions sur la procédure du déroulement de la déportation et a décidé de commencer la déportation dans la nuit du 12 au 13 avril. Les déportés seront déplacés au Kazakhstan, dans les régions d’Aktioubé, d’Akmolinsk, de Kostanaï, de Pavlodar, du Kazakhstan-septentrional (Petropavlovsk) et de Semipalatinsk. 36 729 déplacés seront envoyés travailler dans des kolkhozes et 17 923 dans des sovkhozes. Environ 8 000 seront installés dans des quartiers ouvriers de diverses entreprises industrielles et utilisés à la construction de lignes de chemin de fer. À côté des familles de personnes arrêtées pour participation réelle ou présumée dans des activités de la résistance polonaise, ont été déportés dans le fin fond de l'URSS les familles d'officiers polonais, les familles de fonctionnaires de police, de gardiens de prison et de gendarmes, les propriétaires fonciers, les propriétaires d'usines et les fonctionnaires polonais. Dans les steppes kazakhes, se sont en majorité (80 %) retrouvés des femmes, des enfants et des personnes âgées, venant de villes, pas prêts à travailler dur dans les fermes, à vivre dans des conditions primitives, dans un climat rigoureux. En plus des Polonais numériquement supérieurs, furent également déportés en avril des Juifs, des Ukrainiens et des Biélorusses, mais les données détaillées sur la composition ethnique de ce groupe ne sont à ce jour pas connues. ‹LS›