Éphéméride polonaise

  • 2 juillet
    02/07/2026

    1891 - Naissance à Trześniów dans les Basses-Carpates de Bronisław Prugar-Ketling, général de division de l’armée polonaise. Après son baccalauréat, il fait une année de service militaire. À partir de 1910, il étudie à la Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université franciscaine de Lwów. Il milite dans les organisations indépendantistes polonaises. Durant la Première Guerre mondiale, il sert comme officier dans l'armée autrichienne. Il est blessé deux fois. En 1916, il est fait prisonnier par les Russes. Il s’évade en 1917 et rejoint l’Organisation militaire polonaise, une organisation clandestine anti-russe. Malade, il est évacué et passant par Mourmansk, puis l’Angleterre, il parvient en France. Là, en 1918, il s’engage dans l’armée de Haller où il va occuper divers postes. En 1919, il retourne dans la Deuxième République de Pologne indépendante. À la tête d’un bataillon, il participe à la guerre polono-bolchévique.

    De 1935 à 1939 : il est chef du département de l’infanterie au sein du ministère des Affaires militaires. 1939 : durant la guerre défensive en Pologne, il commande la 11e Division d'infanterie combattant au sein de l’armée Karpaty. Après la défaite de septembre, il se retrouve dans les Forces armées polonaises de l’Ouest. Il coorganise la 2e Division de chasseurs à pied et est à sa tête lors de l'attaque allemande sur la France en juin 1940. Après les violents combats disputés dans les collines de Clos-du-Doubs en Alsace, au regard des négociations franco-allemandes qui débutent, il donne l'ordre à ses troupes de franchir la frontière suisse. Interné, il va rester en Suisse jusqu'à la fin de la guerre. En 1945, il est l'un des rares officiers supérieurs à rentrer au pays et à servir dans l'armée polonaise, entre autres comme chef du département de la formation au combat au sein du ministère de la Défense Nationale. Parmi ses décorations : Croix d'or de l'ordre militaire de Virtuti Militari, Croix de Commandeur de l'ordre Polonia Restituta, Ordre de la Croix de Grunwald IIIe classe, Médaille commémorative pour la guerre de 1918-1921, Croix de la valeur militaire, Croix d’or du Mérite, Légion d'Honneur et Croix de Guerre (France). Il est mort le 18 février 1948 à Varsovie. Il a été inhumé dans l'Allée des Méritants du cimetière militaire de Powązki à Varsovie. ‹LS›

  • 1 juillet
    01/07/2026

    1839 - Mort en exil à Tobolsk en Sibérie de Seweryn Krzyżanowski, militant patriotique et indépendantiste, soldat de l’armée du duché de Varsovie, participant des guerres napoléoniennes. Il est né le 14 juillet 1787 à Parchamówka en Ukraine. Dans les années 1809-1811, il fait la campagne d’Espagne. En 1812, il prend part à la campagne de Russie. Il participe à la bataille de la Bérézina. En 1813, il défend la forteresse de Spandau à Berlin. Le 12 octobre, il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'Honneur. Il prend part à la bataille de Leipzig. En 1814, il participe aux combats en France.
    Lieutenant-colonel dans l'armée du Royaume de Pologne. Dans les années 1822-1826, dirigeant de la “Société patriotique”, une organisation secrète indépendantiste. En 1824, il représente la partie polonaise à Kiev lors d'une réunion avec les représentants des décembristes. Comme il ne croit pas en la puissance des révolutionnaires russes et en leur programme social, on ne parviendra pas à des résolutions formelles de lutte commune. Après la répression de l’insurrection des décembristes en Russie (1826), avec d'autres membres de la “Société patriotique” il est arrêté et jeté en prison. En juin 1826, suite au verdict de la Cour de la Diète, il est condamné à trois ans et trois mois de prison. Après confirmation de la sentence par le tsar Nicolas Ier il est envoyé à la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. En 1830, il est déporté en Sibérie, où il meurt neuf ans plus tard. ‹LS›

  • 30 juin
    30/06/2026

    1946 - Référendum populaire falsifié par les autorités communistes.

    Dans ce vote, les Polonais devaient se prononcer sur l'existence du Sénat, la consolidation des changements économiques résultant de la réforme agraire et la question des frontières occidentales du pays. Le référendum a été nommé "3 x OUI" à partir des slogans de propagande qui ont encouragé une réponse positive à trois questions.

    1. Es-tu favorable à l'abolition du Sénat ?

    2. Souhaites-tu fixer dans la future Constitution le système économique introduit par la réforme agraire et la nationalisation des branches de base de l'économie nationale, tout en conservant les droits statutaires d'initiative privée ?

    3. Veux-tu consolider les frontières occidentales de l'État polonais sur la Baltique, l’Oder et la Neisse de Lusace ?

    Ce référendum était censé être un test de la popularité des communistes qui dirigeaient le pays et de leurs alliés. Cependant, il deviendra un symbole de manipulation et de falsification des élections dans la Pologne d'après-guerre. Selon les résultats officiels, plus de 90% de la population ont voté "3 x OUI". Ce n'est qu'après 1989 que les données seront publiées, qui montreront que 30 à plus de 70% avaient dit "NON" au référendum.
    Juste avant le vote, le gouvernement d'Edward Osóbka-Morawski avait promis d'améliorer les conditions de vie des agriculteurs. À son tour, Władysław Gomułka, vice-Premier ministre et ministre des Territoires recouvrés, avait prononcé son célèbre discours dans lequel il avait clairement expliqué comment voter. Dans son style typique, il avait fait l'éloge de l’ainsi nommée démocratie populaire.

    L'armée, la milice, l'ORMO (Réserve des volontaires de la milice citoyenne) et l'UB (Bureau de sécurité) ont protégé les urnes contre les attaques de la résistance armée. Il a été signalé qu’environ mille militants de gauche ont été tués au cours des préparatifs du vote. Après le vote, les officiers des services spéciaux soviétiques ont rédigé près de 6000 nouveaux rapports de commissions électorales et falsifié 40000 signatures de leurs membres. ‹LS›