Éphéméride polonaise
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30 avril30/04/2026

1310 – Naissance à Kowal (près de Włocławek) du futur roi de Pologne Kazimierz III Wielki [Casimir III le Grand]. À la fin du règne de son père Władysław I Łokietek [Ladislas I Petite-Coudée], Kazimierz est initié aux secrets de la gouvernance et de la diplomatie. En 1331, il devient gouverneur de Grande-Pologne, Sieradz et Cujavie. Il va participer à la guerre contre les Chevaliers teutoniques. Au décès de son père, il est couronné roi le 25 avril 1333. Il hérite d’un État composé de la Petite-Pologne, de la Grande-Pologne et des fiefs de Sieradz et de Łęczyca dirigés par des proches. Son objectif principal sera d’abord de stabiliser ses relations de voisinage.
Dès 1333, il va conclure un accord de paix avec les margraves de Brandebourg. Deux ans plus tard, la rencontre de Visegrád, aboutit à la conclusion d'une paix durable entre la Bohème, la Hongrie et la Pologne. Kazimierz renonce à la Silésie au profit du roi de Bohème, qui abandonne ses prétentions au trône polonais contre une solide compensation financière. De même, la cession officielle de Gdańsk et de la Poméranie aux Chevaliers teutoniques par le traité de Kalisz en 1343 permet d'obtenir la paix au nord du pays. Comme dans le cas de la Bohème, Kazimierz s’est résigné à entériner la perte de territoires passés depuis de longues années sous le contrôle de puissants voisins. Ces concessions seront compensées par des conquêtes : après s'être affrontés trois ans (1349-1352), Lituaniens et Polonais se partagent la Ruthénie (Rus’) de Halicz. Kazimierz prend aussi le contrôle de plusieurs principautés féodales privées d'héritiers et renforce son autorité sur les autres vassaux. Cette expansion vers l'Est a eu une conséquence religieuse non négligeable : le Royaume de Pologne incluait désormais une solide minorité orthodoxe. Une autre décision de Kazimierz contribua à renforcer ce visage multireligieux qui allait être celui de la Pologne pendant plusieurs siècles : un an à peine après son accession au trône, il étendit à toute la Pologne le privilège d'immunité que le duc de Grande-Pologne Bolesław Pobożny [Boleslas le Pieux] avait accordé en 1264 aux Juifs pourchassés dans plusieurs pays d’Europe.
La paix intérieure, symbolisée par les importants travaux de fortification entrepris aux frontières, permet à Kazimierz de mettre en place de profondes réformes. Celles-ci s'appuient sur une conjoncture très favorable : la Pologne est ainsi épargnée par la peste noire qui ravage la majeure partie de l'Europe. Deux réformes auront une portée essentielle : un important travail de codification juridique aboutit à la promulgation des statuts de Kazimierz (1344-1360) qui fixent le droit coutumier en Grande et Petite-Pologne, tout en introduisant certaines innovations. Ils ferment aussi l'accès à la noblesse. En créant un trésor alimenté par les revenus des mines de sel, les douanes, les impôts fonciers et les revenus des domaines royaux, Kazimierz donne au souverain une indépendance financière et politique à l'égard des grands seigneurs. On se souvient également de Kazimierz pour avoir accordé le privilège de fondation de l'Académie de Cracovie le 12 mai 1364. La première tâche de la première université polonaise sera de former des juristes.
Le nouveau rang de la Pologne, véritable puissance régionale, fut symbolisé par le Congrès des trois rois à Cracovie (1364) : le roi de Pologne servit alors d'intermédiaire entre les rois de Bohème et de Hongrie. Cette coopération s'avéra d'autant plus cruciale que ces trois royaumes durent faire face, dans les années suivantes, à des dilemmes dynastiques.
Kazimierz est décédé à Cracovie le 5 novembre 1370 des suites de complications après un accident de chasse. Il a été inhumé dans la cathédrale du Wawel. Il a laissé derrière lui un État aux assises solides… à un détail près, essentiel dans une monarchie : marié quatre fois, il n'avait pas d'héritier mâle. Même si, par ailleurs, il aura eu de nombreux enfants de relations extraconjugales. Il aura donc été le dernier monarque de la dynastie Piast à occuper le trône de Pologne. Au terme de son règne, la Pologne a vu son territoire plus que doubler et acquérir une véritable importance sur la scène européenne. Ce fut le seul roi de Pologne à porter le titre de “Grand”. Un adage polonais dit que Kazimierz zastał Polskę drewnianą, a zostawił murowaną - avait hérité d'une “Pologne en bois” et qu'il avait laissé une “Pologne en pierre” à ses successeurs. C'est dire l'importance de son règne…
C’est Ludwik Węgierski [Louis Ier de Hongrie], son neveu, qui va lui succéder sur le trône. ‹LS›
29 avril29/04/2026
1919 - La Diète adopte la loi instituant la fête nationale du 3 mai, jour anniversaire de la Constitution du 3 mai 1791 de la République des Deux Nations. Après la Seconde Guerre mondiale, elle sera célébrée jusqu'en 1946, quand dans de nombreuses villes auront lieu des manifestations estudiantines. À partir de ce temps-là, les autorités communistes vont cesser et interdire la célébration publique, et les tentatives de manifestations seront souvent réprimées par la police. Cette fête sera officiellement abolie par la loi du 18 janvier 1951 sur les jours fériés. La Fête nationale du 3 Mai sera restaurée au calendrier des fêtes nationales par la loi du 6 avril 1990 (entrée en vigueur le 28 avril). Les premières célébrations solennelles du 3 mai sur la place du Château à Varsovie en 1990 se dérouleront en présence du président Wojciech Jaruzelski. Le 3 mai en Pologne est redevenu un jour férié. ‹LS›

