Éphéméride polonaise

  • 14 avril
    14/04/2026

    1917 - Décès à Varsovie du professeur Ludwik Zamenhof, médecin, créateur de la langue construite internationale espéranto. Il est né dans une famille juive le 15 décembre 1859, à Białystok, alors sur le territoire de l'Empire russe, c’est pourquoi le petit Ludwik grandira dans une atmosphère multinationale, composée de Juifs, de Polonais, de Russes et d’Allemands. Déjà à l'âge de neuf ans, il écrit sa première œuvre. C’est une pièce intitulée “La Tour de Babel”, dont l’archétype est l’hôtel de ville de Białystok et le bazar qui l’entoure, là où le jeune Zamenhof et ses frères passent leur enfance. L’auteur de cette œuvre affirme que la base des conflits et des malentendus entre les gens est la barrière de la langue. La solution à ce problème doit donc être une langue commune pour tous. En 1873, la famille Zamenhof quitte Białystok et déménage à Varsovie. Après avoir terminé son école secondaire, Ludwik part, suivant la volonté de son père, étudier de 1879 à 1881 la médecine à Moscou, n’abandonnant cependant pas la passion de toute sa vie. Mais il devra retourner en Pologne parce qu’après l'assassinat du tsar Alexandre II, les sentiments antisémites avaient augmenté en Russie. Il retourne donc à Varsovie où il va poursuivre ses études jusqu'en 1885. Un an plus tard, il s'installe à Vienne où il se spécialisera en ophtalmologie. Après ses études, il retourne à Varsovie où il travaille comme ophtalmologiste, mais sa passion pour les langues est toujours présente. Il commence donc à travailler sur la langue qui est censé être au-dessus des divisions. En 1887, il trouve un éditeur pour publier un livre en russe sous le titre de “Lingvo Internacia” (langue internationale). Il va trouver dans son épouse Klara et dans le père de celle-ci les partisans les plus chauds pour son travail sur la langue internationale. Malheureusement, en plus de travailler sur cette langue internationale, Ludwik doit gagner sa vie pour subvenir aux besoins de sa famille. Il est toujours ophtalmologiste. Tenté par un bon travail, ce qui malheureusement s’avèrera être une grosse erreur, il part au fin fond de la Russie, à Kherson. Il s’ennuie de sa femme et de son fils. Il retourne alors à Varsovie, mais encore une fois la situation financière oblige la famille Zamenhof au départ, cette fois pour Grodno. Lui viendra en aide, comme d'habitude, le père de Klara - Alexander Silbernik, un riche marchand de Kaunas. Ludwik et sa famille peuvent finalement revenir à Varsovie où il va ouvrir un cabinet privé. Durant toutes ces années de difficultés financières et d’errance, il n’a pas interrompu son travail sur la langue espéranto, alors maintenant que sa vie s'est stabilisée, il pourra se consacrer entièrement à la passion de sa vie. L’année 1889 est extrêmement importante pour la propagation de la lingvo internacia, appelée espéranto, parce que commence à paraître la première revue “La Esperantisto” à Nuremberg. Sont également créés les premiers clubs des adeptes de l'espéranto. Enfin arrive le succès - en 1905 à Boulogne-sur-Mer en France a lieu le premier Congrès mondial d’espéranto. Paris accueille le Dr Esperanto avec la Tour Eiffel illuminée en son honneur. Ludwik Zamenhof est également décoré de l'ordre de la Légion d'honneur. Les congrès mondiaux suivants vont renforcer et diffuser l'espéranto dans le monde entier. En 1908, est fondée l'Association mondiale d'espéranto (Universala Esperanto-Asocio). Il semble alors que l'idée de l'espéranto relie les gens de différents pays et continents, et que le rêve de Ludwik Zamenhof, né autour de l’hôtel de ville de Białystok, est enfin devenu réalité. En 1913, Zamenhof est proposé pour le prix Nobel. Après sa mort, il sera enterré dans le cimetière juif de la rue Okopowa à Varsovie. Partout dans le monde il y a des centaines d'endroits (rues, places, etc.), portant le nom de Zamenhof et d’espéranto - et aussi deux astéroïdes entre Mars et Jupiter. ‹LS›

  • 13 avril
    13/04/2026

    1893 - Naissance à Baranowicze en Biélorussie de Maja (en fait Maria) Berezowska (selon d’autres données, elle serait née en 1898), peintre, illustratrice, caricaturiste et scénographe polonaise. Elle étudie dans une école d'art plastique privée à Saint-Pétersbourg (1908-1909) et dans des écoles d'arts plastiques à Cracovie (1910-1912) et à Munich (1913). Dans les années vingt de l’entre-deux-guerres, elle acquiert la renommée comme auteur de gravures, et avant tout pour ses illustrations dans divers journaux (Cyrulik Warszawski, Szpilki). 1933-1936 : elle séjourne à Paris, où elle va rencontrer le succès en tant que dessinatrice et caricaturiste dans la presse : Le Figaro, Le Rire, Ici Paris (dans lequel elle va s’illustrer en tant qu’auteur d’un cycle de caricatures du chancelier allemand Adolf Hitler “Les liaisons amoureuses du doux Adolf” publiées en 1935 ; ces dessins susciteront les protestations de l'ambassade d'Allemagne à Paris). En 1939, elle travaille de façon sporadique avec des théâtres, le plus souvent en concevant des costumes pour les étoiles des revues et des cabarets. Elle conçoit également les costumes pour le cabaret Le Coucou rose à Poznań (1931-1932), la scénographie pour le programme Mira et la satire du Cabaret varsovien Théâtre aux 13 rangs (1936-1937). Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle sera emprisonnée au Pawiak, et à partir de 1942 dans le camp de concentration allemand de Ravensbrück, où elle va continuer à s’intéresser à la créativité artistique, entre autres en concevant des poupées pour la crèche de Noël exposée dans le camp. Emmenée par la Croix-Rouge à Stockholm, elle va exposer en Suède et au Danemark ; en 1946, elle retourne à Varsovie où, en plus de sa coopération avec des magazines (Teatr, Przekrój, Szpilki), elle va s’occuper plus souvent de la conception de scénographies pour les théâtres. Auteur d'illustrations pour les œuvres de la littérature mondiale et polonaise, ainsi que de nombreuses scénographies pour des spectacles : La Vengeance d’Aleksander Fredro au Teatr Polski de Poznań (1959), Verbum Nobile de Stanisław Moniuszko à l’Opera Objazdowa (1965), La veuve Jadzia de Ryszard Ruszkowski au théâtre Komedia à Varsovie (1967), Les dames et les hussards de Fredro au Teatr Ziemi Łódzkiej (1976). Dans les années 1964-1977, elle conçoit de nombreux costumes pour de célèbres contes : Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, La Belle au bois dormant, à l’affiche dans toute la Pologne. Elle va également esquisser quelques programmes théâtraux. Après la guerre, des dizaines d'expositions auront lieu en Pologne présentant ses peintures, ses costumes et ses décors, ses dessins. Elle est décédée le 31 mai 1978 à Varsovie et a été inhumée au cimetière militaire de Powązki. ‹LS›