Éphéméride polonaise

  • 4 juin
    04/06/2026

    1917 - Le président français Raymond Poincaré publie le décret sur la création d’une armée polonaise en France. Jusqu'en 1917, malgré les efforts des milieux indépendantistes polonais, l’initiative de création d’une armée polonaise à l’Ouest avait cependant rencontré des difficultés. En France, on tenait compte de la position négative de la Russie. Les États-Unis, en tant que pays neutre, ne voulaient s'engager dans aucune initiative de recrutement. La situation a changé au printemps de 1917 : après la révolution de Février en Russie, les pays de l'Entente avaient les mains libres. En juin de cette année-là, est créée la Mission militaire franco-polonaise qui doit veiller au bon processus d’organisation de l'armée. L'effet immédiat du décret sur la création de l'armée sera la formation à Lausanne le 15 août 1917 du Comité national polonais (KNP) qui, une semaine plus tard, va déménager son siège à Paris. Dirigé par Roman Dmowski, le KNP va exercer la souveraineté politique sur l'organisation de l’armée. L’armée polonaise en France devait être sous l’autorité du commandement français (comme partie structurelle de l'armée française) mais elle possédera, entre autres, son propre étendard. Le gouvernement français est responsable de l’équipement et de l’armement de cette armée. Son premier commandant sera le général Archinard. L'action de recrutement est basée sur l'émigration polonaise en France, aux États-Unis, au Brésil et sur les prisonniers polonais des armées autrichiennes et allemandes. Le 4 octobre 1918, le général Józef Haller se retrouve à la tête de l'armée. Seul, le 1er régiment participera aux combats pendant la Première Guerre mondiale, livrant bataille à Reims et à Saint-Hilaire-le-Grand. Au milieu de l’année 1919, l’Armée Haller forte de 70 000 hommes - appelée à cause de la couleur de ses uniformes, l’Armée bleue - retournera en Pologne où elle va jouer un rôle important sur les fronts de la guerre polono-ukrainienne et polono-bolchevique. La dissolution de cette armée aura lieu le 1er septembre 1919. Ce jour-là, les soldats de l’armée Haller seront incorporés dans les structures de l'armée polonaise renaissante. ‹LS›

  • 3 juin
    03/06/2026

    1968 - Naissance à Niwki près d’Opole de Joachim Halupczok, coureur cycliste, champion du monde sur route en individuel et médaillé d'argent olympique par équipe. Il est initialement formé dans le club LKS Ziemia Opolska. En tant que junior, il n’a pas d'égal dans le pays, remportant en 1987 les titres de champion de Pologne sur route, sur piste et en cyclo-cross. Déjà en 1988, il est appelé dans l’équipe nationale de Pologne et avec elle il prend part aux Jeux olympiques à Séoul. Là, il va remporter la médaille d'argent du contre la montre par équipe sur 100 km en compagnie de Marek Leśniewski, Andrzej Sypytkowski et Zenon Jaskuła. Un an plus tard, il remporte succès sur succès. Le couronnement de cette brillante saison, ce seront les championnats du monde à Chambéry (France). Halupczok remporte d’abord avec ses coéquipiers la médaille d'argent par équipe et trois jours plus tard (le 26 août), avec une énorme avance sur ses rivaux, il gagne la course individuelle dans le style des plus grands champions. Ce succès va lui apporter la victoire dans le plébiscite du “Przegląd Sportowy” pour le meilleur sportif polonais de l’année 1989. Il aura également été quatre fois champion de Pologne. En 1990, il va signer un contrat professionnel et prendra part aux championnats du monde à Utsunomiya (Japon). En automne de cette année-là, apparaîtront des problèmes de santé (arythmie cardiaque), qui l’amèneront à devoir renoncer au sport. Au début de 1992, ses problèmes de santé vont en partie régresser et le coureur est autorisé à revenir dans le peloton. Il participe à la Vuelta espagnole et au Midi Libre, mais des tests réalisés à la fin de la saison vont de nouveau montrer que son arythmie s’est aggravée. Cette fois, le diagnostic et la décision sont alors clairs : c’est fini avec le vélo et la course. Halupczok ne saura pas rester complètement inactif. Il jouera (comme gardien) amicalement au football (en salle). Le 5 février 1994, il va s’effondrer pendant l’échauffement lors d'un tournoi à Opole. Il mourra dans l'ambulance sans recouvrer conscience. Il a été inhumé dans le cimetière d’Osowiec Śląski. À partir de 1994, la plus forte prime de montagne du Tour de Pologne est dédiée à la mémoire de “Achim”. ‹LS›

    Sur le podium, en 1989, Joachim Halupczok entouré par les deux Français Éric Pichon et Christophe Manin

  • 2 juin
    02/06/2026

    1979 - Début du premier pèlerinage du pape Jean-Paul II en Pologne. Il se déroulera du 2 au 10 juin sous la devise de Gaude Mater Polonia (Réjouis-toi, Mère Pologne).

    Ce pèlerinage en Pologne planifié par le pape polonais a beaucoup inquiété les autorités communistes. Il était prévu que l'évêque rebelle de Rome pourrait réveiller les aspirations des Polonais à la liberté. Celui qui s'inquiétait le plus, ce fut Leonid Brejnev, le dirigeant de l'Union soviétique, qui a suggéré de ne pas autoriser le pape à entrer en Pologne. Mais Edward Gierek - en fin de compte - a eu les mains libres dans cette affaire. Les autorités ont mobilisé des milliers d'officiers de la MO (Milicja Obywatelska - milice citoyenne, nom officiel de la police à l’époque), toutes les structures de la SB (Służba Bezpieczeństwa - Service de sécurité) au siège et au niveau des voïvodies ; les congés de leurs fonctionnaires furent suspendus et, en même temps, furent activés des centaines de collaborateurs secrets actifs et dormants, destinés à pénétrer les milieux de l’Église et de l’opposition.

    Le pape visitera tour à tour : Varsovie, Gniezno, Częstochowa, Cracovie, Kalwaria Zebrzydowska, Wadowice, Oświęcim et Nowy Targ. À Varsovie, seront prononcés ces mots qui plus tard deviendront célèbres : “J'appelle, moi, fils de la terre polonaise, et en même temps moi, Jean-Paul II, pape. J'appelle du plus profond de ce Millénaire, j'appelle à la veille de la fête de la Pentecôte, j'appelle avec vous tous : Que descende Ton Esprit ! Que descende Ton Esprit et qu’il renouvelle la face de la terre. De cette terre !”

    Les Polonais conviennent aujourd'hui que la visite de Jean-Paul II en Pologne en juin 1979 a été le fondement de tous les changements politiques ultérieurs qui auront eu lieu dans les années 1980 et a contribué à la création du mouvement Solidarność aux 10 millions de membres, au retour à la liberté et à l'indépendance de la Pologne et des pays de l'ensemble du bloc soviétique. ‹LS›

    https://www.facebook.com/watch/?v=304076313934004