Éphéméride polonaise
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11 février11/02/2026

1841 - Naissance à Szczebrzeszyn de Józef Brandt, peintre, un des plus grands peintres de scènes de batailles polonais. En 1859, il part étudier à l'École des Ponts et Chaussées à Paris, en vue de devenir ingénieur. Il y fait la rencontre du peintre Juliusz Kossak et, sous l’influence de celui-ci, il va prendre la décision de choisir une carrière artistique. À l'automne de 1860, il retourne à Varsovie et bientôt entreprend avec Kossak un voyage en Ukraine et en Podolie. Ce premier contact avec la nature et le mode de vie des gens de là-bas aura une influence décisive pour déterminer fondamentalement ses intérêts thématiques. Il fait ses débuts en 1861 à l'exposition de la Société d'encouragement aux beaux-arts. En 1862, il part étudier à Munich où à partir de mai 1863, il travaille dans l’atelier privé d'Adam Franz, un éminent peintre de batailles, qui va avoir une très grande influence sur le développement de son talent. Arrivent alors ses premiers succès picturaux. Son tableau Chodkiewicz à la bataille de Chocim, présenté à l'Exposition universelle de Paris en 1867, suscite un intérêt considérable auprès des critiques et du public français et récolte également des critiques favorables dans la presse allemande. Par contre, sa composition Retour de Vienne - le campement sera achetée en 1869 pour la collection de l'empereur François-Joseph d'Autriche. La reconnaissance par la critique et le succès auprès des collectionneurs allemands vont amener Brandt à s’installer définitivement à Munich. En 1870, il y fonde un atelier indépendant et devient rapidement le leader de la colonie locale d'artistes polonais et le maître de nombreux peintres. Après 1877, il passera les mois d’été à Orońsko près de Radom, village appartenant à son épouse, invitant le cercle de ses étudiants à venir peindre en plein air. Dans les années 70 et 80 du XIXe siècle seront créées les plus grandes œuvres de Brandt, l'artiste étant au sommet de sa gloire, et ses succès financiers resteront sans précédent parmi les artistes polonais vivant à l'étranger. En 1873, après la présentation de La bataille de Vienne à l'Exposition universelle de Vienne, il reçoit l'Ordre de François-Joseph ; en 1875, il est nommé membre de l'Académie des arts de Berlin ; en 1878, il est nommé professeur honoraire et membre de l'Académie de Bavière ; et en 1881, il reçoit la Croix de Chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Le couronnement de sa carrière munichoise sera, décerné en 1892, l'Ordre du mérite de la Couronne bavaroise, qui lui donnera un titre de noblesse du Royaume de Bavière et le titre prestigieux de Ritter (chevalier). En 1890, il devient membre du jury de l'Exposition universelle. Pour son tableau Chant de victoire, il obtient la grande médaille d'or lors de l’exposition de Berlin en 1891, ainsi que l'Ordre d'Isabelle la Catholique lors de l’exposition de Madrid en 1893. En 1898, il est décoré de l'Ordre bavarois de Maximilien ; en 1900, il est élu membre honoraire de l'Académie des beaux-arts de Prague. Bien qu’il ait atteint une position significative sur le marché international de l'art, tout au long de sa vie il enverra ses œuvres dans des expositions organisées en Pologne, principalement à la Société d'encouragement aux beaux-arts de Varsovie, dont il fut membre dès 1874, et à la Société des amis des beaux-arts de Cracovie. Józef Brandt est mort le 12 juin 1915 à Radom. ‹LS›


La bataille de Chocim - 1867
Départ de Wilanów de Jean III Sobieski - 1897
10 février10/02/2026
1940 - Première déportation massive de population polonaise au fin fond de l'Union soviétique : elle concerne environ 140 000 Polonais. La décision de la déportation avait été prononcée le 5 décembre 1939 par le Conseil des commissaires du peuple. Durant les deux mois qui ont suivi, ont été poursuivis les préparatifs pour la mener à bien, au cours desquels ont été dressées des listes et menées des “reconnaissances sur le terrain”. Sont principalement déportés des colons militaires, des petits et moyens fonctionnaires d’État et des employés des services forestiers et des chemins de fer polonais. Des familles entières sont emmenées sans exception. Le processus est supervisé personnellement par Vsevolod Merkulov - adjoint au chef du NKVD Lavrenti Beria. Les Polonais constituent dans ce contingent environ 80% de tous les déportés, les 20% restants étant constitués de Biélorusses et d’Ukrainiens. La déportation supervisée par le NKVD a lieu dans des conditions terribles qui seront pour beaucoup une condamnation à mort. Pendant sa réalisation, la température atteint jusqu'à moins 40° C. On donne aux déportés quelques dizaines de minutes pour empaqueter leurs bagages. Les déportés seront transportés dans des wagons de marchandises avec des barreaux aux fenêtres - 50 personnes, et parfois plus, par wagon. Le voyage jusqu’au lieu de l’exil durera parfois pendant plusieurs semaines. Les conditions régnant durant le transport seront effrayantes, des gens mourront de froid, de faim et d'épuisement. Après avoir atteint l'endroit de l'exil, un travail d’esclave, la pauvreté, la maladie et la faim attendent les déportés. Ils seront déployés dans la République socialiste soviétique autonome des Komis, dans les oblasts du Nord de la République socialiste fédérative soviétique de Russie : Arkhangelsk, Tcheliabinsk, Tchkalovsk, Gorki, Irkoutsk, Ivanovo, Iaroslavl, Kirov, Molotov, Novossibirsk, Omsk, Sverdlovsk et Vologda, dans les RSSA iacoute et bachkire ainsi que dans le kraï de Krasnoïarsk et celui de l'Altaï. Le contingent de déportés a été qualifié de “colons-déplacés spéciaux”. Les très mauvaises conditions météorologiques, le travail éreintant à l’abattage des forêts et le règlement au caractère et à la discipline presque identiques à ceux d’un camp de travail auxquels va se trouver confrontée la population des expulsés, fera que la mortalité au sein de ce contingent sera des plus élevées et atteindra déjà dans les premiers mois de l'exil un taux de 3-4%. Les déportations suivantes de citoyens polonais seront effectuées en avril et juin 1940. La dernière commencera à la veille de la guerre germano-soviétique fin mai 1941. Au total, selon le NKVD, en quatre expulsions auront été exilées 330-340 000 personnes. Le but de ces déportations était l'extermination des élites et de toute conscience nationale de la population polonaise en général, brisant ainsi la structure sociale, tout en fournissant de la main-d'œuvre à l'empire totalitaire soviétique. ‹LS›
*Une partie des déportés vers l'Est sortiront des camps de travail grâce à la formation sur le territoire de l’URSS de l'armée du général Władysław Anders constituée après la conclusion de l'accord Sikorski-Maysky du 30 juillet 1941.
Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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