Éphéméride polonaise
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2 février02/02/2026

1944 - Le 2 février, les villages de Szczecyn, Wólka Szczecka, Karasiówka, Borów, Łążek Zaklikowski et Chwałowski sont encerclés et détruits par environ 3000 soldats comprenant des unités allemandes de la SS, de la Wehrmacht, de la gendarmerie et des unités auxiliaires ukrainiennes. La veille, un repérage de la zone avait été effectué par l’aviation.
*Durant l'occupation allemande de la Pologne de 1939 à 1945, la pacification du village de Szczecyn a fait partie des représailles nazies dans la région des forêts de Janów (voïvodie de Lublin), ciblant les villages polonais soupçonnés de soutenir les activités partisanes de groupes tels que les NSZ (Narodowe Siły Zbrojne/Forces armées nationales). Ces représailles visaient à terroriser les civils et à réprimer la résistance par le biais de punitions collectives. Szczecyn était identifié comme une plaque tournante de la collaboration locale avec les forces clandestines.
L'opération, qui se prolongera le lendemain, débute à Szczecyn par des tirs d'artillerie et de mitrailleuses vers 7h-8h du matin. Les maisons sont incendiées avant que les troupes ne pénètrent méthodiquement dans chaque maison, exécutant les habitants sans distinction d'âge ou de sexe. La plus jeune victime sera un nourrisson âgé de trois mois.
Les survivants sont fusillés sur place, jetés vivants dans les bâtiments ravagés par les flammes ou tués à coups de baïonnettes. Un groupe de garçons plus âgés est rassemblé à la sortie du village, reçoit l'ordre de courir vers la forêt et est mitraillé. Des habitants vont tenter de s’évader et de se cacher dans les marécages. Peu vont réussir, la zone étant encerclée par les troupes. Le même sort va être réservé aux villages environnants.
Les quelques femmes et enfants qui ont échappé au massacre seront envoyés au travail forcé en Allemagne. Quant aux hommes, ils seront emprisonnés, torturés et exécutés par un tribunal spécial quelque temps plus tard.
Cette opération fut probablement l’action de pacification la plus brutale menée par les Allemands dans les zones rurales de la Pologne occupée. Le nombre total de morts dans les six villages dépasserait 1200. Certains historiens estiment qu'il s'agit de la plus grande pacification de population rurale en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.
Après la guerre, aucun participant au massacre ne sera condamné.
Chaque année, les habitants des villages organisent des cérémonies pour commémorer ce que les Allemands ont appelé “Massaker von Borów”. ‹LS›

Mur du souvenir à Borów
1 février01/02/2026
1888 - Naissance à Tarnopol de Franciszek Kleeberg, général de brigade de l’Armée polonaise. Initialement (1906-1915) dans l'armée autrichienne où il ne termine pas l’École d’état-major général à Vienne en raison du déclenchement de la Première Guerre mondiale. En mai 1915, il obtient la permission de rejoindre les Légions polonaises. Suite à sa demande de changer sa nationalité autrichienne en polonaise, en juin 1918 il est disciplinairement transféré dans l'armée austro-hongroise sur le front italien. À partir du 18 novembre 1918 dans l'armée polonaise, il va occuper un certain nombre de postes importants, entre autres, commandant de différentes divisions et de districts militaires. En 1919-1920, il participe à la guerre polono-bolchevique. De juin 1924 à octobre 1925, il séjourne en France où il étudie à l’École Supérieure de Guerre et au Centre de formation d'infanterie à Versailles ainsi qu’au Centre de formation d’artillerie à Metz. Après son retour au pays, il devient directeur en second de l’instruction à l'École supérieure de guerre de Varsovie. En 1927, il reprend du service actif, prenant le commandement de la 29e Division d'infanterie stationnée à Grodno. Le 1er janvier 1928, il est promu général de brigade. Le 9 septembre 1939, il procède à l'organisation des sections de combat des centres de réserve qui lui sont subordonnés. Dans la correspondance officielle, il continue à être présenté comme commandant de circonscription du Corps n° IX à Brest. Le 27 septembre, il ordonne la réorganisation des troupes sous ses ordres et établit à Włodawa des autorités administratives civiles. À partir de ce jour, il agira en tant que commandant du Groupe opérationnel indépendant “Polésie”. Du 14 au 16 septembre, il commande la défense de la forteresse de Brest. Les 17 et 18 septembre, il combat à Kobryń. Ensuite, se portant au secours de Varsovie, il mène plusieurs batailles contre l'Armée rouge et les troupes allemandes. Du 2 au 5 octobre à Kock, il commande l'armée polonaise dans ce qui sera la dernière grande bataille de la campagne de septembre. Le 6 octobre, malgré sa victoire, manquant de munitions, il va donner l'ordre de reddition. Après la bataille, il sera fait prisonnier par les Allemands. Il va séjourner à l'Oflag IVB dans la forteresse de Königstein près de Dresde. Il ne passera qu’un an et demi en captivité puisqu’il tombera gravement malade du cœur. Il mourra le 5 avril 1941 à l’hôpital militaire de Weisser Hirsch près de Dresde. Il sera enterré dans le cimetière de Neustadt. Le président de la République de Pologne en exil va le nommer à titre posthume au grade de général de division à compter du 1er janvier 1943. En 1969, les cendres du général Franciszek Kleeberg seront transférées en Pologne et enterrées dans le cimetière militaire de Kock au milieu des soldats tués du groupe opérationnel indépendant “Polésie” qu’il avait commandé. Parmi ses décorations : Croix de Commandeur de l’ordre militaire de Virtuti Militari ; Grand-croix de l'ordre Polonia Restituta (à titre posthume) ; Croix de la Valeur militaire ; Croix d'or du Mérite ; Croix de Commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur (France). ‹LS›
Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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