Éphéméride polonaise

  • 29 mars
    29/03/2026

    1937 - Décès à Lausanne de Karol Szymanowski, compositeur, pianiste et critique musical. Il est né le 3 octobre 1882 à Tymoszówka, village aujourd’hui au centre de l'Ukraine. Il venait d'une famille aux traditions nobles. Il a commencé à étudier la musique avec son père, a continué avec un professeur de musique local, et plus tard l’étudiera à Varsovie. En 1905, en compagnie de Witkacy, il effectue son premier voyage en Italie. La même année, avec trois autres compositeurs polonais - Ludomir Różycki, Apolinary Szeluto et Grzegorz Fitelberg - il fonde à Berlin le Groupe des jeunes compositeurs polonais sous le patronage de Władysław Lubomirski, visant à promouvoir la création des compositeurs polonais contemporains et qui sera peu après connu comme le mouvement “Jeune Pologne”. Dans les années 1906-1907, Szymanowski va se rendre à plusieurs reprises à Berlin et à Leipzig et en 1908, faire un autre voyage en Italie. En 1912, il s’installe à Vienne. Il prend alors contact avec la maison d’édition musicale Universal Edition, avec laquelle il signe un contrat de 10 ans. En 1914, il fait un nouveau voyage en Italie, ainsi qu’en Sicile, en Afrique du Nord, à Paris et à Londres, et puis en 1915 et 1916, il se rend à Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg. En 1917, suite à la Révolution bolchevique d’octobre, le compositeur quitte Tymoszówka pour toujours. Il déménage à Elisavetgrad et en 1919, s’installe à Varsovie. En 1921, avec Paweł Kochański et Artur Rubinstein, il part pour les États-Unis. En mai 1922 a lieu à Paris son concert comme compositeur qui s’achève par un grand succès. En août 1922, il revient pour la première fois après la Première Guerre mondiale à Zakopane, où il va désormais séjourner régulièrement. Ses intérêts artistiques se concentreront de plus en plus sur la musique folklorique polonaise, en particulier celle du Podhale et de Kurpie. Dans les années 1927-1929, il est recteur du Conservatoire de musique de Varsovie. En 1929, il suit un traitement dans un sanatorium en Autriche, et ensuite en Suisse. Dans les années 1930-1932, il est recteur de l'École Supérieure de musique de Varsovie. À partir de 1930, il va s’installer à Zakopane, dans la villa “Atma”. En 1933-1936, il donne des concerts de ses propres œuvres en France, Belgique, Hollande, Angleterre, Italie, Yougoslavie, Bulgarie, Allemagne, Suède, au Danemark, en Norvège et en Union soviétique. En 1935, aura lieu l’unique rencontre entre les deux plus grands compositeurs polonais du XXe siècle - Karol Szymanowski et Witold Lutosławski. En novembre 1935, Szymanowski quitte “Atma” pour toujours. En 1936, il va séjourner à plusieurs reprises dans un sanatorium à Grasse, en France. En mars 1937, il arrive dans un sanatorium à Lausanne, où il va décéder. Il a été inhumé dans la crypte des Méritants de l’église Skałka à Cracovie. Son cœur brûlera en 1944, lors de l'Insurrection de Varsovie, dans la chapelle des sœurs du Sacré-Cœur de Jésus de l'église de la Sainte-Croix. À Zakopane, la villa “Atma” est aujourd’hui devenue un musée dédié à l'artiste.

    Szymanowski a été décoré plusieurs fois : Commandeur de l’ordre de la Couronne de l'Italie, Insigne d’honneur de la Regia Accademia di Santa Cecilia à Rome, Croix de Commandeur de l'ordre Polonia Restituta, Laurier académique d'or de l'Académie polonaise de littérature. Il a également reçu le titre de docteur honoris causa de l'Université Jagellonne et celui de membre d'honneur de la Česká akademie věd a umění, du Conservatoire de musique de Lettonie à Riga, de l'Académie Royale de musique de Belgrade, de la Société internationale pour la musique contemporaine. En 1935, il a reçu le prix national de la musique.

    Sa création est divisée par les musicologues en trois périodes. La première (jusqu’en 1914) - période post-romantique - est caractérisée par l'influence de Richard Strauss et d’Alexandre Scriabine, avec ses Chants d’amour de Hafiz et son opéra Hagith. La seconde période (1914-1922) - la plus prolifique du compositeur - est marquée par des influences de la musique d'Orient (Chants du muezzin passionné), ainsi que par les œuvres de Debussy et de Ravel (Mythes pour violon et piano) et voit la naissance de son plus célèbre opéra “Le roi Roger”. Les années 1922-1937 - c’est la période de retour à la musique de ses origines - durant lesquelles il va trouver son inspiration dans la musique des régions de Kurpie et du Podhale (mazurkas pour piano, ballet Harnasie, Symphonie n° 4 Concertante), ainsi que dans la musique de la Renaissance polonaise (Stabat Mater).

    Considéré comme le père de la musique polonaise du XXe siècle, Szymanowski est considéré à côté de Frédéric Chopin comme le plus grand compositeur polonais. Sa musique, oubliée après la Seconde Guerre mondiale, revient maintenant au répertoire mondial, en étant joué et enregistré par les meilleurs artistes. ‹LS›

    9 Preludes, Op. 1 - No. 1 in B Minor. Andante ma non troppo (interprétation : Krystian Zimerman, 2022)

  • 28 mars
    28/03/2026

    1940 - Arrestation par la Gestapo à Varsovie de Janusz Kusociński, athlète, coureur de demi-fond. Il est né le 15 janvier 1907 à Varsovie. Il passe son baccalauréat en candidat libre et obtient son diplôme en 1937. En 1938, il est diplômé de l’Institut central d’éducation physique à Varsovie. À la fin de ses études, il travaille comme professeur d'éducation physique, entraîneur, journaliste. Il est rédacteur en chef du “Kurier Sportowy” (Courrier sportif).

    Il pratiqua d'abord le football. Finalement, il se lie avec le club sportif travailliste Sarmata. Là, il commence à courir en 1926. Sa grande carrière va commencer après son passage au club Warszawianka (1928-1939). En 1928, il devient champion de Pologne. Précurseur de la méthode d’entraînement par intervalles en Pologne. Il va se former sous la direction de l’entraîneur estonien Aleksander Klumberg, et ensuite seul. Il va briser l'hégémonie des coureurs de longue distance finlandais. Une blessure survenue en 1933 ne lui permettra pas de remporter d’encore plus grands succès. Il sera un athlète actif jusqu'au déclenchement de la guerre. Soldat lors de la campagne de Pologne en 1939. Blessé deux fois. Il a été décoré de la Croix de la bravoure. Pendant l'occupation, il s’engage dans des activités clandestines. Après son arrestation, il sera emprisonné dans les prisons de l’avenue Szucha et du Pawiak. Il sera fusillé au cours d'une exécution de masse à Palmiry, près de Varsovie, le 21 juin 1940. Depuis 1954, en mémoire du premier médaillé d'or olympique polonais, a lieu chaque année une compétition internationale d'athlétisme, le Mémorial Janusz Kusociński. Depuis 1975, est décerné le prix Kusociński pour résultats sportifs et professionnels exceptionnels et pour activités sociales (le premier lauréat fut le sauteur à ski Stanisław Marusarz). De nombreuses écoles, des rues et des installations sportives portent le nom de ce grand sportif, soldat et patriote. En 2009, “pour sa contribution exceptionnelle à l'indépendance de la République de Pologne, pour ses résultats sportifs dans le domaine de l'athlétisme” lui a été décernée à titre posthume la Croix de Commandeur avec étoile de l'ordre Polonia Restituta.

    “Ostatnie okrążenie” (Le dernier tour), un film sorti en 1977 raconte le destin durant la guerre de Janusz Kusociński. Ses principaux résultats : champion olympique au 10 km de Los Angeles en 1932, détenteur des records du monde des 3 km et 4 miles en 1932, médaillé d'argent aux Championnats d'Europe de Turin (1934) au 5000 m, 16 fois représentant de la Pologne dans des rencontres internationales, 10 fois champion de Pologne sur les distances allant de 800 m à 10 km et en cross-country, 25 records de Pologne sur différentes distances. ‹LS›