Éphéméride polonaise

  • 19 février
    19/02/2026

    1812 - Naissance à Paris de Zygmunt Krasiński, poète, dramaturge et prosateur. Au XIXe siècle, avec Juliusz Słowacki et Adam Mickiewicz, il a fait partie de la triade des «bardes» polonais. Il était descendant d'une famille de magnats. Il a fait ses études à domicile chez lui à Varsovie et à Opinogóra, puis au lycée de Varsovie. Il interrompit ses études à la faculté de droit de l'Université royale de Varsovie en 1829 car son père l'envoya en Suisse pour avoir participé à une manifestation patriotique. Là-bas, il se familiarisera avec la littérature et la pensée du romantisme européen. Sous l'influence de son père, le général napoléonien Wincenty Krasiński, resté fidèle au tsar, il s'abstiendra de participer à l’Insurrection de Novembre 1830 et à d'autres manifestations patriotiques, ce qui lui donnera toujours un complexe. Il va rester à l'étranger jusqu'à la fin de sa vie, principalement en France et en Italie. En 1830, il rencontre à Genève Adam Mickiewicz, qui aura une grande influence sur sa maturation intellectuelle. En 1836 à Rome, il rencontre Juliusz Słowacki et se lie d'amitié avec lui. Les opinions de Krasiński vont être influencées par la lecture de penseurs tels que Pierre-Simon Ballanche, Joseph de Maistre, Jules Michelet, Johann Gottfried Herder et Friedrich Wilhelm von Schelling. Parmi les auteurs polonais, outre Mickiewicz, c’est August Cieszkowski qui fut le plus proche de lui en termes de vision du monde. Il en nota les impressions et les réflexions sur ses lectures dans un grand nombre de lettres. Ses correspondants seront, entre autres, son père - Wincenty Krasiński, Konstanty Gaszyński, Henry Reeve, Adam Sołtan, August Cieszkowski, Delfina Potocka. Au départ, il va écrire des romans historiques faisant référence à ce qu'on appelle le roman gothique et à la prose de Walter Scott : Le tombeau de la famille Reichstal (1828), Władysław Herman et sa cour (1830), Agaj-Han (1834). Ses plus grandes œuvres comprennent les drames tels : La comédie non divine (1835), montrant une vision de la révolution plébéienne contre l'aristocratie, et Irydion philosophico-historique (1836). Dans Trois pensées... (1840), il exprime son inquiétude quant à l'orientation du développement du monde, en s'éloignant des valeurs chrétiennes traditionnelles.

    Le poème prophétique Naissance de l’aube (1843) présente une tendance messianique. En opposition ferme aux idéaux et aux complots révolutionnaires du pays seront Les Psaumes de l’avenir (1845) qui proposaient une attitude de solidarité nationale et religieuse contre laquelle luttera Słowacki. Par conséquent, Krasiński commencera à s'opposer à toute activité patriotique visant à saper l'ordre existant. Il décède le 23 février 1859 à Paris. Il sera enterré dans le sous-sol de l'église d'Opinogóra, où se trouve également l'ancien siège de la famille Krasiński, devenu maintenant le musée du romantisme. ‹LS›

  • 18 février
    18/02/2026

    1948 - Décès à Varsovie de Bronisław Prugar-Ketling, général de division de l’armée polonaise. Il est né le 2 juillet 1891 à Trześniów dans les Basses-Carpates. Après son baccalauréat, il effectue une année de service militaire. À partir de 1910, il étudie à la Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université franciscaine de Lwów. Il milite dans les organisations indépendantistes polonaises. Durant la Première Guerre mondiale, il sert comme officier dans l'armée autrichienne. Il est blessé deux fois. En 1916, il est fait prisonnier par les Russes. Il s’évade en 1917 et rejoint l’Organisation militaire polonaise, une organisation secrète anti-russe. Malade, il est évacué puis, passant par Mourmansk, et ensuite par l’Angleterre, il parvient en France. Là, en 1918, il s’engage dans l’armée de Haller où il va occuper divers postes. En 1919, il retourne dans la Deuxième République de Pologne indépendante. À la tête d’un bataillon, il participe à la guerre polono-bolchévique. De 1935 à 1939 : il est chef du département de l’infanterie au sein du ministère des Affaires militaires. 1939 : durant la guerre défensive en Pologne, il commande la 11e Division d'infanterie combattant au sein de l’armée Karpaty. Après la défaite de septembre, il se retrouve dans les Forces armées polonaises de l’Ouest. Il coorganise la 2e Division de chasseurs à pied et se trouve à sa tête lors de l'attaque allemande sur la France en juin 1940. Après les violents combats disputés dans les collines de Clos-du-Doubs en Alsace, au regard des négociations franco-allemandes qui débutent, il donne l'ordre à ses troupes de franchir la frontière suisse. Interné, il va rester en Suisse jusqu'à la fin de la guerre. En 1945, il est l'un des rares officiers supérieurs à rentrer au pays et à servir dans l'armée polonaise, entre autres comme chef du département de la formation au combat au sein du ministère de la Défense Nationale. Parmi ses décorations : Croix d'or de l'ordre militaire de Virtuti Militari, Croix de Commandeur de l'ordre Polonia Restituta, Ordre de la Croix de Grunwald IIIe classe, Médaille commémorative pour la guerre de 1918-1921, Croix de la valeur militaire, Croix d’or du Mérite, Légion d'Honneur et Croix de Guerre (France). Il a été inhumé dans l'Allée des Méritants du cimetière militaire de Powązki à Varsovie. ‹LS›

  • 17 février
    17/02/2026

    1941 - À Niepokalanów, arrestation par la Gestapo du père Maksymilian Kolbe, franciscain conventuel, missionnaire. Il est né le 8 janvier 1894 à Zduńska Wola d’un père d'origine allemande et d’une mère polonaise. En 1907, il entre au séminaire franciscain à Lwów. En 1912, il entame ses études à Cracovie ; quelques mois plus tard, il est envoyé au Collège séraphique international à Rome. En 1917, il fonde la Mission de l'Immaculée, une association de laïcs engagés dans l'apostolat sous le signe de Marie. En 1918, il est ordonné prêtre. En 1919, il rentre au pays, élargissant les activités de la Mission de l'Immaculée. À partir de janvier 1922, il rédige le mensuel “Le chevalier de l'Immaculée” (qui en 1938 atteindra un tirage d'un million d'exemplaires). En 1927, il fonde à Teresin près de Varsovie un nouveau centre et entame la réalisation d’un petit séminaire missionnaire, à qui il donne le nom de Niepokalanów. En 1930, il s'installe au Japon, créant là-bas un Niepokalanów japonais. En 1936, il retourne en Pologne diriger Niepokalanów, devenu le plus grand monastère catholique du monde. En septembre 1939, il est arrêté par les Allemands. Il est libéré en décembre de la même année. De nouveau arrêté le 17 février 1941. Il est emprisonné dans la prison varsovienne Pawiak. Le 28 mai, il est envoyé au camp de concentration d'Auschwitz où, quelque temps plus tard, il va volontairement choisir de mourir de faim à la place d’un compagnon de captivité, Franciszek Gajowniczek (père d'une famille nombreuse), l’un des condamnés à mort. Après deux semaines de supplices, le 14 août 1941 il est exécuté par les Allemands d’une injection de poison - du phénol. Son corps sera brûlé dans le four crématoire du camp. En revanche, le 25 octobre 1944, Franciszek Gajowniczek sera transféré au camp de concentration de Sachsenhausen, où il aura la chance d’être libéré par l'armée américaine.

    Maximilien Kolbe sera béatifié comme confesseur le 17 octobre 1971 par le pape Paul VI, canonisé comme martyr par le pape Jean-Paul II le 10 octobre 1982. L’histoire de la vie et de la mort de Maximilien Kolbe a été portée à l’écran dans le film Une vie pour une vie. Maximilien Kolbe (1991), réalisé par Krzysztof Zanussi. ‹LS›

    https://youtu.be/ZUFdQPUunM4