Éphéméride polonaise

  • 22 janvier
    22/01/2026

    1863 – Déclenchement de l’insurrection de Janvier, la plus importante de l’histoire polonaise, impliquant environ 200 000 insurgés. Elle va s’étendre à la majeure partie des territoires polonais sous domination russe. Vous le savez, l’État polonais n’existait plus depuis son partage en 1795 par la Russie, la Prusse et l’Autriche.

    Comme point de départ de l’insurrection, la publication du Manifeste du Gouvernement national provisoire - sans reconnaissance internationale - dans lequel il se définit comme le seul gouvernement légitime et promet la libération des serfs, et des terres aux volontaires qui rejoignent la lutte.

    Les forces insurgées étaient divisées en trois factions principales :

    ▪Les Rouges - un groupe radical cherchant à déclencher les combats au plus vite. Leur principale revendication était l’émancipation des paysans sans compensation pour les familles nobles. Ces actions visaient à obtenir le soutien de la population rurale et à l’entraîner dans la lutte contre le pouvoir occupant.

    ▪Les Blancs - un groupe dont l’objectif était de reconquérir la plus grande partie possible de l’ancienne République des Deux Nations (Pologne-Lituanie) et d’accroître sa souveraineté sur les territoires reconquis. Ils étaient disposés à faire des concessions et à négocier avec le pouvoir occupant. La principale force du camp blanc résidait dans la noblesse et la petite bourgeoisie terrienne.

    ▪Les Millenerzy - un groupe issu de l’intelligentsia varsovienne. Ils étaient disposés à faire des concessions et des réformes, et conditionnaient la lutte armée à une meilleure préparation et à une meilleure compréhension de ses objectifs par les masses les moins instruites. Ils réclamaient des droits politiques pour les citadins et le droit de vote pour les paysans. [leur surnom est du fait qu’on prétendait ironiquement qu'ils repoussaient de mille ans la question de l'indépendance de la Pologne].

    À cette époque, environ 100 000 soldats de l’armée du tsar stationnent dans la partition russe.

    Durant les premiers jours, des commissaires militaires sont nommés dans les powiats (districts) et les unités insurgées nouvellement formées attaquent plus de 20 garnisons de l'armée russe dans les voïvodies de Mazovie, de Podlachie, d'Augustów, de Płock, de Lublin et de Sandomierz. Les insurgés parviennent à s'emparer de plusieurs voies de communication importantes, limitant ainsi considérablement les voies d'approvisionnement des forces tsaristes.

    Malgré ces succès initiaux, les sièges des garnisons russes seront cependant rapidement levés - insuffisance des effectifs et manque d'armes.

    De plus, une lutte pour le pouvoir va éclater entre les insurgés. Après un avantage initial des Rouges, un conflit éclatera avec les Blancs. Des escarmouches éclatent même entre les unités blanches et rouges. Ces conflits internes entraînent un affaiblissement de la chaîne de commandement. Peu à peu, vont se réduire à néant les espoirs d'une victoire rapide : les Russes lancent des contre-attaques et les insurgés sont contraints de recourir à la guérilla, cherchant évidemment à éviter les combats trop importants.

    Un autre coup dur sera porté au soulèvement d'indépendance : le décret du tsar sur l'émancipation des paysans, annoncé le 2 mars 1864. Cette manœuvre du pouvoir occupant va éloigner de fait la paysannerie, qui luttait alors avant tout pour améliorer ses conditions de vie. Les idéaux et l'appartenance nationale n'étaient pas encore profondément ancrés dans les classes populaires. Cet événement affaiblit considérablement les partisans et va contribuer largement à la répression du soulèvement de janvier.

    La fin de l'Insurrection de Janvier est généralement considérée comme correspondant à l'exécution de son dernier commandant, Romuald Traugut, et des membres du Gouvernement national. Ils seront pendus le 5 août 1864 sur les pentes de la citadelle de Varsovie.

    Il est vrai que bien que les unités organisationnelles centrales aient été vaincues, des groupes isolés d'insurgés ont continué de combattre dans la région de Lublin et en Galicie. Mais c’est l'unité commandée par le prêtre et général Stanisław Brzózka, opérant en Podlasie, qui aura résisté le plus longtemps, jusqu'en décembre 1864. Capturé, ce dernier sera lui aussi pendu le 23 mai 1865.

    Après le soulèvement, les Polonais vont subir de nombreuses répressions, notamment la confiscation des biens de la noblesse, la fermeture des monastères, de lourds tributs et, surtout, une russification active. Les autorités tsaristes condamneront à mort près de 1000 personnes pour leur participation au soulèvement et au moins 38 000 seront déportées au bagne en Sibérie.

    *Les libéraux de toute l'Europe applaudirent ces « partisans de la liberté » dressés contre une « tyrannie ». Mais l'insurrection ne reçut aucune aide de l'étranger. Les puissances occidentales déclarèrent qu'il s'agissait d'une affaire interne à l'Empire russe. ‹LS›

    Le Manifeste du 22 janvier 1863

  • 21 janvier
    21/01/2026

    1874 - Naissance à Wierzchosławice près de Tarnów de Wincenty Witos, militant du mouvement paysan, homme politique et journaliste. Dès 1895, membre du Parti populaire (SL). 1903-1913 : membre du Conseil suprême du Parti paysan polonais (PSL). 1908-1931 : maire de Wierzchosławice. 1908-1914 : député à la Diète de Galicie. 1911-1918 : député au Conseil d'État autrichien à Vienne. Après la scission du PSL, 1914-1918 : vice-président du PSL “Piast”, 1918-1931 : président. Pendant la Première Guerre mondiale, partisan de la coopération avec les Empires centraux, à partir de 1914 vice-président du Comité national suprême. 1915 : il abandonne son soutien à la politique pro-autrichienne et à la fin de la guerre, dans ses interventions au parlement de Vienne, il plaide sans équivoque pour les aspirations des Polonais à reconstruire un État libre et souverain, indépendant de tout pays occupant. 1917-1918 : membre de la clandestine Ligue nationale. En octobre 1918, il dirige la Commission polonaise de liquidation à Cracovie qui se définit comme le pouvoir exécutif en Galicie occidentale. Député à la Diète de 1919 à 1930, à partir de 1931 (avec interruptions), président du club parlementaire du PSL “Piast”. Désigné comme premier ministre du gouvernement de Défense nationale à la fin de juillet 1920, lors de la menace imminente contre Varsovie durant la guerre polono-bolchevique (1919-1921), il entre au Conseil de Défense nationale. Il reste à la tête du gouvernement jusqu’en septembre 1921. En 1923, il forme le premier gouvernement de coalition entre l'Union chrétienne d’unité nationale et le PSL “Piast” (appelé Chjeno-Piast) ; en décembre de la même année, il donne sa démission. En mai 1926, il forme le gouvernement qui sera renversé par Józef Piłsudki (coup d’état de mai). Adversaire des gouvernements de la Sanacja (pro-Piłsudski), il est cofondateur du Centrolew, le centre-gauche (1929). Emprisonné en 1930 à Brześć sur le Bug et jugé, il est condamné à 1 an et demi de prison, ce qui va décider son départ en exil en Tchécoslovaquie (1933-1939). Néanmoins, il reste membre du pouvoir au SL : président du Conseil suprême (1931-1935), président du Comité exécutif central (1935-1939). Il collabore avec le Front Morges, un groupement en exil anti-Sanacja (1936). En mars 1939, il revient au pays ; en septembre 1939, fait prisonnier par les Allemands et sollicité pour la création d'un gouvernement collaborationniste, il rejette la proposition. Libéré de prison en 1941, il est placé en résidence surveillée sous la surveillance constante de la Gestapo. 1945 : élu président du Conseil national, il n’en prend pas les responsabilités. Il ne profite pas non plus de l’invitation à participer aux pourparlers de Moscou sur la création du gouvernement provisoire d'unité nationale. À partir d’août 1945, président du PSL. Il est mort à Cracovie le 31 octobre 1945. Il a publié, entre autres : Sélection d’écrits et d’articles (1939), Mes souvenirs (Vol. 1-3, Paris, 1964-1965), Mon vagabondage (1967). ‹LS›