Éphéméride polonaise
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3 février03/02/2026

2002 - Décès à Varsovie d’Arnold Mostowicz, médecin, journaliste, écrivain, traducteur et vulgarisateur scientifique. Il est né le 6 avril 1914 à Łódź dans une famille juive. Pendant son enfance et son adolescence, il vit dans sa ville natale. Dans les années 1932-1939, il part étudier à Toulouse où il termine ses études de médecine. Il retourne en Pologne peu avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Pendant le siège de Varsovie, il travaille dans des hôpitaux de campagne. Après la prise de la capitale par l'armée allemande, en octobre 1939, il retourne à Łódź où il sera transféré dans le ghetto. Là, pendant quatre ans, il va travailler comme médecin à l'hôpital des maladies infectieuses et au secours d’urgence. Au cours de la liquidation du ghetto en août 1944, il est envoyé au camp de concentration allemand d'Auschwitz, et de là vers d'autres camps. Après la guerre, en raison de sa cachexie due au typhus et à la tuberculose, il renonce à son métier de médecin et se lance dans le journalisme. Il devient adjoint au rédacteur en chef de la “Tribune de Basse-Silésie” à Wrocław, organise la presse de Poznań et la “Gazette de Cracovie”, qu’il va diriger pendant six ans, et de 1955 à 1969 est rédacteur en chef du magazine satirique de Varsovie “Szpilki/Aiguilles”. Après sa révocation de “Szpilki”, suite à la campagne antisémite, il va travailler dans la revue “Toi et Moi” et à la disparition du mensuel, il prend sa retraite. À partir de 1975, il va écrire des livres de vulgarisation scientifique et astronautique, mais aussi de souvenirs d’enfance, de jeunesse ainsi que sur sa survie du ghetto et des camps de la mort nazis. Il cofonde la série de bandes dessinées Les dieux de l'espace basés sur les hypothèses de l’écrivain ufologue suisse Erich von Däniken, qui bénéficieront de reconnaissance dans de nombreux pays européens. Le premier livre d’Arnold Mostowicz - écrivain - sort en 1988 sous le titre : “L’étoile jaune et la croix rouge” - tableau de ses souvenirs et réflexions sur le ghetto et les camps de concentration, classés par les critiques parmi les documents littéraires les plus précieux sur la période d’extermination. Mostowicz deviendra célèbre dans le monde entier après sa participation dans le film documentaire Le photographe de Dariusz Jabloński en 1998, dans lequel il appelle à la vérité historique sur l'Holocauste, remplissant le rôle de narrateur commentant les diapositives du ghetto de Łódź. Il a coécrit également le scénario de ce film. En 1995, il devient président de la Fondation Monumentum Iudaicum Lodzense, dont le but est de protéger l'héritage des juifs de Łódź. Pendant de nombreuses années, il va remplir les fonctions de président de l'Association des Juifs anciens combattants et victimes de la Seconde Guerre mondiale et va coorganiser la Fondation germano-polonaise Pojednanie/Réconciliation. En 1998, il recevra le titre de citoyen d'honneur de la ville de Łódź. Il a été enterré au cimetière militaire de Powązki à Varsovie. ‹LS›



La biologie transforme l'être humain (1977)
Étoile jaune et croix rouge (1988)
Łódź, mon amour interdit (1999)
2 février02/02/2026
1944 - Le 2 février, les villages de Szczecyn, Wólka Szczecka, Karasiówka, Borów, Łążek Zaklikowski et Chwałowski sont encerclés et détruits par environ 3000 soldats comprenant des unités allemandes de la SS, de la Wehrmacht, de la gendarmerie et des unités auxiliaires ukrainiennes. La veille, un repérage de la zone avait été effectué par l’aviation.
*Durant l'occupation allemande de la Pologne de 1939 à 1945, la pacification du village de Szczecyn a fait partie des représailles nazies dans la région des forêts de Janów (voïvodie de Lublin), ciblant les villages polonais soupçonnés de soutenir les activités partisanes de groupes tels que les NSZ (Narodowe Siły Zbrojne/Forces armées nationales). Ces représailles visaient à terroriser les civils et à réprimer la résistance par le biais de punitions collectives. Szczecyn était identifié comme une plaque tournante de la collaboration locale avec les forces clandestines.
L'opération, qui se prolongera le lendemain, débute à Szczecyn par des tirs d'artillerie et de mitrailleuses vers 7h-8h du matin. Les maisons sont incendiées avant que les troupes ne pénètrent méthodiquement dans chaque maison, exécutant les habitants sans distinction d'âge ou de sexe. La plus jeune victime sera un nourrisson âgé de trois mois.
Les survivants sont fusillés sur place, jetés vivants dans les bâtiments ravagés par les flammes ou tués à coups de baïonnettes. Un groupe de garçons plus âgés est rassemblé à la sortie du village, reçoit l'ordre de courir vers la forêt et est mitraillé. Des habitants vont tenter de s’évader et de se cacher dans les marécages. Peu vont réussir, la zone étant encerclée par les troupes. Le même sort va être réservé aux villages environnants.
Les quelques femmes et enfants qui ont échappé au massacre seront envoyés au travail forcé en Allemagne. Quant aux hommes, ils seront emprisonnés, torturés et exécutés par un tribunal spécial quelque temps plus tard.
Cette opération fut probablement l’action de pacification la plus brutale menée par les Allemands dans les zones rurales de la Pologne occupée. Le nombre total de morts dans les six villages dépasserait 1200. Certains historiens estiment qu'il s'agit de la plus grande pacification de population rurale en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.
Après la guerre, aucun participant au massacre ne sera condamné.
Chaque année, les habitants des villages organisent des cérémonies pour commémorer ce que les Allemands ont appelé “Massaker von Borów”. ‹LS›

Mur du souvenir à Borów
Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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