Éphéméride polonaise

  • 12 juin
    12/06/2026

    1915 - Décès à Radom de Józef Brandt, peintre, un des plus grands peintres polonais de scènes de batailles. Il est né le 11 février 1841 à Szczebrzeszyn. En 1859, il part étudier à l'École des Ponts et Chaussées à Paris, en vue de devenir ingénieur. Il y fait la rencontre du peintre Juliusz Kossak et, sous l’influence de celui-ci, il va prendre la décision de choisir une carrière artistique. À l'automne de 1860, il retourne à Varsovie et bientôt entreprend avec Kossak un voyage en Ukraine et en Podolie. Ce premier contact avec la nature et le mode de vie des gens de là-bas aura une influence décisive pour déterminer fondamentalement ses intérêts thématiques. Il fait ses débuts en 1861 à l'exposition de la Société d'encouragement aux beaux-arts. En 1862, il part étudier à Munich où, à partir de mai 1863, il travaille dans l’atelier privé d'Adam Franz, un éminent peintre de batailles, qui va avoir une très grande influence sur le développement de son talent. Arrivent alors ses premiers succès picturaux. Son tableau Chodkiewicz à la bataille de Chocim, présenté à l'Exposition universelle de Paris en 1867, suscite un intérêt considérable auprès des critiques et du public français et récolte également des critiques favorables dans la presse allemande. En revanche, sa composition Retour de Vienne - le campement sera achetée en 1869 pour la collection de l'empereur François-Joseph d'Autriche. La reconnaissance par la critique et le succès auprès des collectionneurs allemands vont amener Brandt à s’installer définitivement à Munich. En 1870, il y fonde un atelier indépendant et devient rapidement le leader de la colonie locale d'artistes polonais et le maître de nombreux peintres. Après 1877, il passera les mois d’été à Orońsko près de Radom, village appartenant à son épouse, invitant le cercle de ses étudiants à venir peindre en plein air. Dans les années 70 et 80 du XIXe siècle seront créées les plus grandes œuvres de Brandt, l'artiste étant au sommet de sa gloire, et ses succès financiers resteront sans précédent parmi les artistes polonais vivant à l'étranger. En 1873, après la présentation de La bataille de Vienne à l'Exposition universelle de Vienne, il reçoit l'Ordre de François-Joseph ; en 1875, il est nommé membre de l'Académie des arts de Berlin ; en 1878, il est nommé professeur honoraire et membre de l'Académie de Bavière ; et en 1881, il reçoit la Croix de Chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Le couronnement de sa carrière munichoise sera, décerné en 1892, l'Ordre du mérite de la Couronne bavaroise qui lui donnera un titre de noblesse du Royaume de Bavière et le titre prestigieux de Ritter (chevalier). En 1890, il devient membre du jury de l'Exposition universelle ; pour son tableau Chant de victoire, il obtient la grande médaille d'or lors de l’exposition de Berlin en 1891, ainsi que l'Ordre d'Isabelle la Catholique lors de l’exposition de Madrid en 1893. En 1898, il est décoré de l'Ordre bavarois de Maximilien ; en 1900, il est élu membre honoraire de l'Académie des beaux-arts de Prague. Bien qu’il ait atteint une position significative sur le marché international de l'art, tout au long de sa vie il enverra ses œuvres dans des expositions organisées en Pologne, principalement à la Société d'encouragement aux beaux-arts de Varsovie, dont il fut membre dès 1874, et à la Société des amis des beaux-arts de Cracovie. ‹LS›

  • 11 juin
    11/06/2026

    1943 - Sur ordre du Reichsführer-SS Heinrich Himmler est mis en place sur les ruines du ghetto de Varsovie le camp de concentration Konzentrationslager Warschau (familièrement appelé “Gęsiówka”). Le 19 juillet s’y présente un premier groupe de 300 prisonniers allemands (prisonniers politiques et criminels et dénommés “asociaux”) envoyés du camp de Buchenwald et destinés à servir comme kapos. Du 31 août au 27 novembre 1943, arrivent dans les ruines du ghetto quatre convois de Juifs d'Auschwitz-Birkenau, soit un total de 3683 personnes. Au début de 1944, en plusieurs convois, arrivent le plus grand groupe ethnique d’alors, environ trois mille Juifs hongrois. En avril 1944, lorsque le camp sera subordonné à celui de Majdanek, vont s’y trouver environ 4600 prisonniers. La plupart d'entre eux ont été envoyés pour travailler à la démolition des ruines de l'ancien ghetto de Varsovie. D'autres groupes de prisonniers sont employés à brûler les cadavres des victimes des exécutions dans les ruines du ghetto et des prisonniers morts dans la Gęsiówka, la “brigade de la mort” qui prend en charge le bûcher dans la cour du 45 de la rue Gęsia (au printemps 1944, on commence à construire un crématorium qui, cependant, n'entrera jamais en action, malgré son achèvement). D’autres prisonniers sont employés pour aider à la traque de Juifs cachés qui ont survécu à la liquidation du ghetto (en cas de découverte, ils sont abattus sur place) ainsi qu’à la recherche d'argent et d’objets de valeur cachés (ensuite envoyés à Majdanek et de là vers le Troisième Reich). Vers la fin de juillet 1944, devant l'approche par l'Est de troupes soviétiques, les nazis commencent à faire évacuer le camp. Environ 400 personnes incapables de marcher et malades sont exécutées. Les prisonniers survivants, sous la canicule, vont parcourir la route de Varsovie à Kutno, où le 2 août ils seront chargés par groupes de cent dans des wagons de marchandises et transportés au camp de concentration de Dachau. On estime que durant cette marche de la mort pourrait avoir succombé jusqu'à 2000 personnes, soit la moitié des prisonniers. Lors du déclenchement de l'Insurrection de Varsovie, il ne reste dans la Gęsiówka qu’environ 400 prisonniers qui devaient être utilisés à la liquidation totale du camp. Son encadrement est composé à l'époque d'un groupe d'environ 90 SS. Le 5 août 1944, les soldats du bataillon de scouts “Zośka” de l’Armée de l’intérieur-AK s’emparent du camp suite à une action audacieuse. Selon certaines données, le total des victimes mortes au KL Warschau se monterait à environ 20 000 personnes. De janvier à mai 1945, la Gęsiówka va redevenir une prison et un camp de travail, mais cette fois sera supervisée par le NKVD. À l’endroit de l’ancien Konzentrationslager Warschau, les Soviétiques vont, dans des conditions terribles, détenir entre autres, des soldats de l'AK et des membres de l'organisation clandestine indépendantiste. Dans la période suivante, le camp sera géré par l’UB-Sécurité intérieure qui y emprisonne initialement des prisonniers de guerre allemands. En 1956, le camp communiste sera liquidé. Dans ce camp, environ 1800 personnes y auront connu la mort. Aujourd'hui, sur le site se trouve un parc, lieu de repos pour les habitants du quartier voisin de Muranów. ‹LS›