Éphéméride polonaise
-
20 juin20/06/2026

I

1815 - Proclamation à Varsovie du Royaume de Pologne (également appelé Royaume du Congrès, un État créé par une décision du Congrès de Vienne sur les terres du Duché de Varsovie (à l'exclusion de la Posnanie) en tant que monarchie liée en union personnelle avec la Russie (1816 - 128 500 km2, 3 300 000 habitants).
Au cours de la première période du Royaume de Pologne (de 1815 à l’Insurrection de Novembre 1830-1831), sa constitution a été déterminée par la Constitution du Royaume de Pologne. Le Royaume de Pologne était une monarchie liée en union personnelle avec la Russie, avec le tsar comme roi. Le parlement, le gouvernement et l'armée polonaise n'avaient aucune possibilité de mener une politique étrangère distincte ; à la tête de l'armée se trouvait le grand-duc Constantin qui, jusqu'en 1830, aura une influence dominante sur les gouvernements. Le pays était divisé en voïvodies. La constitution formellement libérale sera systématiquement violée. En 1830, va éclater l’Insurrection de Novembre ; après son échec, le Royaume de Pologne perdit son caractère d'État séparé et dut désormais faire partie intégrante de l'Empire russe. Le système monétaire russe (1841) et le code russe (1847) furent introduits. L'intensification de l'activité patriotique au tournant des années 1850 et 1860 entraînera la restauration de certaines institutions autonomes : un gouvernement civil (avec Aleksander Wielopolski) et une autonomie locale seront introduits.
La conscription forcée des Polonais dans l’armée russe ordonnée en 1863 à l'initiative de Wielopolski sera la cause directe de l’Insurrection de Janvier 1863-64. Finalement, l’autonomie relative du Royaume de Pologne sera supprimée. Dans la nomenclature officielle, le nom Royaume de Pologne a souvent été remplacé par le nom Pays de la Vistule. En 1866, une nouvelle division administrative apparaît : le gouvernorat. En 1874, le vice-roi est remplacé par un gouverneur-général. Le pays subit une russification intensive (y compris l'introduction de la langue russe dans les écoles dans les années 1866-1885, le retrait des Polonais de l'administration, du système judiciaire et de l'éducation, l’éradication de toutes les manifestations de la conscience nationale polonaise). Dans la partie orientale du Royaume de Pologne, l'Église uniate est liquidée, ce qui engendrera la persécution des uniates. La révolution russe de 1905-07 sera accompagnée d'une répression accrue de la part des autorités ; malgré cela, elle aura contribué à l'obtention de libertés limitées dans le domaine de la vie nationale (y compris l'enseignement privé en polonais). Le Royaume de Pologne sera représenté à la Douma d'État de l’Empire russe créée en 1906. Après la fin de la révolution, les concessions seront progressivement retirées. En 1912, la région de Chełm sera séparée du Royaume de Pologne.L'histoire centenaire du Royaume de Pologne sous domination russe se terminera par l'occupation du Royaume en 1915 par les armées allemandes et autrichiennes. Cette occupation allemande durera jusqu'en novembre 1918. ‹LS›
19 juin19/06/2026
1933 - Naissance à Szopienice de Janusz Sidło, athlète, spécialiste polonais le plus éminent au lancer du javelot. Titulaire d’une maîtrise en éducation physique de l’Académie d’éducation physique de Varsovie. Athlète (1,82 m, 93 kg) ayant appartenu aux clubs : Stal Katowice, Spójnia Gdańsk, Spójnia Warszawa. A eu pour entraîneur Zygmunt Szelest. Sidło fut un phénomène sportif : il a concouru durant 24 ans, a participé à cinq Jeux olympiques consécutifs de 1952 à 1968 et à cinq championnats d’Europe. Premier européen à dépasser la ligne des 80 m en 1953. Il a obtenu son record personnel - 86,22 m à Mantes-la-Jolie (France) - à l’âge de 37 ans.
Médaillé d'argent aux J.O. de Melbourne en 1956. Double champion d'Europe (Berne-1954, Stockholm-1958). Détenteur du record du monde au lancer du javelot (83,66 m à Milan en 1956). Par deux fois recordman d’Europe (Iéna-1953, Milan-1956). Sept fois recordman de Pologne au lancer du javelot et au lancer de grenade. Seize fois champion de Pologne au lancer du javelot et au lancer de grenade. Il a franchi plus de 100 fois la ligne des 80 m. Il a défendu 64 fois les couleurs nationales lors de matchs internationaux (1949-1970), remportant le concours 43 fois. Deux fois élu meilleur athlète de Pologne au plébiscite du quotidien sportif “Przegląd Sportowy” (1954, 1955).
Après sa carrière d’athlète, il est devenu entraîneur de clubs et de l'équipe nationale ainsi que formateur à la Fédération polonaise d’athlétisme. Maître émérite du sport, il a été décoré de la Médaille d’or pour résultats sportifs exceptionnels par deux fois et de la Croix d’officier de l’ordre Polonia Restituta. Considéré comme le meilleur sportif de l’après-guerre du XXe siècle. Il est décédé le 2 août 1993 à Varsovie. Il a été inhumé au cimetière militaire varsovien de Powązki. Depuis 1996, est organisé à Sopot le Mémorial Janusz Sidło. ‹LS›
18 avril18/06/2026
1551 - Naissance à Fontainebleau d’Henri de Valois (Henryk Walezy), premier roi élu de Pologne. Frère du roi de France Charles IX, fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. À partir de 1567, il remplit les fonctions de lieutenant général du royaume de France sous le règne de son frère, ce qui fait que déjà dans sa jeunesse, il se fait également connaître comme bon politicien et dirigeant consciencieux. Ces qualités, ainsi que l’habile politique de l’émissaire français Jean de Monluc, rendront possible à Henri l’accession au trône de Pologne. Son élection ne sera pas même empêchée par le rôle pas très clair qu'il aurait joué dans le massacre de la Saint-Barthélemy du 24 août 1572 lorsque des milliers de huguenots ont été assassinés. Il est élu roi de Pologne le 5 avril 1573. Son élection en tant que souverain n’est pas encore synonyme de reconnaissance de son pouvoir. L’admission à son couronnement et à sa prise du pouvoir sont conditionnées par sa prestation de serment confirmant sa reconnaissance de quelques conditions de noblesse. Il devra ainsi certifier les Articles henriciens et la Pacta conventa. Une fois la prestation de serment déposée le 22 août 1573 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, plus rien ne s’oppose à sa montée sur le trône de Pologne. Le 24 janvier 1574, Henri arrive en Pologne. Il est couronné roi de Pologne le 21 février dans la cathédrale du Wawel. Presque dès le début de son règne, il est accusé par ses nobles sujets de mener un mode de vie déréglé, le scandale étant entre autres provoqué par le temps qu’il passe à faire la fête des nuits entières. Il y a sans aucun doute une part de vérité dans tout cela. Henri aimait la vie et son jeune âge revendiquait de ses droits. Cela ne doit cependant pas occulter le fait qu’il aspira à de nombreuses réformes dans son nouveau pays. Son programme visant à renforcer la position du roi en Pologne avait beaucoup de chance de pouvoir se réaliser mais Henri ne parlait pas le polonais, ce qui entravera grandement sa participation active dans la vie publique. Avec lui, sont venus quelques conseillers expérimentés qui vont largement gouverner à sa place. Les décisions prises seront en général pertinentes, mais nous ne savons pas si ces décisions étaient les siennes ou celles de ses conseillers. Le 14 juin 1574, un courrier apprend à Henri la mort inattendue de son frère, le roi Charles IX. Il pense à quitter Cracovie, mais il sait qu’il ne peut être question d’un départ légal. Aussi, dans la nuit du 18 au 19 juin, il quitte secrètement le château du Wawel. Son arrivée rapide en France lui permettra de monter sur le trône, sur lequel il va siéger en tant qu’Henri III. Presque simultanément, ses sujets polonais vont décider de sa déchéance. Ils ne s’imaginaient pas que le roi de Pologne résidât à l'étranger. Il est vrai que jusqu'à sa mort, Henri ne renoncera pas formellement à la couronne polonaise, mais il ne récupérera plus jamais le pouvoir dans la République des Deux Nations. Durant le siège de Paris, il sera assassiné le 2 août 1589 par le moine dominicain Jacques Clément. Il a été inhumé dans l'abbaye de Saint-Denis, près de Paris. (LS)

