Éphéméride polonaise

  • 26 avril
    26/04/2026

    1937 - Naissance de Jan Pietrzak à Varsovie. Durant la guerre, son père, militant communiste, avait été arrêté par les Allemands et enfermé dans la prison Pawiak où il va mourir en octobre 1942. Sa mère va envoyer Jan à l’École des cadets en 1948. Il en ressortira officier. Retourné à la vie civile, il fera partie de l’Union de la jeunesse polonaise (bâtie sur le modèle du Komsomol soviétique) et du Parti ouvrier unifié polonais (le parti communiste alors au pouvoir). Il va travailler dans l’entreprise de fabrication de téléviseurs WZT et suivre des cours du soir à l’École supérieure de Sciences sociales du Comité central du Parti ouvrier unifié polonais.

    À partir de 1960, il se lie avec le club estudiantin Hybrydy et dirigera le Teatr Hybrydy. Jusqu’en 1967, ce cabaret théâtre permettra à de nombreux artistes d’y faire leur début de carrière dans le spectacle. Cette année-là, il sera dissous à la suite d’allégations d’hostilité envers les autorités et de dépravation de la jeunesse. Jan Pietrzak fonde alors le Kabaret pod Egidą. Il s’y rendra célèbre pour sa satire politique commentant la situation socio-politique et visant le système de l’époque et deviendra la voix de l’opposition anticommuniste. Il sera surveillé par la SB (Service de sécurité) : les autorités communistes étaient très soucieuses de la popularité du cabaret bâtie sur l’ironie envers le système. De nombreuses représentations seront enregistrées par des collaborateurs secrets de la SB. L’entrée dans le local sera même rendu difficile. De 1975 à 1981, il sera secrétaire de rédaction à l’hebdomadaire satirique illustré Szpilki (Aiguilles).

    En 1981, sa chanson patriotique “Żeby Polska była Polską” (Que la Pologne soit la Pologne) - écrite en 1976 - devient l’hymne spontané de Solidarność.

    Après 1989, ses Cours de thérapie par le rire connaîtront une grande popularité. Il va s’impliquer dans la vie sociale et politique, y compris en participant à diverses initiatives, en écrivant par exemple pour Tygodnik Solidarność ou Dziennik Polski (auparavant aussi pour Gazeta Polska). Il se présentera aux élections en 1995 pour le poste de président de la République de Pologne, prêchant entre autres pour un rétablissement de la peine de mort et la libéralisation de l’économie. Il recueillera 1,12% des voix… En 1997, il se présentera, sans succès, aux élections pour la Diète sur la liste de l’Union de la droite de la République. Plus tard, lors des élections présidentielles, il soutiendra Lech (en 2005) et Jarosław Kaczyński (en 2010) et Andrzej Duda (en 2015).

    À partir de 2007, il conduira par intermittence des émissions à la télévision. Il enregistrera également des feuilletons sur YouTube. En 2015, il sort un livre : Śmiech i Złość (Rire et colère).

    Entre autres décorations, il possède la médaille d’or du Mérite culturel polonais Gloria Artis, la croix d’or du Mérite et la grand-croix de l’ordre Polonia Restituta. LS

     

    “Żeby Polska była Polską” - paroles de Jan Pietrzak et musique de Włodzimierz Korcz.

  • 25 avril
    25/04/2026

    1938 - Décès à Gołotczyzna d’Aleksander Świętochowski, écrivain, journaliste, philosophe, historien, idéologue du positivisme polonais. Il était né le 18 janvier 1849 à Stoczek Łukowski en Podlachie. Un an plus tard, sa famille déménage à Kazimierz Dolny où il va passer son enfance. Après l'école élémentaire, il part étudier à Siedlce et Lublin. En 1866, il obtient son baccalauréat avec médaille. Il va ensuite étudier à la Faculté de philologie et d'histoire de l'École centrale (école supérieure en langue polonaise), puis à l'Université russe de Varsovie (1866-1870) et, de 1874 à 1876, la philosophie à Leipzig. Il fait ses débuts en 1866 avec un essai dans le “Tygodnik Ilustrowany/L’hebdomadaire illustré” sous le pseudonyme d’Henryk Dołęga. À partir de 1871, ses textes, essentiellement consacrés aux questions sociales et aux travaux positivistes, il va les publier dans le “Przegląd Tygodniowy/La revue de la semaine”. En 1878, il devient rédacteur en chef du journal “Nowiny/Nouvelles” et trois ans plus tard, il crée l'hebdomadaire “Prawda/La vérité” qu’il va rédiger jusqu’en 1902, publiant, entre autres, les renommés feuilletons “Liberum veto”. Plus tard, il va également éditer les mensuels “Kultura polska/La culture polonaise” et “Humanista polski/L’humaniste polonais”, écrivant aussi pour “Myśl Narodowa/La pensée nationale” dans laquelle comme “Poseł Prawdy/Messager de la vérité” il publie des essais et s’occupe de critiques littéraires. Encore avant la guerre, il s’installe à Gołotczyzna près de Ciechanów, se concentrant principalement sur une activité d’organisation dans le domaine de l'éducation populaire : il organise des écoles, il s’occupe d’enfants paysans doués, du mouvement coopératif. Il sera l'un des principaux idéologues et leaders du positivisme varsovien. Il sera un ardent défenseur du progrès, de l'éducation, de la culture, il luttera pour l'égalité des droits pour les femmes, les Juifs, combattant le conservatisme, l'obscurantisme et le cléricalisme. Déjà lors de la Deuxième République de Pologne, il écrit dans la presse de la National-démocratie, critiquant la politique de la Sanacja (Assainissement). Il était polyvalent - il a écrit des drames, des romans, des nouvelles, des impressions et des paraboles philosophiques, des articles journalistiques, des essais scientifiques et de vulgarisation, des dissertations et des ouvrages historiques. Jusqu’à la fin de sa vie, il va rester à Gołotczyzna. Au début d’avril 1938, il va être victime d’une angine de poitrine sévère. Malgré une amélioration certaine de sa santé, il va subir une seconde attaque puis une troisième, qui va endommager son cœur, s’avérera fatale. Selon sa volonté, il repose dans le cimetière de Sońsk près de Ciechanów. ‹LS›