Éphéméride polonaise
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24 avril24/04/2026

1947 - Le Présidium du Conseil des ministres adopte une résolution pour lancer l'opération « Wisła » (Vistule), dont le but est d'expulser la population ukrainienne du sud-est de la Pologne et de la réinstaller dans les “territoires recouvrés” de l'Ouest et du Nord du pays.
Le ministre de l’Intérieur, le maréchal Michał Rola-Żymierski, va nommer le général Stefan Mossor au poste de plénipotentiaire du gouvernement pour la réinstallation de la population ukrainienne.
L’Opération « Wisła », sera menée du 28 avril au 31 juillet par des unités de l'armée polonaise et du Corps de sécurité intérieure et visera à liquider les unités de l'armée insurrectionnelle ukrainienne et à la priver d’une base pour mener de nouvelles opérations miliaires.
*Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans le sud-est de la Pologne, un conflit s'était envenimé entre les forces indépendantistes polonaises clandestines, les unités de l'Armée populaire polonaise et les partisans de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Les combats étaient en grande partie le résultat du génocide de la population polonaise commis par les Ukrainiens dans les territoires de Volhynie et de Petite-Pologne orientale (jusqu’à 100 000 civils polonais tués entre 1942 et 1944). Après 1945, lorsque la frontière orientale de la République de Pologne fut établie sur la ligne des rivières Bug et San, l'UPA intensifia ses opérations dans la région de Lublin et dans les Basses-Carpates, s'efforçant, d'une part, d'arrêter la réinstallation de la population ukrainienne en URSS et, d'autre part, de créer une Ukraine indépendante sur ces terres.
Le 28 mars 1947, lorsque le vice-ministre de la Défense nationale de l'époque, le général Karol Świerczewski, fut tué dans une embuscade tendue par des unités de l'UPA à Jabłonki près de Baligród, les autorités communistes de Varsovie décidèrent d'utiliser ce fait à des fins de propagande et décidèrent donc de procéder à une déportation à grande échelle de la population ukrainienne et ruthène (Lemkos et Boykos).
L’objectif principal de l’action était de s’assurer que ces populations vivent le plus loin possible de la frontière orientale de l’État polonais mais aussi qu’ils ne créent pas de groupes compacts dans les terres nouvellement occupées. À la suite des différentes opérations menées dans les années 1947-1950, l'armée polonaise et le Corps de sécurité intérieure vont réussir à vaincre les forces de l'UPA, et la réinstallation aura touché plus de 140 000 personnes. Les effets secondaires de l’opération Vistule conduisirent au dépeuplement de vastes zones de Roztocze, Podgórze Przemyśl et des montagnes des Bieszczady et à la destruction du patrimoine culturel de ces terres. Plusieurs dizaines de localités ont complètement cessé d’exister. ‹LS›
23 avril23/04/2026
1981 - Décès à Varsovie de Henryk Józewski (alias Niemirycz, Olgierd), homme politique polonais, militant indépendantiste et d'État, artiste peintre. Il a passé la moitié de sa vie dans la conspiration. Contre les envahisseurs russes, les bolcheviks, les occupants nazis et les autorités communistes de la République populaire de Pologne. En son temps, il a fait partie des gens ouverts aux changements et à la modernisation. En politique, il a agi de manière désintéressée, ce qui le mettra constamment sous le feu de la polémique.
Né en 1892 à Kiev où il sera diplômé en mathématiques, il fonde en 1910 l'Union des jeunes progressistes et indépendants. En 1915, il est nommé commandant adjoint de l'Organisation militaire polonaise (POW) à Kiev. En tant que sujet russe, il est envoyé avec son père par les autorités tsaristes à Saratov. Après le déclenchement de la révolution de février en Russie, en juin 1917 il retourne à Kiev où en 1919-1920 il devient le commandant de la POW. En 1920, il est vice-ministre de l'Intérieur de la République populaire d'Ukraine. La même année, il retourne en République de Pologne renaissante où il va s'engager dans des activités artistiques.
Il revient à la politique en 1926 après le coup d'État de mai. Ami proche de Józef Piłsudski. 1929-1930, ministre de l'Intérieur, 1928-1929 et 1930-1938, voïvode de Volhynie et 1938-1939, voïvode de Łódź. Auteur du dénommé programme volhyvien visant à conclure un accord polono-ukrainien à travers le développement de l'autogestion ukrainienne et des organisations sociales ukrainiennes dans les régions de Volhynie et de Petite-Pologne orientale ainsi que par l’accroissement de la participation des Ukrainiens à la gestion de l'État. Cela deviendra l'objet de critiques de la part des partis autant de droite - surtout du camp national-démocrate, que de gauche - avec le Parti socialiste polonais en tête. On a dit qu'il était le fossoyeur des intérêts polonais et qu'il imbibait l'administration d'État avec des Ukrainiens. 1939-1940, au quartier général du Service pour la victoire de la Pologne (SZP), commandant du district de Varsovie-ville, puis commandant de l’Union de la lutte armée (ZWZ) de Varsovie-voïvodie. Co-fondateur du Bulletin d'information, du groupe clandestin Olgierd et du Parti démocratique polonais (PSD). À partir de 1940, rédacteur en chef du bimensuel “Polska Walczy”. Après 1945, il ne se découvre pas, restant dans la clandestinité avec le PSD. Il s’associe aux organisations anticommunistes NIE et WiN (Liberté et Indépendance). En 1953, il est arrêté. Il sera accusé “d'activités criminelles et contre-révolutionnaires et de tentative de renversement du régime de la Pologne populaire”. En 1954, il est condamné à la réclusion à perpétuité ; en 1956, il sera libéré sur la vague d'amnistie pour des raisons de santé. Après sa libération, il se met à peindre. Il réalise principalement des paysages et des portraits, et ses œuvres font partie des collections du Musée national de Varsovie. Il repose au cimetière Powązki de Varsovie. Il a reçu la Croix d'argent de l'ordre Virtuti Militari, la Croix de l'Indépendance avec épées et la Croix de Commandeur de l'ordre de Polonia Restituta. ‹LS›

