Éphéméride polonaise
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16 mars16/03/2026

1970 - Décès à Varsovie de Jerzy Szaniawski, dramaturge, romancier, feuilletoniste. Il est né le 10 février 1886 à Zegrzynek (Mazovie) dans une famille de propriétaires terriens aux racines intellectuelles : la maison familiale était un lieu de rencontres d’écrivains et d’artistes. Il fait ses débuts en 1912 avec de courts ouvrages de nouvelles et d’écrits humoristiques dans le quotidien “Kurier Warszawski/Courrier de Varsovie” et l'hebdomadaire satirique “Sowizdrzał/L’espiègle”. Auteur de comédies poétiques burlesques Murzyn/Le Noir (1917) et Ptak/L’oiseau (1923). En 1924, il écrit son unique roman - “Amour et choses sérieuses”. Dans la construction de ses drames, il utilisait la forme de la comédie, mais en fait il créait un théâtre philosophique et de réflexion. Avec subtilité, ses drames ironiques étaient pleins de sous-entendus. Ils parlaient d’attente, d’intuitions sous-cutanées, d’instincts subconscients. En 1930, Szaniawski reçoit le Prix littéraire national et est décoré de la Croix d’Officier de l'ordre Polonia Restituta. En 1933, il sera l'un des premiers membres de l'Académie polonaise de littérature. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Zegrzynek familial est annexé au Troisième Reich. Szaniawski déménage à Varsovie. Il milite dans le mouvement de résistance, en 1944 il est arrêté par les Allemands et sera libéré à la veille de l'insurrection de Varsovie. Après la guerre, il vit à Cracovie, retourne ensuite à Varsovie pour s'établir plus tard dans son Zegrzynek natal. Sa renommée et sa position en tant qu’un des plus grands dramaturges polonais du XXe siècle, il les doit à : Le navigateur (1925), L’avocat et les roses (1929), Le pont (1933), Deux théâtres (1946). Dans ses drames, il reliait le lyrisme au psychologisme et les éléments philosophiques et symboliques à l’imagination. Drames recueillis (Volume 1-3, 1958). En outre, il a publié un recueil de documents parus plus tôt dans l’hebdomadaire “Przekrój” de petites œuvres en prose Professeur Tutka (1954-1962). Il a également écrit des pièces radiophoniques considérées comme des classiques du genre, telle : La montre (1935), le scénario de la série TV Le club du professeur Tutka (1967-1969), des souvenirs Près du théâtre (1956). Il a refusé de créer dans le style du réalisme socialiste, ce qui a fait que durant cinq ans ses œuvres ne seront ni produites ni jouées : toute sa production était alors considérée comme idéologiquement hostile. Sa situation va changer après la déstalinisation. En 1955, l'Union des écrivains polonais lui organise un jubilé fastueux, après quoi il recommence à être édité et être vu. C’est à cette époque qu’il reçoit la Croix de Commandeur de l'ordre Polonia Restituta. On ne peut cependant nier que, malgré les brefs succès de ses drames ultérieurs, sa meilleure période créatrice est alors déjà derrière lui. Dans les dernières années de sa vie, l’auteur va se retirer complètement du monde, vivant dans l'isolement. Il a été inhumé dans le cimetière militaire de Powązki à Varsovie.
En septembre 1977, son petit manoir de Zegrzynek, habitée par sa veuve, va entièrement brûler. Va également brûler tout l'héritage de Szaniawski, dont de nombreux inédits. Il avait mentionné avoir écrit 77 pièces de théâtre, et seules 30 ont été éditées. ‹LS›
15 mars15/03/2026
1890 - Naissance à Varsovie de Kazimierz Bagiński, militant du mouvement paysan, député à la Diète, un des dirigeants du Centrolew (centre-gauche), publiciste. En 1905, alors élève d’un collège de la capitale, il prend part à une grève scolaire, ce qui lui vaudra deux semaines d’arrestation. Après avoir déménagé à Lublin en 1911, il termine ses études dans une école privée de philologie. Dans les années 1911-1914, il étudie à l'Université de Lwów. Il va militer au sein du Parti socialiste polonais créant les structures de l’Organisation militaire polonaise (POW) dans la région de Lublin. En 1915, il coorganise le Parti populaire polonais (PSL) “Wyzwolenie” (Libération). Il participe à la création des unions de tirailleurs (Strzelec) en Galicie. Il va combattre pour l’indépendance du pays d’abord dans les Légions polonaises, puis lors de la guerre polono-bolchevique. Après la Première Guerre mondiale, il s’engage dans l’action politique. Dans les années 1918-1931, il va remplir les fonctions de secrétaire du PSL “Wyzwolenie”. De 1919 à 1930, il sera élu député de ce parti à la Diète. En opposition aux partisans de Piłsudski, il cofonde le Centrolew en 1929. Il est condamné à deux ans de prison lors du dénommé “procès de Brest-Litovsk”. Dans les années 1933-1939, il séjourne en Tchécoslovaquie. Dans les années 30, il sera également secrétaire du Comité exécutif suprême du Parti paysan. Pendant l'occupation allemande, il est vice-président du Conseil d'unité nationale - le parlement clandestin. Il milite également au sein du Parti paysan “Roch”. Arrêté par le NKVD le 28 mars 1945, enlevé et envoyé à Moscou, il sera l'un des accusés dans le procès-spectacle dénommé “procès des seize” en juin 1945 et sera condamné à un an de prison. Après sa libération, il rentre au pays et milite dans le Parti paysan polonais (courant Mikołajczyk). Il est de nouveau arrêté et condamné en avril 1947. Une fois libéré, craignant une nouvelle arrestation, il s’enfuit de la Pologne soviétisée à travers la frontière verte. Dans les années 1949-1954, il est président du Comité exécutif suprême provisoire du Parti paysan polonais - fraction de l'Unité nationale ayant son siège à Washington. Jusqu'à sa mort, il vivra aux États-Unis, où il va décéder le 27 juillet 1966 à Phoenix (Arizona). ‹LS›
Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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