Éphéméride polonaise

  • 10 février
    10/02/2026

    1940 - Première déportation massive de population polonaise au fin fond de l'Union soviétique : elle concerne environ 140 000 Polonais. La décision de la déportation avait été prononcée le 5 décembre 1939 par le Conseil des commissaires du peuple. Durant les deux mois qui ont suivi, ont été poursuivis les préparatifs pour la mener à bien, au cours desquels ont été dressées des listes et menées des “reconnaissances sur le terrain”. Sont principalement déportés des colons militaires, des petits et moyens fonctionnaires d’État et des employés des services forestiers et des chemins de fer polonais. Des familles entières sont emmenées sans exception. Le processus est supervisé personnellement par Vsevolod Merkulov - adjoint au chef du NKVD Lavrenti Beria. Les Polonais constituent dans ce contingent environ 80% de tous les déportés, les 20% restants étant constitués de Biélorusses et d’Ukrainiens. La déportation supervisée par le NKVD a lieu dans des conditions terribles qui seront pour beaucoup une condamnation à mort. Pendant sa réalisation, la température atteint jusqu'à moins 40° C. On donne aux déportés quelques dizaines de minutes pour empaqueter leurs bagages. Les déportés seront transportés dans des wagons de marchandises avec des barreaux aux fenêtres - 50 personnes, et parfois plus, par wagon. Le voyage jusqu’au lieu de l’exil durera parfois pendant plusieurs semaines. Les conditions régnant durant le transport seront effrayantes, des gens mourront de froid, de faim et d'épuisement. Après avoir atteint l'endroit de l'exil, un travail d’esclave, la pauvreté, la maladie et la faim attendent les déportés. Ils seront déployés dans la République socialiste soviétique autonome des Komis, dans les oblasts du Nord de la République socialiste fédérative soviétique de Russie : Arkhangelsk, Tcheliabinsk, Tchkalovsk, Gorki, Irkoutsk, Ivanovo, Iaroslavl, Kirov, Molotov, Novossibirsk, Omsk, Sverdlovsk et Vologda, dans les RSSA iacoute et bachkire ainsi que dans le kraï de Krasnoïarsk et celui de l'Altaï. Le contingent de déportés a été qualifié de “colons-déplacés spéciaux”. Les très mauvaises conditions météorologiques, le travail éreintant à l’abattage des forêts et le règlement au caractère et à la discipline presque identiques à ceux d’un camp de travail auxquels va se trouver confrontée la population des expulsés, fera que la mortalité au sein de ce contingent sera des plus élevées et atteindra déjà dans les premiers mois de l'exil un taux de 3-4%. Les déportations suivantes de citoyens polonais seront effectuées en avril et juin 1940. La dernière commencera à la veille de la guerre germano-soviétique fin mai 1941. Au total, selon le NKVD, en quatre expulsions auront été exilées 330-340 000 personnes. Le but de ces déportations était l'extermination des élites et de toute conscience nationale de la population polonaise en général, brisant ainsi la structure sociale, tout en fournissant de la main-d'œuvre à l'empire totalitaire soviétique. ‹LS›

    *Une partie des déportés vers l'Est sortiront des camps de travail grâce à la formation sur le territoire de l’URSS de l'armée du général Władysław Anders constituée après la conclusion de l'accord Sikorski-Maysky du 30 juillet 1941.

  • 9 février
    09/02/2026

    1999 - Décès à Varsovie d’Aleksander Gieysztor, historien médiéviste. Il est né le 17 juillet 1916 à Moscou. En 1937, il est diplômé d’histoire de l'Université de Varsovie. En tant qu’aspirant, il participe à la campagne de septembre 1939. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fait partie du Bureau d’information et de propagande du Commandement central de l’Union de l’Armée de l’intérieur-AK. Il participe aux combats de l'Insurrection de Varsovie. Il enseigne à l'Université clandestine et, en 1942, il obtient son doctorat. Après la guerre, il travaille à l'Institut national d'histoire de l'art et d’inventaire des monuments historiques. À partir de 1949, il est professeur à l’Université de Varsovie, de 1955 à 1975, directeur de l’Institut d’histoire. En mars 1964, il est l'un des 34 intellectuels qui ont signé la protestation déposée auprès du Premier ministre Józef Cyrankiewicz, dans laquelle ils réclament un changement dans la politique culturelle polonaise en conformité avec les droits garantis par la Constitution de l'État polonais. En 1971, il devient membre de l'Académie polonaise des sciences (en 1980-1984 et 1990-1992, il en sera le président). Dans les années 1980-1991, il devient le premier directeur du Château Royal de Varsovie. En 1989, il est coprésident des débats lors de la “Table ronde”. Il fait partie des fondateurs de l'École supérieure des sciences humaines à Pułtusk (1994) qui à partir de 2002 va porter son nom. Ses ouvrages majeurs portent sur l'histoire médiévale polonaise et l’histoire universelle. Pour toutes ses réalisations, il a reçu l'Ordre de l'Aigle Blanc, la Légion d'honneur française, le titre de citoyen d'honneur de Varsovie et de Pułtusk, et celui de docteur honoris causa de la Sorbonne et de trois universités polonaises (Université catholique de Lublin, Université Jagellonne de Cracovie et Université Adam-Mickiewicz de Poznań). Il a été inhumé au cimetière de Powązki à Varsovie. ‹LS›

  • 8 février
    08/02/2026

    1876 - Naissance à Rzeszów de Jan August Kisielewski, dramaturge, critique et essayiste, associé au mouvement littéraire de la “Jeune Pologne” au début du XXe siècle. Suite au décès de sa mère, sa prime jeunesse ne fut pas très heureuse. Il va étudier à Vienne et à Cracovie. Il séjournera ensuite à Paris avec l'intention de postuler pour des mises en scène dans les théâtres locaux. De retour à Cracovie, il fonde en 1903 le magazine satirique “Liberum Veto” qui donnera naissance en 1905 au légendaire “Zielony Balonik”, le premier cabaret artistique de Cracovie. En 1906, il s'installe à Varsovie où il écrit pour des magazines liés au mouvement nationaliste “Démocratie nationale”. Assez rapidement, apparaîtront chez lui les symptômes d’une maladie mentale. Il devra passer une partie de sa vie en isolement. Il mourra à Varsovie le 29 janvier 1918. Il a été inhumé au cimetière de Powązki.

    Kisielewski est principalement connu aujourd’hui pour ses deux drames : “Dans le filet” (1896) et “Caricatures” (1898) qui l’ont fait définitivement entré dans les classiques du théâtre polonais. ‹LS›

    “Dans le filet” et “Caricatures”