Éphéméride polonaise
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23 février23/02/2026

1766 - Décès à Lunéville de Stanisław Leszczyński, roi de Pologne dans les années 1704-1709 et 1733-1736. Il est décédé au terme d’une longue agonie, suite à des brûlures (son vêtement a pris feu à partir d'une étincelle de la cheminée).
Il est né le 20 octobre 1677 à Lwów. Il est le représentant de l'une des plus puissantes familles de Grande-Pologne et sera le père de Marie, l’épouse du roi de France Louis XV.
Dans les années 1695-1696, il visite entre autres l’Allemagne, la France et l’Italie. C’est pour lui l’occasion d’apprendre les bonnes manières, d'élargir son horizon, mais aussi de connaître l'élite de l'Europe occidentale. Il devient voïvode de Poznań à partir de 1699. En tant que député à la Diète élective, il va s'opposer à l’élection d’Auguste II le Fort sur le trône de Pologne. Pendant la grande guerre du Nord (1700-1721), avec le primat Michał Radziejowski et le grand hetman de la couronne Hieronim Lubomirski, il se retrouve à la tête de la confédération de Środa (1703) qui réclame l'abdication du roi. Après la destitution d’Auguste II par la Confédération générale de Varsovie, avec le soutien de Charles XII de Suède, il obtient en 1704 le trône de Pologne. 1705 : il conclut une alliance avec le roi de Suède permettant à Charles XII le maintien de ses troupes en Pologne et l’enrôlement de soldats. Dans le pays va éclater une guerre civile entre les partisans d'Auguste II et ceux de Stanisław Leszczyński. 1706 : suite à la paix d’Altranstädt et à la résignation de la couronne polonaise par Auguste II, Stanisław Leszczyński devient formellement le seul roi de la Pologne. 1709 : après la défaite de Charles XII à Poltava, abandonné par ses partisans, il émigre en Turquie, puis en Suède, et enfin à Wissembourg en Alsace. 1733 : après la mort d'Auguste II, soutenu par son gendre Louis XV, il est réélu roi de Pologne. Suite à l'opposition des magnats, de la noblesse et à l'intervention militaire de la Russie, il va abdiquer en 1736. Il recevra à titre viager du roi de France le duché de Bar et la Lorraine, où il deviendra célèbre comme prince bienveillant, mécène des arts et des sciences. Il est l’auteur de l’ouvrage La voix libre assurant la liberté (1749). Il a été inhumé dans l'église Notre-Dame-de-Bonsecours à Nancy.
L'église sera détruite pendant la Révolution française et les restes du roi seront par deux fois profanés. En 1814, ils seront amenés à Poznań avec l'intention de les faire inhumer dans la cathédrale du Wawel à Cracovie. Depuis lors, leur destin restera inconnu jusqu'en 1924, quand ils seront retrouvés dans les sous-sols de l'église Sainte-Catherine à Léningrad, d’où ils seront clandestinement transférés au château royal de Varsovie. En 1926, ils seront installés dans l'une des salles du château royal du Wawel pour se retrouver en 1938 dans la cathédrale du Wawel, au début dans la crypte de Batory, puis dans la crypte de Zygmunt. ‹LS›22 février22/02/2026
1814 - Naissance à Przysucha d’Oskar Kolberg, ethnographe, folkloriste, compositeur, auteur d’une œuvre primordiale pour l'ethnographie polonaise “Le peuple. Ses coutumes, son mode de vie, sa langue, ses légendes, ses proverbes, ses rites, ses superstitions, ses jeux, ses chansons, sa musique et ses danses”. Il est le fils d’un ingénieur cartographe prussien arrivé en Pologne en 1796, Julius Kolberg et de Karolina Mercoeur, né près de Varsovie, issue d’une famille française. Il fréquente le Lycée de Varsovie. Il va étudier la musique à Varsovie et à Berlin. Il travaillera comme professeur de musique. Initialement, il lie son avenir à une carrière de compositeur. Au fil du temps, il va porter son intérêt exclusivement sur la documentation du folklore. Déjà à la fin des années trente, il commence à transcrire des chansons et des airs folkloriques. Jusqu’en 1840, il va noter des centaines de chansons. Dans les années 40, il va également publier son premier recueil de chansons folkloriques destinées à être chantées. À partir de 1845, il va travailler pendant douze ans comme employé à la direction du chemin de fer Varsovie-Vienne. Dans le même temps, il entreprend des recherches systématiques sur le terrain, d'abord en Mazovie, puis plus tard, sur tout le territoire recouvrant l'ancienne République des Deux-Nations. Il collabore avec des magazines de Varsovie. Il est corédacteur de l'Encyclopédie universelle de Samuel Orgelbrand, pour laquelle il élabore la plupart des articles consacrés à la musique. En 1857, il édite Chansons du peuple polonais, contenant plus de 400 ballades et autant d’airs de danse. Ce recueil, dans lequel la musique folklorique est présentée sous une forme authentique, sans arrangements harmoniques, est déjà à cette époque-là très fortement apprécié. En 1865, il élabore et commence à mettre en œuvre un grand plan pour recueillir les sources pour un nouveau domaine de la science - l'ethnographie. La même année, paraîtra la première partie de son œuvre Le peuple. Ses coutumes, son mode de vie, sa langue, ses légendes, ses proverbes, ses rites, ses superstitions, ses jeux, ses chansons, sa musique et ses danses. Dès lors, il va constamment mettre en œuvre ce nouveau concept à travers une série de monographies régionales, qui formeront au total le tableau de la culture populaire du XIXe siècle. En 1873, Kolberg devient membre correspondant de l'Académie des arts et sciences, puis président de la section ethnologique de la Commission anthropologique de l'Académie. En 1878, il se rend à l’Exposition universelle de Paris. Pour ses publications, exposées dans la section ethnographique du pavillon autrichien, il recevra la médaille de bronze. Il cherchera néanmoins en vain un soutien financier pour son projet. Il aura vécu et travaillé dans des conditions très modestes. Il est mort le 3 juin 1890 et a été inhumé dans le cimetière Rakowicki à Cracovie. Les deux volumes publiés par Kolberg de Le peuple et Images ethnographiques, comme les matériaux laissés dans ses manuscrits, sont une source inestimable pour l'histoire de la culture nationale. C’est l’Institut Oskar Kolberg à Poznań qui se charge de l’élaboration et de la publication de ce patrimoine. ‹LS›
Depuis 1974, existe le Prix Oskar Kolberg pour services rendus à la culture populaire polonaise. Le groupe folklorique de la société “Sokół” de Carvin (Pas-de-Calais) en sera le premier lauréat français en 1975.
21 février21/02/2026
2011 - Décès à Cracovie de Jerzy Nowosielski, peintre, illustrateur, scénographe, philosophe et théologien orthodoxe. Il est né le 7 janvier 1923 à Cracovie. Considéré comme l'un des plus grands peintres contemporains d’icônes. Sa mère était polonaise, son père lemko de confession uniate. Durant l'occupation allemande, il s’inscrit à la Kunstgewerbeschule (École des arts décoratifs) de Cracovie, qu’il va quitter au bout de deux ans et en 1942 il rejoint la communauté uniate du monastère St Jean-Baptiste à Uniów près de Lwów. Il ne passera que quelques mois en noviciat : pour cause de maladie, il doit retourner à Cracovie. Dans l’établissement monastique, il aura eu un premier contact avec la peinture d’icônes. En 1945, il s’inscrit à la Faculté de peinture de l’École supérieure d’arts plastiques de Cracovie (aujourd’hui Académie des beaux-arts), mais va interrompre ses études et n’obtiendra son diplôme en candidat libre qu'en 1961. À partir de 1947, il est assistant de Tadeusz Kantor ; trois ans plus tard, il part s’installer à Łódź où il devient directeur artistique à la Direction nationale du théâtre de marionnettes. Il va se lier avec le Groupe des jeunes plasticiens (Ier Groupe de Cracovie) et à partir de 1957, il sera membre-fondateur du IIe Groupe de Cracovie. Dans les années 1957-1962, il enseigne à l’École supérieure d’arts plastiques de Łódź et de 1962 jusqu'à sa retraite en 1993, à l'Académie des beaux-arts de Cracovie. Lors de la première Exposition d'art moderne de Cracovie (1948), il exposera des peintures dans le style de l'abstraction géométrique. Dans la période du réalisme socialiste, il s’occupera d’art sacré et de scénographie. Sa première exposition date de 1955 ; juste après, il va représenter la Pologne à la Biennale de Venise (1956) et à São Paulo (1959).
Il a peint des nus, des natures mortes, des paysages, des tableaux abstraits. Il est l'auteur de plusieurs milliers de dessins. Les figures féminines - caractéristiques dans toutes les créations de Nowosielski - sont représentées avec les mains et les jambes liées, les jambes pendant à des trapèzes et des barres, sanglées au pilori ou sur l'échafaud. Certaines aussi prennent des poses impudiques de sportives. C’est l’art byzantin qui aura eu la plus grande influence sur la production de Nowosielski. Il a été l'auteur de nombreuses peintures murales dans des églises orthodoxes et catholiques, dont l'église de Lourdes. Il a créé des décors et des costumes pour le théâtre : “Antigone” de Sophocle et “Les juges” de Wyspiański. Il a laissé des écrits théoriques sur l’icône et la peinture. En 1996, avec son épouse Zofia, il a créé la Fondation Nowosielski, dont le but est d’aider les réalisations exceptionnelles de la culture polonaise par l’octroi de bourses et de prix annuels. Il était docteur honoris causa de l'Université Jagellonne et lauréat de la Médaille d'argent “Cracoviae Merenti” décernée pour services rendus à Cracovie. En 2008, il a reçu la Médaille d'or du Mérite culturel polonais “Gloria Artis”. En 2010, il a obtenu le Prix Erazm et Anna Jerzmanowski de l'Académie polonaise des arts et sciences décerné “en reconnaissance de ses réalisations artistiques et de son travail permanant au profit de la réconciliation entre les Églises et entre les nations”. Déjà à l’époque, en raison de son état de santé, il n’avait pas participé à la cérémonie de remise du prix. Il a été enterré dans le cimetière Rakowicki à Cracovie. ‹LS›


Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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