Éphéméride polonaise

  • 12 mai
    12/05/2026

    1970 - Décès à Londres du général Władysław Anders. Il est né le 11 août 1892 à Błonie, alors en territoire annexé par l’Empire russe. Il venait d'une famille d'origine allemande polonisée provenant de Livonie, fermement enracinée dans la tradition et la foi protestante. 1914-1917 : lieutenant de cavalerie dans l'armée tsariste, il est blessé à trois reprises. En 1917, il réalise un parcours abrégé à l'Académie d’état-major général à Saint-Pétersbourg. La révolution de Février et le renversement du régime tsariste en 1917 le trouvent en Roumanie, où il va servir en tant que chef d'état-major de la 7e division de chasseurs. Il participe ensuite à la formation des troupes du 1er Corps polonais en Russie commandé par le général Józef Dowbor-Muśnicki. Après la capitulation du Corps devant les Allemands, il retourne en Pologne et entre dans l'armée polonaise. Il prend part à l’Insurrection de Grande-Pologne en 1918-1919 et à la guerre polono-russe de 1919 à 1921. Il sera blessé lors de la bataille de la Bérézina. En 1923, il est diplômé de l'École supérieure de guerre à Paris. Pendant le coup d'État de mai 1926, il est chef d’état-major des troupes gouvernementales. 1928-1937 : il commande la Brigade de cavalerie des Confins, puis (12 septembre 1939) celle de Nowogród avec laquelle il va entrer au sein de l'armée “Modlin” (guerre défensive polonaise de 1939). À partir de septembre 1939, en captivité soviétique, emprisonné par le NKVD à Lwóv et à Moscou. Pendant son séjour de 22 mois en prison, il est maintes fois interrogé et incité sans succès (déjà à l'hôpital de Lwów) à rejoindre l'Armée rouge. Libéré après la signature de l’accord polono-soviétique du 30 juillet 1941, il devient en 1941-1942 commandant de l'armée polonaise en URSS, puis en 1942-1943, de l'armée polonaise à l'Est, et de 1943 à 1946 du Deuxième corps polonais (Forces armées polonaises à l’Ouest), avec lequel il va, entre autres, se battre au Monte Cassino. Adversaire résolu du déclenchement de l'insurrection de Varsovie d’août 1944. De février à mai 1945, suite au maintien en captivité du général Tadeusz Bór-Komorowski, il prend les fonctions de commandant en chef et, après avoir assuré l’intérim, il reprend le commandement du 2e Corps polonais. Il critiquera vivement les conclusions de la conférence de Yalta. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il restera en exil, participant activement aux activités politiques de l’émigration polonaise. Le 27 septembre 1946, il est privé de la citoyenneté polonaise et de son grade de général par le gouvernement provisoire d'unité nationale (ils lui seront rendus à titre posthume après l'effondrement du régime communiste). 1946-1954 : il exerce la fonction titulaire de commandant en chef et d’inspecteur principal des forces armées. Il patronne la création du Trésor national. Le 8 août 1954, il entre au Conseil des Trois. Coorganisateur du Congrès de la Pologne combattante (1966), relié avec la célébration du millénaire du baptême de la Pologne. Auteur de : Sans le dernier chapitre. Souvenirs des années 1939-1946 (Londres, 1949).

    Władysław Anders est mort exactement le jour du 26e anniversaire de la bataille du Monte Cassino. Il sera inhumé, selon sa volonté, au milieu de ses soldats au cimetière militaire polonais à Monte Cassino, en Italie. Parmi ses ordres et décorations : insigne pour plaies et blessures - huit fois blessé ; ordre de l'Aigle Blanc (à titre posthume) ; Croix de Commandeur de l'ordre militaire Virtuti Militari ; Croix de Commandeur de l'ordre Polonia Restituta ; Croix de l'Indépendance ; Croix de la Valeur militaire - quatre fois ; Croix d'or du Mérite avec glaives - quatre fois ; Croix de chevalier de la Légion d'honneur (France). ‹LS›

  • 11 mai
    11/05/2026

    1895 - Naissance à Lwów de Jan Parandowski - fils d'un prêtre gréco-catholique - remarquable expert de la culture grecque et romaine, propagateur des grandes traditions de l'humanisme européen. En 1913, il entre à la Faculté de philosophie de l'Université de Lwów - il étudiera la philosophie, la philologie classique, l'archéologie, l'histoire de l'art et de la littérature. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il est interné en Russie. Il va ensuite travailler comme enseignant dans les écoles de Voronej et Saratov. À partir de 1920, il reprend ses études et en 1923, il obtient sa maîtrise en philologie classique et en archéologie. Bientôt, il va apparaître au monde comme un connaisseur de la culture et de la littérature anciennes, adhérant aux valeurs importantes de l'antiquité dans son travail d'écriture.

    En 1922-1924, il est directeur littéraire de la maison d'édition Alfred Altenberg, où il initie une série de traductions de la littérature classique et la série "Wielcy pisarze/Grands écrivains". Il collabore avec les magazines "Gazeta Poranna/Journal du matin", "Tygodnik Ilustrowany/Hebdomaire illustré", "Wiadomości Literackie/Nouvelles littéraires" et l'hebdomadaire "Tęcza/Arc-en-ciel". Dans les années 1924-1926, il entreprend des voyages de recherche en France, en Grèce et en Italie.

    En 1929, il s'installe à Varsovie. Il y travaille comme secrétaire de rédaction du mensuel "Pamiętnik Warszawski/Mémoire de Varsovie" et publie des critiques littéraires et théâtrales dans la presse de Lwów et de Varsovie. En 1930, il devient membre du PEN Club polonais ; un an plus tard, il rejoint son conseil d'administration - en 1933-1978 (avec une interruption pendant la guerre), il sera le président de l'association et va représenter à plusieurs reprises la Pologne lors de congrès internationaux.

    Lors des Jeux Olympiques d'été de 1936 à Berlin, il reçoit la médaille de bronze au Concours d'art et littérature pour le roman "Disque Olympique". Un an plus tard, l'Académie polonaise de littérature va lui décerner le Laurier d'or pour son œuvre littéraire exceptionnelle. Dans les années 1937-1938, il rédige la série "Wielcy ludzie/Grands personnages" à la maison d’édition nationale de livres scolaires.

    Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il sera actif dans le mouvement culturel clandestin. Durant l'insurrection de Varsovie, il va perdre ses archives littéraires et ses manuscrits inédits détruits par les flammes.

    Dans les années 1945-1950, il obtient la chaire de culture antique puis de littérature comparée à l'Université catholique de Lublin. Il devient membre ordinaire de la Société scientifique de Varsovie, coopère avec : “Tygodnik Powszechny/Hebdomadaire universel, Meander/Méandre et Twórczość/Création”, et reprend ses activités en tant que président du PEN Club polonais. En 1948, il prépare le Congrès mondial des intellectuels pour la paix à Wrocław, puis il va de nouveau résider à Varsovie. En 1949, en tant que membre du Comité polonais des défenseurs de la paix, il est délégué du Conseil national des défenseurs de la paix au Congrès des défenseurs de la paix à Paris. À partir de 1956, il est membre de l'Association de la culture européenne (SEC). En 1958, il coorganise le Congrès international des traducteurs à Varsovie ; en 1962, il devient vice-président du PEN Club international. En 1964, il reçoit le prix d'État du 1er degré et la même année, il sera signataire de la "Lettre des 34" universitaires et écrivains aux autorités pour protester contre la restriction de la liberté d'expression dans la Pologne populaire. En 1975, il est honoré pour l'ensemble de sa carrière par Radio Free Europe et obtient le titre de docteur honoris causa du département de philosophie chrétienne de l'Université catholique de Lublin. Jan Parandowski décède le 26 septembre 1978 à Varsovie. Il sera enterré au cimetière varsovien de Powązki.

    • Deux fois nommé pour le prix Nobel de littérature (1957, 1959).
    • Ses distinctions : Croix de Commandeur avec étoile de l'ordre Polonia Restituta (1959), Croix de Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (1973).

    • Œuvres sélectionnées : Mythologie (1924), Disque olympique (1933), Le Ciel en flammes (1936), Alchimie du mot (1951), Le cadran solaire (1953). ‹LS›