Éphéméride polonaise

  • 15 avril
    15/04/2026

    1890 - Naissance à Varsovie de Kazimierz Bagiński, militant du mouvement paysan, député à la Diète, un des dirigeants du Centrolew (centre-gauche), publiciste. En 1905, alors élève d’un collège de la capitale, il prend part à une grève scolaire, ce qui lui vaudra deux semaines d’arrestation. Après avoir déménagé à Lublin en 1911, il termine ses études dans une école privée de philologie. Dans les années 1911-1914, il étudie à l'Université de Lwów. Il va militer au sein du Parti socialiste polonais créant les structures de l’Organisation militaire polonaise (POW) dans la région de Lublin. En 1915, il coorganise le Parti populaire polonais (PSL) “Wyzwolenie” (Libération). Il participe à la création des unions de tirailleurs (Strzelec) en Galicie. Il va combattre pour l’indépendance du pays d’abord dans les Légions polonaises, puis lors de la guerre polono-bolchevique. Après la Première Guerre mondiale, il s’engage dans l’action politique. Dans les années 1918-1931, il va remplir les fonctions de secrétaire du PSL “Wyzwolenie”. De 1919 à 1930, il sera élu député de ce parti à la Diète. En opposition aux partisans de Piłsudski, il cofonde le Centrolew en 1929. Il est condamné à deux ans de prison lors du dénommé “procès de Brest-Litovsk”. Dans les années 1933-1939, il séjourne en Tchécoslovaquie. Dans les années 30, il sera également secrétaire du Comité exécutif suprême du Parti paysan. Pendant l'occupation allemande, il est vice-président du Conseil d'unité nationale - le parlement clandestin. Il milite également au sein du Parti paysan “Roch”. Arrêté par le NKVD le 28 mars 1945, enlevé et envoyé à Moscou, il sera l'un des accusés dans le procès-spectacle dénommé “procès des seize” en juin 1945 et sera condamné à un an de prison. Après sa libération, il rentre au pays et milite dans le Parti paysan polonais (courant Mikołajczyk). Il est de nouveau arrêté et condamné en avril 1947. Une fois libéré, craignant une nouvelle arrestation, il s’enfuit de la Pologne soviétisée à travers la frontière verte. Dans les années 1949-1954, il est président du Comité exécutif suprême provisoire du Parti paysan polonais - fraction de l'Unité nationale ayant son siège à Washington. Jusqu'à sa mort, il vivra aux États-Unis, où il va décéder le 27 juillet 1966 à Phoenix (Arizona). ‹LS›

  • 14 avril
    14/04/2026

    1917 - Décès à Varsovie du professeur Ludwik Zamenhof, médecin, créateur de la langue construite internationale espéranto. Il est né dans une famille juive le 15 décembre 1859, à Białystok, alors sur le territoire de l'Empire russe, c’est pourquoi le petit Ludwik grandira dans une atmosphère multinationale, composée de Juifs, de Polonais, de Russes et d’Allemands. Déjà à l'âge de neuf ans, il écrit sa première œuvre. C’est une pièce intitulée “La Tour de Babel”, dont l’archétype est l’hôtel de ville de Białystok et le bazar qui l’entoure, là où le jeune Zamenhof et ses frères passent leur enfance. L’auteur de cette œuvre affirme que la base des conflits et des malentendus entre les gens est la barrière de la langue. La solution à ce problème doit donc être une langue commune pour tous. En 1873, la famille Zamenhof quitte Białystok et déménage à Varsovie. Après avoir terminé son école secondaire, Ludwik part, suivant la volonté de son père, étudier de 1879 à 1881 la médecine à Moscou, n’abandonnant cependant pas la passion de toute sa vie. Mais il devra retourner en Pologne parce qu’après l'assassinat du tsar Alexandre II, les sentiments antisémites avaient augmenté en Russie. Il retourne donc à Varsovie où il va poursuivre ses études jusqu'en 1885. Un an plus tard, il s'installe à Vienne où il se spécialisera en ophtalmologie. Après ses études, il retourne à Varsovie où il travaille comme ophtalmologiste, mais sa passion pour les langues est toujours présente. Il commence donc à travailler sur la langue qui est censé être au-dessus des divisions. En 1887, il trouve un éditeur pour publier un livre en russe sous le titre de “Lingvo Internacia” (langue internationale). Il va trouver dans son épouse Klara et dans le père de celle-ci les partisans les plus chauds pour son travail sur la langue internationale. Malheureusement, en plus de travailler sur cette langue internationale, Ludwik doit gagner sa vie pour subvenir aux besoins de sa famille. Il est toujours ophtalmologiste. Tenté par un bon travail, ce qui malheureusement s’avèrera être une grosse erreur, il part au fin fond de la Russie, à Kherson. Il s’ennuie de sa femme et de son fils. Il retourne alors à Varsovie, mais encore une fois la situation financière oblige la famille Zamenhof au départ, cette fois pour Grodno. Lui viendra en aide, comme d'habitude, le père de Klara - Alexander Silbernik, un riche marchand de Kaunas. Ludwik et sa famille peuvent finalement revenir à Varsovie où il va ouvrir un cabinet privé. Durant toutes ces années de difficultés financières et d’errance, il n’a pas interrompu son travail sur la langue espéranto, alors maintenant que sa vie s'est stabilisée, il pourra se consacrer entièrement à la passion de sa vie. L’année 1889 est extrêmement importante pour la propagation de la lingvo internacia, appelée espéranto, parce que commence à paraître la première revue “La Esperantisto” à Nuremberg. Sont également créés les premiers clubs des adeptes de l'espéranto. Enfin arrive le succès - en 1905 à Boulogne-sur-Mer en France a lieu le premier Congrès mondial d’espéranto. Paris accueille le Dr Esperanto avec la Tour Eiffel illuminée en son honneur. Ludwik Zamenhof est également décoré de l'ordre de la Légion d'honneur. Les congrès mondiaux suivants vont renforcer et diffuser l'espéranto dans le monde entier. En 1908, est fondée l'Association mondiale d'espéranto (Universala Esperanto-Asocio). Il semble alors que l'idée de l'espéranto relie les gens de différents pays et continents, et que le rêve de Ludwik Zamenhof, né autour de l’hôtel de ville de Białystok, est enfin devenu réalité. En 1913, Zamenhof est proposé pour le prix Nobel. Après sa mort, il sera enterré dans le cimetière juif de la rue Okopowa à Varsovie. Partout dans le monde il y a des centaines d'endroits (rues, places, etc.), portant le nom de Zamenhof et d’espéranto - et aussi deux astéroïdes entre Mars et Jupiter. ‹LS›