Éphéméride polonaise
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18 avril18/04/2026

1927 - Naissance à Płock (Mazovie) de Tadeusz Mazowiecki, écrivain, journaliste et homme d’État polonais. Il fait des études de droit à l’Université de Varsovie. Après la guerre, il fait son entrée dans la vie politique à une époque très difficile. Il se lie avec l’organisation catholique laïque “Pax” qui tente de coexister avec les communistes. De 1953 à 1955, il devient rédacteur en chef de l’hebdomadaire de l’association : “Wrocławski Tygodnik Katolicki”. Destitué pour s’être rebellé contre le leader de “Pax”, il est cofondateur en 1957 du Club des intellectuels catholiques varsoviens. En 1958, il est rédacteur en chef du mensuel catholique “Więź” (Le lien). Il le restera pendant 22 ans. En 1961, il est élu député à la Diète, où il milite au sein du cercle des députés de “Znak” (Le signe) - une organisation catholique laïque tolérée par le pouvoir communiste. En 1968, en collaboration avec le cercle “Znak”, il est l’auteur d’une interpellation parlementaire sur la jeunesse battue et maltraitée par la milice. Il cesse d’être député en 1971, mais le mensuel “Więź” parvient à se maintenir. Dans la seconde partie des années 70, il passe résolument du côté des adversaires de la collaboration avec les communistes. En 1976, il est signataire d’une protestation contre l’introduction dans la Constitution de l’inscription sur le rôle dirigeant du PZPR - Parti ouvrier unifié polonais. En 1976, il soutient activement l’activité du Comité de défense des ouvriers (KOR) et en mai 1977, devient le porte-parole des personnes grévistes de la faim dans l’église Saint-Martin à Varsovie. En 1978, il est cofondateur de l’illégale “Université volante” dont le but est de briser le monopole de l'enseignement public au niveau universitaire. En 1980, avec un groupe d’experts, il devient conseiller du syndicat indépendant et autonome “Solidarność” et en 1981, il exerce la fonction de rédacteur en chef de l’hebdomadaire “Solidarność”. La loi martiale, imposée par le général Jaruzelski en décembre 1981, lui vaut d’être interné, comme tant d’autres, pendant un an. Le bruit ayant alors couru qu’il avait été assassiné, l’archevêque de Paris Jean-Marie Lustiger va célébrer une messe à Notre-Dame à l’intention de celui qui était un ami de Jean-Paul II. À sa libération, il collabore avec Lech Wałęsa - président de “Solidarność” - et devient conseiller du KKW - Comité exécutif national du syndicat - et membre du “Komitet Obywatelski” - Comité des citoyens. En 1989, il participe aux négociations de la Table ronde entre les représentants des autorités de la République populaire de Pologne, de l’opposition “Solidarność” et de l’Église (statut d’observateur). Le 24 août de cette année-là, il est désigné premier ministre par la Diète. Dans son gouvernement, vont aussi entrer des communistes. Il sera le dernier premier ministre de la République populaire de Pologne et le premier de la IIIe République. De 1990 à 1995, il est cofondateur et président du parti du centre “Union démocratique” devenu ensuite “Union pour la liberté”. Il sera député à la Diète de 1991 à 2001. En 1992, il est nommé à la tête de la Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme en ex-Yougoslavie. Il alertera le monde sur les crimes qui y sont commis. Il va démissionner en 1995 pour protester contre l’inaction de la communauté internationale. En 2005, il est cofondateur du Parti démocrate. En octobre 2010, le Président de la République de Pologne, Bronisław Komorowski, le nomme conseiller chargé de la politique intérieure et étrangère. Tadeusz Mazowiecki décède le 28 octobre 2013 à Varsovie. Le jour de ses obsèques a été décrété jour de deuil national. Parmi ses plus hautes décorations : Ordre de l’Aigle blanc (la plus haute distinction polonaise), Médaille du Mérite culturel polonais Gloria Artis, Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (Vatican), Légion d’honneur (France)… Auteur entre autres de : L’internement (non censurée 1982), Un autre visage de l'Europe (1990). ‹LS›
17 avril17/04/2026
1794 - Après le déclenchement de l’Insurrection de Kościuszko en mars 1794, une conspiration se tramait dans la capitale. Elle visait à libérer la ville dans laquelle était stationnée une garnison russo-prussienne de 7 500 hommes, les troupes régulières polonaises en comptant seulement 3 500. Ce 17 avril, le combat a commencé par la prise de l'Arsenal. Les insurgés ont emporté des canons et environ 10 000 armes à feu qui vont servir à armer les volontaires. Les troupes russes ont été complètement surprises par le nombre et l'énergie des insurgés.
Le lendemain matin, il y avait trois grands regroupements de troupes ennemies dans la capitale : le premier, concentré autour du quartier général dans le centre de la ville, comptait environ 1 000 fantassins, 150 cavaliers et 8 canons, le second - environ 1 700 fantassins, 650 cavaliers et 16 canons, le troisième était constitué d’environ 1 800 Prussiens dans le quartier de Marymont. Les insurgés ont tenté de liquider le groupe qui se trouvait près de l'ambassade tsariste, où se trouvait le quartier général russe. Après de nombreuses heures de combats, celle-ci sera prise. Dans la soirée, Varsovie sera complètement débarrassée des troupes russes et prussiennes, qui ont perdu environ 2 200 hommes tués et 2 000 faits prisonniers. La prise de la capitale sera la plus grande bataille remportée par les Polonais lors de l’insurrection de Kościuszko.
Parmi les commandants qui ont dirigé les combats dans la capitale, s’est distingué le conseiller municipal et cordonnier Jan Kiliński, considéré comme l'un des premiers héros nationaux à ne pas être issu de la noblesse. Il est né en 1760 à Trzemeszno près de Gniezno (Grande-Pologne). À Varsovie, il était connu non seulement comme un bon artisan, mais aussi comme un homme capable de séduire ses concitoyens. Depuis 1936, il a sa statue en bronze rue Podwale dans le centre de la capitale polonaise. ‹LS›
16 avril16/04/2026
1970 - Décès à Varsovie de Jerzy Szaniawski, dramaturge, romancier, feuilletoniste. Il est né le 10 février 1886 à Zegrzynek (Mazovie) dans une famille de propriétaires terriens aux racines intellectuelles : la maison familiale était un lieu de rencontres d’écrivains et d’artistes. Il fait ses débuts en 1912 avec de courts ouvrages de nouvelles et d’écrits humoristiques dans le quotidien “Kurier Warszawski/Courrier de Varsovie” et l'hebdomadaire satirique “Sowizdrzał/L’espiègle”. Auteur de comédies poétiques burlesques Murzyn/Le Noir (1917) et Ptak/L’oiseau (1923). En 1924, il écrit son unique roman - “Amour et choses sérieuses”. Dans la construction de ses drames, il utilisait la forme de la comédie, mais en fait il créait un théâtre philosophique et de réflexion. Avec subtilité, ses drames ironiques étaient pleins de sous-entendus. Ils parlaient d’attente, d’intuitions sous-cutanées, d’instincts subconscients. En 1930, Szaniawski reçoit le Prix littéraire national et est décoré de la Croix d’Officier de l'ordre Polonia Restituta. En 1933, il sera l'un des premiers membres de l'Académie polonaise de littérature. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Zegrzynek familial est annexé au Troisième Reich. Szaniawski déménage à Varsovie. Il milite dans le mouvement de résistance, en 1944 il est arrêté par les Allemands et sera libéré à la veille de l'insurrection de Varsovie. Après la guerre, il vit à Cracovie, retourne ensuite à Varsovie pour s'établir plus tard dans son Zegrzynek natal. Sa renommée et sa position en tant qu’un des plus grands dramaturges polonais du XXe siècle, il les doit à : Le navigateur (1925), L’avocat et les roses (1929), Le pont (1933), Deux théâtres (1946). Dans ses drames, il reliait le lyrisme au psychologisme et les éléments philosophiques et symboliques à l’imagination. Drames recueillis (Volume 1-3, 1958). En outre, il a publié un recueil de documents parus plus tôt dans l’hebdomadaire “Przekrój” de petites œuvres en prose Professeur Tutka (1954-1962). Il a également écrit des pièces radiophoniques considérées comme des classiques du genre, telle : La montre (1935), le scénario de la série TV Le club du professeur Tutka (1967-1969), des souvenirs Près du théâtre (1956). Il a refusé de créer dans le style du réalisme socialiste, ce qui a fait que durant cinq ans ses œuvres ne seront ni produites ni jouées : toute sa production était alors considérée comme idéologiquement hostile. Sa situation va changer après la déstalinisation. En 1955, l'Union des écrivains polonais lui organise un jubilé fastueux, après quoi il recommence à être édité et être vu. C’est à cette époque qu’il reçoit la Croix de Commandeur de l'ordre Polonia Restituta. On ne peut cependant nier que, malgré les brefs succès de ses drames ultérieurs, sa meilleure période créatrice est alors déjà derrière lui. Dans les dernières années de sa vie, l’auteur va se retirer complètement du monde, vivant dans l'isolement. Il a été inhumé dans le cimetière militaire de Powązki à Varsovie.
En septembre 1977, son petit manoir de Zegrzynek, habitée par sa veuve, va entièrement brûler. Va également brûler tout l'héritage de Szaniawski, dont de nombreux inédits. Il avait mentionné avoir écrit 77 pièces de théâtre, et seules 30 ont été éditées. ‹LS›


