Éphéméride polonaise
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24 août24/08/2026

Quelques jours de repos pour l’éphéméride…
Do szybkiego zobaczenia !
23 août23/08/2026
1919 - Déclenchement de l’insurrection de Sejny contre les autorités lituaniennes. Pendant la Première Guerre mondiale, la région a été occupée par l'Allemagne. Après la défaite de celle-ci, Polonais et Lituaniens rivalisent pour le contrôle des districts de Suwałki, Augustów et Sejny. Malgré le tracé de la ligne Foch accepté par la Conférence des Ambassadeurs de l’Entente, le Premier ministre lituanien encourage les habitants lituaniens de la région à se défendre avec haches, fourches et faux ! Le soulèvement est décidé dès le 16 août par la Polska Organizacja Wojskowa (POW)/Organisation militaire polonaise, quelques heures après l’annonce de leur départ faite par les Allemands. Le 24 août, le 41e régiment d’infanterie de Suwałki entre dans Sejny, vivement salué par les habitants, les autorités de la ville et le clergé. Les combats dureront jusqu’au 9 septembre lorsque les forces polonaises sécuriseront la région en repoussant les Lituaniens au-delà de la ligne Foch. Le 8 décembre, la ligne de démarcation sera de nouveau confirmée par le Conseil suprême de l’Entente.
Près de 50 membres de l’Organisation militaire polonaise sont morts durant l’insurrection, une douzaine a été portée disparue et 70 insurgés ont été blessés. Les pertes du côté lituanien furent certainement plus élevées, mais en raison du manque de données fiables, elles ne peuvent être déterminées avec précision. Trois semaines après, Józef Piłsudski est venu à Suwałki où il va prononcer un discours dans le bâtiment de l'actuel musée, dans lequel il dira aux habitants de la ville : "Aujourd'hui, votre terre est libre". Bien que le soulèvement de Sejny ait été victorieux pour la partie polonaise, les combats auront approfondi l'inimitié entre les Polonais et les Lituaniens. ‹LS›
*Photo : parade de la cavalerie polonaise à Sejny
22 août22/08/2026
1898 - Naissance à Łódź d’Irena Tuwim, écrivaine, poétesse et traductrice polonaise. Elle vient d'une famille de Juifs assimilés de Łódź. Elle est la sœur cadette du poète Julian Tuwim. Irena est diplômée du lycée de Łódź. Elle fait ses débuts à l'âge de 17 ans (1916) avec le poème Panienka/La demoiselle, paru dans le numéro 162 du magazine Godzina Polski/L’heure de la Pologne. Elle sera associée au groupe de poésie „Skamander” et publiera des poèmes dans Wiadomości Literackie/Nouvelles littéraires et Skamander. Elle va s’impliquer non seulement dans la poésie, mais aussi dans les traductions du russe et de l'anglais. Sa traduction la plus connue est celle de “Winnie l’ourson” (Kubuś Puchatek) d’Alan Alexander Milne. Irena Tuwim est également l'auteur de Łódzkie pory roku/Les saisons de Łódź - souvenirs d'enfance passés avec son frère Julian Tuwim à Łódź.
En 1922, elle épouse Stefan Napierski - critique littéraire, poète et traducteur. Elle se fait ensuite baptiser et va changer de religion en devenant catholique. La même année, elle s'installe à Varsovie avec son mari. Elle fera de nombreux voyages à l'étranger en sa compagnie : îles frisonnes (lune de miel), Luxembourg, Liechtenstein, Saint-Marin, Paris. En 1930, elle devient membre du PEN Club polonais. La même année, elle se sépare de son mari, en fait un homosexuel. Cinq ans plus tard (1935) à Vilnius, elle va épouser Julian Stawiński - un journaliste et traducteur. Ils vont se marier suivant le rite évangélique réformé. Initialement, ils s’installeront à Ostrów Mazowiecki, puis ils vont déménager à Varsovie. En 1939, après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Irena et son mari émigrent en France, puis en Angleterre. En 1945, ils vont s’installer à Washington, aux États-Unis, où Stawiński a obtenu le poste d'attaché de presse à la première ambassade de Pologne d'après-guerre. À la fin de 1947, tous deux retournent en Pologne et s'installent à Varsovie. Irena va de nouveau se consacrer au travail de traduction. En 1957, elle reçoit le prix du Premier ministre pour ses œuvres pour enfants. En 1969, elle reçoit la Croix de Chevalier de l'Ordre Polonia Restituta. En 1981, elle obtient le prix du PEN Club pour sa traduction en polonais de la littérature jeunesse anglaise. Irena Tuwim est décédée le 7 décembre 1987 à Varsovie. Elle repose au cimetière de Powązki. ‹LS›
21 août21/08/2026
1942 - Dans le camp de concentration d’Auschwitz est exécuté Stanisław Dubois, militant socialiste et journaliste. Son nom à consonnance étrangère lui vient de son ancêtre Charles Auguste Dubois, officier dans l'armée de Napoléon qui après 1812 est resté sur le territoire polonais. Stanisław Dubois est né le 9 janvier 1901 à Varsovie. En septembre 1918, il devient membre du Parti socialiste polonais (PPS). Lors du Congrès de l'Union de la jeunesse socialiste polonaise (ZPMS) en 1919, il est élu président du Comité central. En 1919-1921, il participe aux soulèvements de Silésie. En 1920, il se porte volontaire pour l'armée et prend part à la guerre polono-bolchevique. Au cours de la bataille de Varsovie, il est blessé à la jambe. Pour ses actions accomplies pendant la guerre polono-bolchevique et les soulèvements de Silésie, il sera décoré en 1921 de la Croix de la vaillance et de la Croix sur ruban silésien de la vaillance et du mérite de première classe. En mai 1922, il est cofondateur de l'Union de la jeunesse socialiste indépendante. À partir de 1922, il milite également dans l'Organisation de la jeunesse de la Société de l'Université ouvrière où dans les années 1926-1936 il deviendra membre du Comité central. Il sera secrétaire du comité de rédaction de la revue socialiste “Robotnik” (L’Ouvrier) de 1922 à 1939. Il est aussi le créateur du Scoutisme rouge et le président de son Conseil général de 1926 à 1939. Dans les années 1928-1930, il va exercer un mandat de député à la Diète. En 1930, il coorganise le Centrolew, coalition de partis du centre et de la gauche. Il sera emprisonné plusieurs fois, principalement en raison de son opposition aux gouvernements de la Sanacja - politique d’“assainissement” menée par des moyens autoritaires. De 1931 à 1937, il devient membre du Conseil suprême de la PPS. En 1939, il prend part à la guerre défensive et après la défaite de la Pologne, il milite au sein de la conspiration antinazie. Pour cette activité, le 21 août 1940 il est arrêté par la Gestapo et emprisonné à la prison Pawiak. Au bout d’un mois, il sera transféré au camp de concentration d'Auschwitz d’où à la fin de novembre de nouveau il sera envoyé au Pawiak. Le 29 mai 1941, il est définitivement renvoyé à Auschwitz. ‹LS›
20 août20/08/2026
1840 - Décès de Piotr Karol Franciszek Bontemps, un officier artilleur presque complètement oublié de la charnière des XVIIIe et XIXe siècles. La vie de ce Français, né à Paris le 3 novembre 1777, fut liée au sort de trois nations - française, polonaise et russe. En 1796, il est diplômé de l'École Polytechnique de Paris. Il va participer à de nombreuses campagnes militaires de Napoléon contre la Prusse, l'Autriche et la Russie. En 1809, il rejoint l'armée du duché de Varsovie, où il devient directeur d’artillerie. Il participera à la campagne de Russie de Napoléon en 1812 et aux batailles de Leipzig (16-19 octobre 1813) et de Hanau (30-31 octobre 1813). À partir de 1818, il va servir dans l'armée du Royaume de Pologne en tant que directeur des matériaux d'artillerie et de l'Arsenal. En 1821, il achète la propriété de Gulczewo près de Płock. L'année suivante, il est promu général et devient chef du Corps des fusées. Lors de l’Insurrection de Novembre, il va contribuer au développement de l'industrie de défense. Après la capitulation de Varsovie le 8 septembre 1831, il restera dans la ville et prêtera serment à l'empereur de Russie. Il sera admis dans l'armée russe en tant que général. Il va mourir le 21 août 1840 des suites de graves blessures subies lors d'exercices avec des missiles incendiaires sur le complexe militaire près de Saint-Pétersbourg. Sa femme, Róża Eleonora née Monfreulle, va faire ramener son corps en Pologne et l'inhumer dans l'église paroissiale d'Imielnica près de Płock. En mai 2013, des archéologues du musée de Mazovie à Płock ont mené des fouilles dans la zone de l'église d'Imielnica, qui avait été démontée en 1935. Elles ont conduit à la découverte d'une crypte en ruine contenant deux cercueils : ceux de Piotr Bontemps et de sa femme décédée en 1853. En 2014, les époux Bontemps ont été réinhumés.
Parmi ses décorations : Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur, Croix d'Or de l'Ordre de Virtuti Militari, de l'Ordre de Saint-Stanislas Première classe. ‹LS›
Photo : Symbolique épitaphe dans l’église des capucins, rue Miodowa à Varsovie

