Éphéméride polonaise

  • 3 juin
    03/06/2026

    1968 - Naissance à Niwki près d’Opole de Joachim Halupczok, coureur cycliste, champion du monde sur route en individuel et médaillé d'argent olympique par équipe. Il est initialement formé dans le club LKS Ziemia Opolska. En tant que junior, il n’a pas d'égal dans le pays, remportant en 1987 les titres de champion de Pologne sur route, sur piste et en cyclo-cross. Déjà en 1988, il est appelé dans l’équipe nationale de Pologne et avec elle il prend part aux Jeux olympiques à Séoul. Là, il va remporter la médaille d'argent du contre la montre par équipe sur 100 km en compagnie de Marek Leśniewski, Andrzej Sypytkowski et Zenon Jaskuła. Un an plus tard, il remporte succès sur succès. Le couronnement de cette brillante saison, ce seront les championnats du monde à Chambéry (France). Halupczok remporte d’abord avec ses coéquipiers la médaille d'argent par équipe et trois jours plus tard (le 26 août), avec une énorme avance sur ses rivaux, il gagne la course individuelle dans le style des plus grands champions. Ce succès va lui apporter la victoire dans le plébiscite du “Przegląd Sportowy” pour le meilleur sportif polonais de l’année 1989. Il aura également été quatre fois champion de Pologne. En 1990, il va signer un contrat professionnel et prendra part aux championnats du monde à Utsunomiya (Japon). En automne de cette année-là, apparaîtront des problèmes de santé (arythmie cardiaque), qui l’amèneront à devoir renoncer au sport. Au début de 1992, ses problèmes de santé vont en partie régresser et le coureur est autorisé à revenir dans le peloton. Il participe à la Vuelta espagnole et au Midi Libre, mais des tests réalisés à la fin de la saison vont de nouveau montrer que son arythmie s’est aggravée. Cette fois, le diagnostic et la décision sont alors clairs : c’est fini avec le vélo et la course. Halupczok ne saura pas rester complètement inactif. Il jouera (comme gardien) amicalement au football (en salle). Le 5 février 1994, il va s’effondrer pendant l’échauffement lors d'un tournoi à Opole. Il mourra dans l'ambulance sans recouvrer conscience. Il a été inhumé dans le cimetière d’Osowiec Śląski. À partir de 1994, la plus forte prime de montagne du Tour de Pologne est dédiée à la mémoire de “Achim”. ‹LS›

    Sur le podium, en 1989, Joachim Halupczok entouré par les deux Français Éric Pichon et Christophe Manin

  • 2 juin
    02/06/2026

    1979 - Début du premier pèlerinage du pape Jean-Paul II en Pologne. Il se déroulera du 2 au 10 juin sous la devise de Gaude Mater Polonia (Réjouis-toi, Mère Pologne).

    Ce pèlerinage en Pologne planifié par le pape polonais a beaucoup inquiété les autorités communistes. Il était prévu que l'évêque rebelle de Rome pourrait réveiller les aspirations des Polonais à la liberté. Celui qui s'inquiétait le plus, ce fut Leonid Brejnev, le dirigeant de l'Union soviétique, qui a suggéré de ne pas autoriser le pape à entrer en Pologne. Mais Edward Gierek - en fin de compte - a eu les mains libres dans cette affaire. Les autorités ont mobilisé des milliers d'officiers de la MO (Milicja Obywatelska - milice citoyenne, nom officiel de la police à l’époque), toutes les structures de la SB (Służba Bezpieczeństwa - Service de sécurité) au siège et au niveau des voïvodies ; les congés de leurs fonctionnaires furent suspendus et, en même temps, furent activés des centaines de collaborateurs secrets actifs et dormants, destinés à pénétrer les milieux de l’Église et de l’opposition.

    Le pape visitera tour à tour : Varsovie, Gniezno, Częstochowa, Cracovie, Kalwaria Zebrzydowska, Wadowice, Oświęcim et Nowy Targ. À Varsovie, seront prononcés ces mots qui plus tard deviendront célèbres : “J'appelle, moi, fils de la terre polonaise, et en même temps moi, Jean-Paul II, pape. J'appelle du plus profond de ce Millénaire, j'appelle à la veille de la fête de la Pentecôte, j'appelle avec vous tous : Que descende Ton Esprit ! Que descende Ton Esprit et qu’il renouvelle la face de la terre. De cette terre !”

    Les Polonais conviennent aujourd'hui que la visite de Jean-Paul II en Pologne en juin 1979 a été le fondement de tous les changements politiques ultérieurs qui auront eu lieu dans les années 1980 et a contribué à la création du mouvement Solidarność aux 10 millions de membres, au retour à la liberté et à l'indépendance de la Pologne et des pays de l'ensemble du bloc soviétique. ‹LS›

    https://www.facebook.com/watch/?v=304076313934004

  • 1 juin
    01/06/2026

    1926 - Ignacy Mościcki est élu par l’Assemblée nationale président de la République de Pologne. Il est né le 1er décembre 1867 à Mierzanowo (Mazovie). De 1887 à 1891, il étudie la chimie à l’Université technique de Riga (alors dans l’empire russe), s’engageant par ailleurs dans le mouvement socialiste. Il prend même part aux préparatifs d’assassinat du gouverneur général du Pays de la Vistule (auparavant Royaume du Congrès), alors incorporé comme province de l’Empire russe. Menacé d’arrestation, il se réfugie à Londres en 1892, où il va être actif dans le milieu polonais indépendantiste et où il devient membre du bureau de l’Union des socialistes polonais à l’étranger. C’est dans la capitale britannique qu’en 1896 il rencontre pour la première fois Józef Piłsudski. En 1897, il décide de partir en Suisse où il reçoit un poste d’assistant de 1900 à 1902 à l’institut de physique de l’Université de Fribourg. Ses recherches portent sur l'azote atmosphérique et sur les modalités de sa fixation par l'arc électrique. Il quitte ensuite l’université pour l’industrie. C'est sur la base de ses brevets que sont fondées en 1903 la Fabrique suisse de condensateurs et la Société d'acide nitrique. En 1907, ses appareils sont utilisés dans la plus grande batterie de condensateurs (100 000 V) au monde, installée dans des appareils de diffusion sur la Tour Eiffel. En 1912, il part pour Lwów où il accepte une chaire de chimie à l’École polytechnique. Au recouvrement de l’indépendance de la Pologne, il poursuit ses recherches à l’Université de technologies de Varsovie et organise l’industrie chimique polonaise. En 1922, il devient directeur général de l’usine nationale de composés azotés à Chorzów. Il va déposer plus de 60 travaux et brevets. Sa réalisation scientifique la plus importante aura été le développement d'une méthode industrielle pour obtenir l'acide nitrique de l'air par la synthèse d'oxydes d'azote dans un arc électrique. Après le coup d’État de mai 1926 réalisé par le maréchal Piłsudski, ce dernier le propose comme président de la République de Pologne. Une fois élu - au deuxième tour - par l’Assemblée nationale, Mościcki occupera cette fonction représentative et sera réélu en 1933. En 1935, l’entrée en vigueur de la Constitution d’avril lui conférera des pouvoirs beaucoup plus étendus. Après la double invasion allemande et soviétique de septembre 1939, il se réfugie en Roumanie, y est interné sur pression allemande. Il choisit alors de démissionner et transfère ses pouvoirs au président du Sénat. Également citoyen helvétique depuis 1908, il obtient du Conseil fédéral le droit de vivre en Suisse à condition de s'abstenir de toute activité politique. Il décède le 2 octobre 1946 à Versoix où il sera enterré. En 1993, ses restes sont transférés en Pologne pour être déposés dans la crypte présidentielle de la cathédrale Saint-Jean à Varsovie. ‹LS›