Éphéméride polonaise
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13 janvier13/01/2026

1738 - Naissance à Bledzew de Jan Dekert, marchand, militant politique, probablement originaire d’une famille allemande polonisée. En 1776, il va monter avec des magnats une compagnie de manufactures de laine. À partir de 1769, il sera juré à Varsovie, puis conseiller. En 1776, il prendra à bail le monopole du tabac. Il fera fortune en spéculant sur les fournitures pour l'armée russe. La Constitution parlementaire de 1775 va lui accorder le droit d'acheter des biens fonciers, ce dont il va volontiers profiter en investissant une partie de sa fortune dans l'immobilier. Il sera le représentant des intérêts des villes polonaises - il va lutter pour l'extension des droits civiques à la bourgeoisie, deviendra un défenseur des affaires urbaines. Dans les années 1789-1790, il va occuper le poste de Président de la vieille ville de Varsovie. Il sera coorganisateur de la réunion des délégués des villes qui signeront une pétition au roi, réclamant l'octroi des droits civiques aux bourgeois. Le 2 décembre 1789, à la tête de la procession noire des délégués (habillés en noir) des 141 villes royales, il va remettre au roi Stanislas Auguste Poniatowski le document renfermant entre autres les propositions suivantes : l’admission de représentants de la ville lors de séances de la Diète (sur les questions concernant les villes), l’extension aux citadins du droit neminem captivabimus (personne ne sera enfermé sans procès) et le droit d'acquérir des biens fonciers. La Diète de Quatre Ans désignera une députation spéciale pour les villes royales, au sein de laquelle entrera Dekert en tant que représentant citadin. Il obtiendra alors la “proclamation du maréchal” (en vigueur dans le lieu de séjour du roi) ordonnant l'expulsion des Juifs de Varsovie. Mais les expulsés, un mois plus tard, retourneront dans la ville. Le 16 mai 1790, ils seront victimes d’un pogrom de la part de la bourgeoisie. Dekert restera passif.
Suite à une longue activité politique et conséquence de nombreuses négligences, sa fortune personnelle tombera en ruine. Dekert décédera le 4 octobre 1790 à Varsovie. Il n’aura pas attendu l’attribution des droits civiques élargis qui seront accordés le 18 avril 1791. Il a été inhumé dans la cathédrale Saint-Jean à Varsovie, dans le tombeau des conseillers municipaux. Son fils Jan Dekert deviendra évêque de Varsovie. ‹LS›
12 janvier12/01/2026
1946 - Naissance à Świebodów près de Milicz (Basse-Silésie) de Ryszard Szurkowski, coureur cycliste, formateur et militant. Il a obtenu une maîtrise en éducation physique et a terminé une spécialisation en entraînement (cyclisme) à l'Université d'éducation physique de Wrocław (1984). Membre des clubs : LZS Milicz (début 1966), Radomiak (service militaire), Dolmel Wrocław (1968-1978), FSO Warszawa (1979), Polonez Warszawa (1979-1982), membre de l'équipe nationale (1969-1980). En 1968, il remporte la course de cross-country du championnat de Pologne, battant quelques membres de l’équipe nationale. Son instructeur et son médecin seront surpris avant tout par le cœur de l’autodidacte de Milicz : des tests périodiques ont montré qu'ils ont affaire à un compétiteur extrêmement résistant, dont les résultats sur cycloergomètre dépassent de loin les capacités des autres membres de l’équipe nationale. Il va faire ses débuts dans la Course de la Paix en mai 1969. Dans le prologue, il concède à l’expérimenté Français Danguillaume seulement 42 secondes ! Il remportera par la suite la Course de la Paix en 1970, 1971,1973 et 1975. En tout, il aura parcouru 89 étapes de cette course, dont 52 avec le maillot de leader, et remportant 13 étapes. Quadruple médaillé des championnats du monde - remportant trois fois l'or (course individuelle et course par équipe en 1973 à Barcelone et course par équipe en 1975 à Mettet-B) et une fois l’argent (course individuelle en 1974 à Montréal). Double médaillé d'argent olympique dans la course sur route par équipe (Munich 1972 et Montréal 1976). Participant des Jeux olympiques en 1972 et 1976. Douze fois champion de Pologne en course sur route : en individuel - 1969, 1974, 1975, 1978, 1979, par équipe - 1975, 1976, en double - en 1972, 1975, 1980, en montagne - 1974, en cross-country - 1968). Il a remporté de nombreuses courses internationales, entre autres : Circuit de la Sarthe (1969), Grand Prix d’Annaba (1971, 1979), Tour de Bulgarie (1971), Tour d’Écosse (1972), Tour du Limousin (1974), Tour d'Angleterre (1974), Tour de Basse-Autriche (1977), Oster Radrennen (1978), Tour d’Égypte (1979). Meilleur sportif de Pologne dans le plébiscite du quotidien sportif “Przegląd Sportowy” (1971, 1973). En 1970, lauréat du Prix du Fair Play décerné par l'UNESCO. Il a pris la deuxième place (derrière Irena Szewińska) dans le plébiscite pour le meilleur sportif polonais du XXe siècle. À la fin de sa carrière sportive, entraîneur des équipes nationale et olympique de la Fédération polonaise de cyclisme (1984-1988), responsable de la formation (1997) et vice-président des sports au sein de la fédération. Député à la Diète de la République populaire de Pologne (1985-1989), fondateur de la première équipe cycliste professionnelle en Pologne “Exbud” à Kielce (1988-1989). Commerçant (magasin d’équipements pour le cyclisme), coauteur de livres : Le cyclisme (1979), Être leader (1983), À vélo vers l’Europe (1992). Il a été décoré, entre autres : sept fois de la Médaille d'or pour résultats sportifs exceptionnels, et des Croix : de Chevalier (1972), d’Officier (1976), de Commandeur (1986) et de Commandeur avec étoile de l’ordre Polonia Restituta (1999). Il avait un fils : Robert (1970), qui a disparu pendant les événements tragiques de New York (11 septembre 2001).
Ryszard Szurkowski est décédé le 1er février 2021 à Radom. Il a été inhumé dans le caveau familial à Wierzchowice, en Basse-Silésie. ‹LS›
11 janvier11/01/2026
1929 - Naissance à Varsovie de Wanda Wiłkomirska, violoniste et professeur. La première épouse du Premier ministre Mieczysław Rakowski, avec qui elle a eu deux fils. Elle a commencé à jouer du violon à l'âge de cinq ans et a fait sa première prestation en public à l'âge de 7 ans. Elle s’est aussi essayée au chant, au piano et à la direction d’orchestre. En 1947, elle est diplômée de l'École supérieure de musique de Łódź et en 1950 de l'Académie Franz-Liszt de Budapest. Elle se perfectionnera également sous la direction d’Eugenia Umińska et de Tadeusz Wroński à Varsovie et d’Henryk Szeryng à Paris. Encore jeune fille, elle va remporter des prix dans divers concours et va gagner une renommée internationale. Elle jouera avec les plus brillants orchestres et les plus grands chefs d'orchestre dans les plus célèbres salles de concert au monde. En Pologne, elle deviendra la violoniste la plus remarquable, suscitant toujours l'enthousiasme du public ; on va créer pour elle le poste de soliste à la Philharmonie Nationale, qu’elle occupera durant 22 ans. Elle va accompagner l'orchestre dans ses voyages et sera aussi invitée pour des tournées par d'autres orchestres polonais et étrangers. Après le 13 décembre 1981, durant l’état de guerre, elle quittera le pays. Elle ne reviendra seulement qu’après la chute du communisme en 1990. En 1983, elle a débuté à enseigner à la Hochschule für Musik de Mannheim à Heidelberg, poste qu’elle gardera jusqu'en 1999. Elle avait également fait de la musique de chambre, jouant avec sa sœur Marie (pianiste) et son frère Kazimierz (violoncelliste) dans le Trio Wiłkomirski qui s’est produit en Pologne et à l'étranger. En 1986, elle fondera un nouveau Wilkomirska-Trio, cette fois-ci avec des musiciens allemands. Elle a mené des classes de maître dans le monde entier et, à partir de 1999, une classe de violon au Conservatoire de Musique de Sydney, combinant son travail pédagogique avec des concerts. Elle a été invitée à faire partie du jury à de prestigieux concours internationaux. Elle a terminé les dernières années de sa vie à Varsovie.
Elle a remporté quatre concours internationaux : Genève (1946), Budapest (1949), Bach à Leipzig (1950) et Henryk Wieniawski à Poznań (1952). Pour son activité musicale, elle a reçu de nombreuses récompenses et distinctions dont : le Prix national de 1er degré (1964), le Prix de la Fondation Karol Szymanowski (1997), la Croix de Commandeur avec étoile de l'ordre Polonia Restituta (2001), la distinction récompensant son activité pour la Polonia d’Australie (2005), la Médaille d'or du Mérite culturel polonais “Gloria Artis” (2009). En 2006, lui a été décerné le titre de docteur honoris causa de l'Académie de Musique de Łódź. Wanda Wiłkomirska est décédée le 1er mai 2018 à Varsovie. Elle a été enterrée dans le cimetière de Powązki. ‹LS›
*Le 5e Concours national de cordes Wanda et Kazimierz Wiłkomirski se tiendra les 30 et 31 mars 2026 dans l'auditorium de l'École primaire de musique d'État Wanda Wiłkomirska de Międzyrzecz. Il sera divisé en trois catégories d'âge et trois spécialités : violon, alto et violoncelle.
*Le 7e Concours international de violon de musique polonaise Wanda Wiłkomirska a eu lieu à Częstochowa du 25 au 30 novembre 2025.
Wanda Wiłkomirska, accompagnée en 1969 par l’Orchestre philharmonique de Varsovie, dans un extrait du Concerto pour violon no 2 en ré mineur, op. 22 créé en 1862 par le violoniste virtuose polonais Henryk Wienawski. Ce concerto reste l'un des plus grands concertos pour violon de l'époque romantique.

