Éphéméride polonaise
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1 avril01/04/2026

1750 - Décès à Dederkały Wielkie (entre Volhynie et Podolie) d’Hugo Kołłątaj, idéologue et principal représentant du mouvement des Lumières polonais, philosophe, prêtre, organisateur, théoricien de la science et de l'éducation, partisan de la physiocratie, éminent militant du parti patriotique pendant la “Grande Diète”, co-auteur de la Constitution du 3 Mai. Il fait ses études à Cracovie (diplômé docteur en philosophie), à Vienne et en Italie. À son retour en 1774, il obtient l'un des canonicats de Cracovie. Il s’implique dans les travaux de la Commission de l'éducation nationale (KEN) et de la Société pour les livres élémentaires. En 1783-1786, il devient recteur de l'Université de Cracovie. Il élabore un plan pour développer les écoles à travers le pays, qui deviendra la base des lois de la KEN publiées en 1783. En 1786, il est appelé au bureau du référendaire lituanien, déménage à Varsovie où il va rassembler autour de lui un cercle de partisans de réformes politiques, des journalistes, des opposants, appelé Kuźnica Kołłątajowska (Forge de Kołłątaj). La veille de la “Grande Diète” (1788-1792), il se lie avec l'opposition antimonarchique. Il contribue à structurer à la Diète le dénommé camp des patriotes. Durant le mandat de la Diète, il publie les trois parties de son œuvre À Stanisław Malachowski Au sujet de la Diète future, Plusieurs lettres d’Anonyme (1788-1789) dans lesquelles il formule le programme de son camp (lutte pour la souveraineté nationale et réforme sociale). Il sera co-auteur de la Constitution du 3 Mai et d'autres actes législatifs. Après l'annonce de la Constitution, il est l'un des fondateurs et des dirigeants de l’Association des amis de la Constitution, le premier parti politique organisé en Pologne. Il est élu sous-chancelier de la Couronne (1791-1792) et membre du gouvernement. Après la victoire de la confédération de Targowica, il vit en exil à Dresde et à Leipzig où il écrit son œuvre Sur la mise en place et la chute de la Constitution du 3 Mai, et s’engage dans les préparatifs insurrectionnels de 1793-1794. Lors de l'Insurrection de Kościuszko, il sera le principal représentant de la gauche insurrectionnelle, appelée les Jacobins polonais, membre des autorités suprêmes, chef de la Direction du Trésor au sein du Conseil national suprême. Après la chute de l’Insurrection, pourchassé par les autorités russes, il s’enfuit de Varsovie et en 1794 il est arrêté par les Autrichiens et emprisonné jusqu'en 1802. Après sa sortie de prison, il part en Volhynie où il collabore à l'organisation du Lycée de Krzemieniec (1805). À la création du Duché de Varsovie, il est appelé par Napoléon à Varsovie où, à cause des influences de ses ennemis politiques, il ne sera pas autorisé à participer au gouvernement. Dans les années 1807-1808, sur ordre d'Alexandre Ier, il est détenu et interné à Moscou. À son retour dans le Duché de Varsovie, il est évincé de la vie publique, va en vain solliciter sa participation au conseil de l’éducation et de la réforme administrative et fiscale, avançant divers projets. En 1809, il publie ses “Remarques sur cette partie du territoire polonais que depuis le traité de Tilsit on a commencé à appeler Duché de Varsovie”, où il présente un programme de reconstruction et de développement de la Pologne dans les frontières napoléoniennes. Il est décédé le 28 février 1812 à Varsovie dans la solitude et l'oubli. Sa dépouille mortelle repose dans le cimetière varsovien de Powązki et son cœur a été muré dans l'église de Wiśniowa (région de Kielce). ‹LS›
31 mars31/03/2026
1892 - Naissance à Szczerzec près de Lwów de Stanisław Maczek, général de corps d’armée de l’Armée polonaise. Dans les années 1910-1914, il étudie la philologie à l'Université de Lwów. À cette époque, il va recevoir une formation dans l’association paramilitaire Strzelec. Pendant la Première Guerre mondiale, il est nommé officier dans l'armée autrichienne. Il combat entre autres sur le front russe dans les Carpates et sur le front italien dans les Alpes. Après 1918, il rejoint l'armée polonaise. Il va participer à la guerre polono-ukrainienne. Après le déclenchement de la guerre russo-polonaise (1919-1920), il combat durant la défense de Lwów. Après la guerre, il est resté dans l'armée. Dans l’entre-deux-guerres, il sera à différents postes de commandement. En 1937, il commence à organiser la 10e Brigade de Cavalerie Motorisée, première unité motorisée polonaise, embryon des futures forces blindées. Pendant la campagne de septembre 1939, l’unité commandée par Maczek inflige de lourdes pertes au XXIIe Corps blindé allemand. Après l’entrée de l'Armée Rouge sur le territoire polonais, il est contraint de franchir avec son unité la frontière avec la Hongrie, où il sera interné. Il réussit à parvenir en France où, après sa nomination au grade de général de brigade, il reforme la 10e Brigade de Cavalerie blindée et part avec elle vers le front en Champagne. Après la défaite de la France, il se réfugie à Marseille et ensuite part rejoindre en Grande-Bretagne les Forces armées polonaises de l’Ouest. À partir de 1942, il recommence à organiser la 1e Division blindée avec des officiers et des hommes ayant combattu sous son commandement en Pologne et en France. Le 1er août 1944, la 1e Division blindée débarque en Normandie. Elle va jouer un rôle de premier plan dans la bataille de Falaise, va libérer Abbeville, Saint-Omer, Cassel en France, Ypres et Gand en Belgique, Anvers (avec les Britanniques) et toute seule la ville fortement défendue de Breda aux Pays-Bas, terminant son sentier de guerre à Wilhelmshaven en Allemagne. À partir de mai 1945, le général Maczek officiera en tant que commandant du Corps polonais en Écosse et sera promu au grade de général de division. Après la démobilisation de l’armée polonaise, il va s’installer en Écosse et, comme il n'a pas droit à une pension, il travaillera entre autres comme barman. En 1946, il sera privé de sa nationalité par les autorités communistes de Pologne, qui lui sera rendue en 1989. En 1990, il va être promu au grade de général de corps d’armée. À la demande des habitants de Breda, lui sera accordée la citoyenneté d’honneur des Pays-Bas.
Stanisław Maczek est mort le 11 décembre 1994 à Édimbourg, il a été inhumé dans le cimetière des soldats polonais à Breda. Parmi ses décorations : Croix d'or du Mérite avec épées, Croix de la Valeur, Croix de Chevalier de l'ordre militaire Virtuti Militari, Grand-Croix de l'ordre Polonia Restituta (1987), Ordre de l'Aigle Blanc (1994) ainsi que des décorations belges, néerlandaises, roumaines, britanniques et françaises (Commandeur de la Légion d'honneur, Croix de guerre avec palmes). Auteur d’un livre de souvenirs de guerre 1918-1945 (1961). Le 5 août 2000, son nom sera donné à la 10e Brigade de cavalerie blindée de Świętoszów (Basse-Silésie). ‹LS›.jpg)
Buste de Stanisław Maczek au mémorial de Montormel (Orne)

