Éphéméride polonaise

  • 25 février
    25/02/2026

    1901 - Décès à Varsovie de Wojciech Gerson, peintre, historien de l'art, professeur ; cofondateur de la Société pour l'encouragement des Beaux-Arts de Varsovie. Il fut l'un des représentants les plus éminents de l'académisme polonais du XIXe siècle. Né à Varsovie le 1er juillet 1831 dans une famille de petit fabriquant, il s'inscrit en 1844 à l'Académie des Beaux-Arts de Varsovie. Il obtient son diplôme en 1851. En 1853, il reçoit une bourse pour poursuivre ses études à l'Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. À partir de 1856, il séjourne chez Léon Cogniet, professeur de peinture à Paris et indépendamment étudie l'art des maîtres anciens dans les musées et les galeries. En 1858, il s'installe à Varsovie.

    Pendant 40 ans, il va s’impliquer dans un travail pédagogique, développant individuellement les talents de nombreux étudiants, futurs artistes de premier plan (tels Józef Chełmoński, Leon Wyczółkowski, Władysław Podkowiński, Józef Pankiewicz) avec lesquels il voyagera à travers le pays et auxquels il recommandera d'étudier la nature. Il enseignera dans un atelier privé, à l'Institut des sourds-muets (1860-1872) et comme professeur dans la classe de dessin de Varsovie (1872-1896). À son initiative, l'Exposition nationale permanente des Beaux-Arts (1858) et la Société d'encouragement des Beaux-Arts (1860) seront créées à Varsovie.

    Il fut aussi journaliste et critique d'art, écrivant pour de nombreuses revues varsoviennes. Il rédigea plusieurs livres, dont une biographie du peintre Józef Simmler, mort en 1868, et publia un manuel d'anatomie pour les artistes. En 1876, il traduisit en polonais le «Traité de la peinture» de Léonard de Vinci, publié en 1651.

    Gerson s’intéressera également à l'archéologie, l'ethnographie, l'histoire et la conservation des monuments, s'essayera à l'architecture et à la mise en scène théâtrale.

    Il a créé des tableaux historiques, religieux et bucoliques, des scènes de genre de vie rurale et montagnarde, des portraits et de nombreux paysages de montagne ainsi que des peintures murales allégoriques. La peinture historique était pour lui la plus importante, lui attribuant un rôle éducatif. Il a participé à de nombreuses expositions nationales et étrangères. Il s'est occupé également de lithographie (Vues de Varsovie, Les habits du peuple polonais) et d'illustration d’ouvrages historiques (Les hetmans polonais). Il exposa sa première grande peinture historique - Le margrave Gero et les Slaves - à Paris. Il a peint de nombreuses œuvres illustrant l'histoire de la Pologne, dont Copernic à Rome, La reine Jadwiga et Dymitr de Goraj, Casimir le Rénovateur, L’assassinat de Przemysław II.

    Il a été inhumé au cimetière évangélique de la confession d’Augsbourg (luthérienne) de Varsovie. ‹LS›

    Repos dans une cabane des Tatras (1862)

  • 24 février
    24/02/2026

    1969 - À Gdynia, retour de son dernier voyage du m/s “Batory”, un paquebot, propriété des Polskie Linie Oceaniczne (Lignes océaniques polonaises). Il avait été construit à Monfalcone en Italie. L’offre italienne s’était avérée être la plus avantageuse en raison de technologies modernes, du prix inférieur ainsi que du moyen de paiement qui en partie devait être effectué avec du charbon polonais. C’est en avril 1936 qu’a eu lieu au chantier naval la réception du navire. Le 17 mai, se déroula à Gdynia la cérémonie officielle du hissement du pavillon. Le voyage inaugural partira le 18 mai de Gdynia pour rejoindre New York. Selon les conditions météorologiques, la durée des traversées sur cette ligne sera de huit à neuf jours. Le 3 juin 1937, le bâtiment sera gravement endommagé par un incendie à 800 milles nautiques des côtes américaines. Malgré la destruction du système électrique dans la salle des machines, le navire atteindra New York par ses propres moyens. Les réparations vont durer jusqu'au 3 juillet de cette année-là. Jusqu'au déclenchement de la guerre, le paquebot naviguera sur la ligne Gdynia-Copenhague-New York-Halifax, effectuant 39 traversées mais fera aussi neuf croisières. Une fois la guerre déclarée, il se rendra à St. John’s à Terre-Neuve, puis ira à New York pour ensuite se retrouver à Halifax, où il sera affrété par le Ministry of Shipping. Le navire subira alors des travaux de reconversion et sera armé.

    Le 23 décembre, il va quitter Halifax pour Glasgow, naviguant dans un convoi transportant la 1e Division d'infanterie canadienne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sera utilisé pour le transport de troupes, prenant entre autres part aux débarquements en Norvège, en France, en Afrique du Nord, en Sicile. Le 21 juin 1940, il embarquera à Saint-Jean-de-Luz Maurice Schumann partant rejoindre à Londres le général de Gaulle. Il effectuera également 12 voyages avec des soldats du 2e Corps polonais entre les ports égyptiens et Tarente (sud de l’Italie). Il sera navire amiral du commandant de l'armée française, le général Jean de Lattre de Tassigny, lors de l'invasion du sud de la France. Il transportera vers Halifax l’or anglais, des titres financiers et 36 coffres contenant des tapisseries du Wawel et d’autres objets précieux évacués de Pologne. Il évacuera par ailleurs des enfants britanniques vers l'Australie.

    Pour la première fois après la guerre, il va retourner à Gdynia en avril 1947. À partir de janvier 1951, il est devenu la propriété des PLO. En 1957, il subira une modernisation et en 1965 une refonte majeure, pour la première fois réalisée entièrement en Pologne. Il naviguera ensuite sur les lignes Gdynia-New York et Gdynia-Montréal. En 1971, malgré les protestations de nombreux amoureux de la mer, il sera vendu à la démolition. Durant sa carrière maritime, il aura effectué 222 traversées sur des lignes régulières, transportant plus de 270 000 passagers, 59 voyages durant la guerre transportant environ 120 000 personnes et 75 croisières transportant environ 30 000 passagers.

    Le m/s “Batory” était un paquebot à moteur propulsé par deux hélices, qui pouvait, lors de sa mise en service, transporter 760 passagers (à partir de 1957 : 816) et 313 membres d'équipage (à partir de 1947 : 343) et 1 200 tonnes de fret. À cette époque, sa capacité était de 14 287 tonneaux, sa longueur de 160,3 m, son port de 5 560 t. Le navire possédait sept ponts. Sa coque était divisée en neuf cloisons étanches. Une innovation pour des unités de ce type : deux classes seulement de cabines, la classe III et la classe tourisme. Grâce à ce concept, on pouvait mieux planifier les traversées et offrir aux clients des conditions de voyage plus favorables.

    Classification de navire : paquebot-cargo (jusqu’en décembre 1939), transporteur de troupes (à partir de décembre 1939), navire de débarquement (à partir d’août 1942), paquebot-cargo (à partir d’avril 1947), hôtel à quai (à partir de juillet 1969). ‹LS›