Éphéméride polonaise

  • 11 mai
    11/05/2026

    1895 - Naissance à Lwów de Jan Parandowski - fils d'un prêtre gréco-catholique - remarquable expert de la culture grecque et romaine, propagateur des grandes traditions de l'humanisme européen. En 1913, il entre à la Faculté de philosophie de l'Université de Lwów - il étudiera la philosophie, la philologie classique, l'archéologie, l'histoire de l'art et de la littérature. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il est interné en Russie. Il va ensuite travailler comme enseignant dans les écoles de Voronej et Saratov. À partir de 1920, il reprend ses études et en 1923, il obtient sa maîtrise en philologie classique et en archéologie. Bientôt, il va apparaître au monde comme un connaisseur de la culture et de la littérature anciennes, adhérant aux valeurs importantes de l'antiquité dans son travail d'écriture.

    En 1922-1924, il est directeur littéraire de la maison d'édition Alfred Altenberg, où il initie une série de traductions de la littérature classique et la série "Wielcy pisarze/Grands écrivains". Il collabore avec les magazines "Gazeta Poranna/Journal du matin", "Tygodnik Ilustrowany/Hebdomaire illustré", "Wiadomości Literackie/Nouvelles littéraires" et l'hebdomadaire "Tęcza/Arc-en-ciel". Dans les années 1924-1926, il entreprend des voyages de recherche en France, en Grèce et en Italie.

    En 1929, il s'installe à Varsovie. Il y travaille comme secrétaire de rédaction du mensuel "Pamiętnik Warszawski/Mémoire de Varsovie" et publie des critiques littéraires et théâtrales dans la presse de Lwów et de Varsovie. En 1930, il devient membre du PEN Club polonais ; un an plus tard, il rejoint son conseil d'administration - en 1933-1978 (avec une interruption pendant la guerre), il sera le président de l'association et va représenter à plusieurs reprises la Pologne lors de congrès internationaux.

    Lors des Jeux Olympiques d'été de 1936 à Berlin, il reçoit la médaille de bronze au Concours d'art et littérature pour le roman "Disque Olympique". Un an plus tard, l'Académie polonaise de littérature va lui décerner le Laurier d'or pour son œuvre littéraire exceptionnelle. Dans les années 1937-1938, il rédige la série "Wielcy ludzie/Grands personnages" à la maison d’édition nationale de livres scolaires.

    Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il sera actif dans le mouvement culturel clandestin. Durant l'insurrection de Varsovie, il va perdre ses archives littéraires et ses manuscrits inédits détruits par les flammes.

    Dans les années 1945-1950, il obtient la chaire de culture antique puis de littérature comparée à l'Université catholique de Lublin. Il devient membre ordinaire de la Société scientifique de Varsovie, coopère avec : “Tygodnik Powszechny/Hebdomadaire universel, Meander/Méandre et Twórczość/Création”, et reprend ses activités en tant que président du PEN Club polonais. En 1948, il prépare le Congrès mondial des intellectuels pour la paix à Wrocław, puis il va de nouveau résider à Varsovie. En 1949, en tant que membre du Comité polonais des défenseurs de la paix, il est délégué du Conseil national des défenseurs de la paix au Congrès des défenseurs de la paix à Paris. À partir de 1956, il est membre de l'Association de la culture européenne (SEC). En 1958, il coorganise le Congrès international des traducteurs à Varsovie ; en 1962, il devient vice-président du PEN Club international. En 1964, il reçoit le prix d'État du 1er degré et la même année, il sera signataire de la "Lettre des 34" universitaires et écrivains aux autorités pour protester contre la restriction de la liberté d'expression dans la Pologne populaire. En 1975, il est honoré pour l'ensemble de sa carrière par Radio Free Europe et obtient le titre de docteur honoris causa du département de philosophie chrétienne de l'Université catholique de Lublin. Jan Parandowski décède le 26 septembre 1978 à Varsovie. Il sera enterré au cimetière varsovien de Powązki.

    • Deux fois nommé pour le prix Nobel de littérature (1957, 1959).
    • Ses distinctions : Croix de Commandeur avec étoile de l'ordre Polonia Restituta (1959), Croix de Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (1973).

    • Œuvres sélectionnées : Mythologie (1924), Disque olympique (1933), Le Ciel en flammes (1936), Alchimie du mot (1951), Le cadran solaire (1953). ‹LS›

  • 10 mai
    10/05/2026

    1939 - Naissance à Poznań de Witold Woyda, un des plus grands fleurettistes polonais. Escrimeur (168 cm, 63 kg) des clubs de la capitale “Budowlani” et “Marymont”. Les premiers échantillons de ses hautes capacités, il va les démontrer lors des Championnats du monde juniors à Varsovie (1957), en terminant à la quatrième place et seulement trois ans plus tard, en terminant également 4e lors des Jeux olympiques de Rome (1960). Son parcours : triple champion de Pologne (1964, 1965, 1972) et quadruple vice-champion (1961-1963, 1970) dans les épreuves individuelles de fleuret, 10 fois champion national par équipe au fleuret (1958, 1961-1964, 1966-1968, 1970) et à l'épée (1959) et cinq fois vice-champion au fleuret (1959, 1960, 1971, 1972) et au sabre (1963).

    Aux Championnats du monde, il a remporté cinq médailles d'argent : en 1962 à Buenos Aires (fleuret individuel), en 1963 à Gdańsk (fleuret par équipe), en 1965 à Paris (fleuret par équipe), en 1969 à La Havane (fleuret par équipe), en 1971 à Vienne (fleuret par équipe) et cinq médailles de bronze : en 1961 à Turin (fleuret par équipe), en 1962 à Buenos Aires (fleuret par équipe), en 1966 à Moscou (fleuret par équipe), en 1967 à Montréal (fleuret par équipe) et en 1973 à Göteborg (fleuret par équipe).

    Il a également été vainqueur de 25 grands tournois internationaux, entre autres : 4 fois du célèbre Martini (Paris), deux fois de la Copa Giovannini (Bologne) et Martini Rossi (New York). Enfin, il a remporté les médailles d’argent (1964) et de bronze (1968) des JO au fleuret par équipe, mais il lui manquait toujours la proverbiale “perle de la couronne”. En 1972, pour terminer définitivement une longue et belle carrière, il va remporter aux Jeux olympiques de Munich le titre de meilleur fleurettiste mondial ainsi que la médaille d'or olympique. Afin que le final soit encore plus fabuleux, quelques jours plus tard, il ajoutera à sa médaille dans une épreuve individuelle, une autre médaille d'or, en balayant tour à tour sur les planches dans l’épreuve ses quatre adversaires, devenant par la même fleurettiste invaincu des Jeux olympiques de Munich.

    Une fois sa carrière sportive terminée, il va vivre et travailler (comme entraîneur) en Italie. Puis il ira s’installer aux États-Unis, où il deviendra copropriétaire d’une entreprise de production de machines pour emballage (il aura aussi une filiale en Pologne).

    Il a été vainqueur du scrutin du quotidien sportif “Przegląd Sportowy” sur les 10 meilleurs sportifs polonais de l’année 1972. Il a été distingué plusieurs fois, entre autres : de la Médaille pour résultats sportifs exceptionnels et de la Croix de Chevalier et d’Officier de l’ordre Polonia Restituta. Dans les dernières années de sa vie, il se retrouvera souvent dans son pays natal. Il viendra en Pologne à la fois pour affaires, mais aussi en tant qu'invité spécial pour des événements sportifs. Après plus de deux années de lutte contre la maladie, il est décédé le 5 mai 2008 à son domicile de Bronxville, New York. Il a été inhumé au cimetière militaire de Powązki à Varsovie. ‹LS›

  • 9 mai
    09/05/2026

    1987 - À 11h11 dans la forêt Kabacki s’est écrasé un avion des lignes aériennes polonaises LOT, l’Iliouchine Il-62 M “Tadeusz Kościuszko”, parti de Varsovie vers les États-Unis. À bord, il y avait le plein de passagers. L’appareil avait décollé d’Okęcie à 10h18. Peu de temps après, la tour de contrôle a reçu un signal de l'équipage annonçant des problèmes techniques. Devant cette situation, il a été décidé de faire dérouter l'avion. La catastrophe a eu lieu lors de l'approche d’atterrissage sur l'aéroport d’Okęcie. À bord se trouvaient 172 passagers et 11 membres d'équipage. Personne n'a survécu.

    Les équipes de secours sont rapidement arrivés sur les lieux de l’accident : unités de sapeurs-pompiers, milice, armée, ambulances. Sont arrivés aussi des résidents locaux et des personnes qui travaillaient ce jour-là dans les usines voisines. Dans les premières nouvelles à la radio, on parle d’une éventuelle défaillance des moteurs. Le Premier ministre Zbigniew Messner nommera une commission gouvernementale spéciale pour enquêter sur l'accident. Sa première réunion aura eu lieu le 11 mai 1987. La commission conclura que la cause de la catastrophe fut la destruction de l'un des moteurs qui a eu lieu alors que l'avion était à une altitude de 8200 mètres, dans la région de Grudziądz. Cela serait dû à l’éclatement de la turbine basse pression, dans laquelle est survenue la destruction de l’arbre. Des éléments de la turbine éclatée ont entraîné la destruction complète de la turbine n°2, et des morceaux de celle-ci expulsés par la force centrifuge à une vitesse de 160 m/s ont pénétré dans la partie arrière du fuselage et ont endommagé le moteur n°1, provoquant son embrasement et l’empêchant de continuer à fonctionner. Un incendie a également éclaté dans la soute à bagages de l'avion. Après la survenue de l’avarie et la décompression de la cabine passagers, le capitaine de l’avion Zygmunt Pawlaczyk a décidé de descendre à 4000 mètres et de revenir à Varsovie, voulant ainsi se débarrasser du carburant pour pouvoir atterrir en toute sécurité. En raison de l’aggravation de l’état technique de l’appareil, l'équipage a reçu l'autorisation d'atterrir à Modlin. Cependant, il fut admis que l'aéroport d’Okęcie donnait plus de garanties de sécurité, possédait un meilleur service d’incendie et de secours, par conséquent le vol fut dirigé vers Varsovie. Il aura manqué 5700 mètres pour atteindre la piste. La commission a jugé que les décisions prises par l'équipage sous le commandement du capitaine Zygmunt Pawlaczyk avaient été correctes et qu’elles n’avaient eu aucun lien de causalité avec la catastrophe. N’ont également eu aucune influence sur cet événement tragique les activités de maintenance ou les conditions météorologiques.

    *Du point de vue du nombre de victimes, c’est la plus grande catastrophe aérienne dans l'histoire de l'aviation polonaise. ‹LS›


    « Bonne nuit ! Au revoir ! Salut ! On va mourir ! » – tels sont les derniers mots poignants enregistrés par la boîte noire du poste de pilotage.