Éphéméride polonaise
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18 mars18/03/2026

1596 - Transfert de la capitale à Varsovie - Le processus de transfert de la capitale de Cracovie à Varsovie avait commencé au milieu du XVIe siècle, lorsque la ville devint résidence royale. Cependant, Varsovie ne deviendra centre du pouvoir et siège du monarque et du parlement que sous le règne de Sigismond III Vasa. À cette époque, elle était déjà une ville de haut rang. S’y déroulaient notamment les assemblées générales de la couronne et les élections royales. Sigismond (Zygmunt III Waza), se concentrant particulièrement sur la politique orientale et septentrionale, avait remarqué la situation géographique pas très commode de Cracovie. Au contraire, Varsovie n'était pas seulement plus proche de la Poméranie ou de la Lituanie, mais se situait aussi sur les routes menant à Poznań et Wrocław, et de là à l'ouest de l'Europe. De plus, sa situation médiane entre les capitales de la République des Deux Nations (Cracovie pour la Pologne et Vilnius pour la Lituanie) était primordiale. Certains historiens souligneront aussi le mal du pays du nouveau roi pour sa Suède natale.
En fait, le facteur décisif qui influencera la décision royale de transférer la cour sera l'incendie du château de Wawel au début de l’année 1596. Malheureusement, à l’époque, le château de Varsovie n’était pas adapté pour ses nouvelles fonctions. Donc le roi n'y habitera définitivement qu'en 1611, après son retour de l'expédition sur Moscou.
Dès lors, Varsovie deviendra la ville la plus importante de la République des Deux Nations, non seulement en tant que siège du monarque, mais aussi comme lieu de réunion des Sejms (Diètes). Il convient cependant d'ajouter qu’aucun acte juridique n'a alors été publié reconnaissant Varsovie comme capitale - elle n'avait que le titre de ville résidentielle de Sa Majesté. Néanmoins, devenue la capitale de facto, elle en tirera de nombreux avantages, qui se manifesteront par sa vive expansion durant la période baroque, à l'époque des Vasa. Bien que les cérémonies de couronnement et de funérailles des rois aient toujours lieu à Cracovie, Varsovie deviendra le théâtre de nombreuses cérémonies solennelles, telles que les hommages rendus aux monarques polonais. Grâce à la présence royale permanente, Varsovie montera en puissance avec le développement du mécénat de la cour, des magnats et de l'église, devenant dès le XVIIe siècle une véritable métropole d'Europe centrale. ‹LS›
17 mars17/03/2026
1895 - Naissance à Łódź, dans une famille juive, d’Andrzej Włast, en fait Gustaw Baumritter, poète, librettiste, réalisateur, auteur de chansons. Après avoir terminé ses études secondaires, il s'installe à Varsovie, où il commence des études de droit à l'Université. Il fera ses débuts en tant qu'Andrzej Włast le 20 décembre 1914 au Teatr Udziałowy. Bientôt, il est appelé au 5e régiment d'infanterie des Légions polonaises - mais il ne combat pas. Il obtient un emploi à l'état-major général, dans le département de propagande. Durant la guerre, il débute en tant que poète avec des poèmes sur la guerre. Il écrit également des textes pour des cabarets et des théâtres de Varsovie, notamment pour les cabarets Miraż, Czarny Kot, Sfinks et le théâtre Bi-Ba-Bo. En 1920, il commence à travailler avec le meilleur cabaret des années 20, Qui Pro Quo. C’est à cette époque qu’il publie son premier et unique volume de poésie, “Serce tatuowane”/Cœur tatoué (1923). En 1925, il commence à travailler avec le cabaret Perskie Oko - axé principalement sur des revues spectaculaires avec décors et chorégraphies - où il écrit des textes sur la musique des frères Gold, de Jerzy Petersburski, Zygmunt Karasiński et Szymon Kataszek. À cette époque, seront créés des tubes tels que «Vivez-vous seule, madame?», «J'ai peur de dormir seule», «Je n'ai rien à porter sur moi» et «Tango espiègle».
En 1927, Włast crée le premier véritable théâtre de revue à Varsovie, Morskie Oko, sur le modèle des spectacles fastueux de Paris, tels que “Moulin Rouge” ou encore ”Casino de Paris”, où il se rend souvent à partir de 1926. Il établit un partenariat avec le compositeur Henryk Wars - ils créeront de nombreux succès ensemble. Ils feront découvrir tous les deux les derniers styles venant d’Amérique - de nouvelles danses de salon dérivées du jazz : cake-walk, two-step, charleston, black bottom. Morskie Oko fonctionnera jusqu'en 1933. La même année, Włast va ouvrir un nouveau théâtre de revue, Rex, qui ne fonctionnera que pendant quelques mois. Ensuite, au même endroit, il y aura aussi le music-hall Wielka Rewia, qui fonctionnera jusqu'en janvier 1939, pour céder la place en avril au petit théâtre Ali Baba, où il travaillera jusqu'au déclenchement de la guerre.
Andrzej Włast va rester à Varsovie et rapidement se retrouver dans le ghetto. Dès le début, il s’y sent mal. Initialement, il se produit dans le café Sztuka, mais ses chansons ne font rire personne. Il endure difficilement les conditions de vie du quartier juif. Au tournant de 1942 et 1943 (la date exacte est inconnue), des amis vont tenter de le faire sortir du ghetto. Malheureusement, durant l’évasion, en voyant les gardes, il panique et commence à courir. Il sera abattu par les Allemands.
Andrzej Włast est considéré comme l'un des premiers créateurs conscients de la culture de masse. Il fut l'auteur de plus d'une douzaine de livrets d'opérettes et de dizaines de programmes complets de revues. Il a écrit plus de deux mille textes de chansons, dont beaucoup sont devenues de gros succès - “Je vous baise la main, Madame ; Roses d'automne ; Plus jamais ; Près de la cheminée ; Rebecca ; Tango milonga ; Valse François”. Il fut non seulement l'auteur de nombreux tubes, mais aussi l'auteur du mot polonais “przebój” (tube). Lorsqu'au début des années 30, un concours fut annoncé pour remplacer le mot “szlagier” emprunté à l'allemand “schlager”, c'est la proposition de l'auteur qui va s’enraciner définitivement en Pologne. ‹LS›
“Przy kominku” - musique (Artur Gold), paroles (Andrzej Włast), chant (Mieczysław Fogg) – 1937
“Tango milonga” - musique (Jerzy Petersburski), paroles (Andrzej Włast), chant (Stéphane Kubiak)
Le Collectif POLONIA Hauts-de-France présente REGARDS,
un livre de la mémoire collective de la Polonia du nord de la France.

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