Éphéméride polonaise

  • 5 juin
    05/06/2026

    1894 - Première présentation à Lwów du “Panorama Racławicka/Panorama de Racławice”. En 1893, à l'occasion du 100e anniversaire de l’insurrection de Kościuszko, le conseil municipal de Lwów avait commandé à Jan Styka le Panorama, qui devait être la principale attraction lors de l'ouverture de l'Exposition nationale générale en 1894. La gestion du projet a été confiée à Styka, qui a invité Wojciech Kossak et d'autres peintres à y participer. Ils étaient secondés par : Ludwik Boller, Tadeusz Popiel, Zygmunt Rozwadowski, Teodor Axentowicz, Włodzimierz Tetmajer, Wincenty Wodzinowski et Michał Sozański. À cette époque, en Europe, c’était à la mode de créer des panoramas et les panoramas sur des thèmes historiques, de batailles et religieux étaient particulièrement populaires. Cette popularité était basée sur les effets illusoires rehaussés par la monumentalité et la forme ovale que leurs créateurs obtenaient par des moyens artistiques. En combinant la peinture à l'huile avec des éléments décoratifs posés au bas du tableau, les artistes estompaient la frontière entre le spectateur et l'œuvre et le public avait l'impression de participer à ces événements immortalisés.

    Cette peinture monumentale (15x114m) sera la première et la seule œuvre polonaise de ce type existant encore de nos jours. Elle a été peinte sur une toile à voile apportée de Belgique. Dans les années 1894-1944, le Panorama a été exposé à Lwów dans une rotonde spécialement construite à cet effet dans le parc Stryjski. En 1896, il a été transporté et exposé à Budapest, où il a remporté un grand succès.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sera en partie endommagé, principalement lors des bombardements de 1944. Il a été sauvé d’éventuelles dévastations supplémentaires liées à l'arrivée de l'Armée rouge, après avoir été enroulé et placé dans le monastère des Bernardins à Lwów.

    Après la guerre, en 1946 le tableau a été envoyé à Wrocław. Là, différents comités sociaux s’efforceront de conserver et d’exposer la toile. Les attentes des Polonais ne vont se concrétiser que le 14 juin 1985. Jusqu’aujourd’hui, l'œuvre monumentale y est présentée dans la Petite Rotonde, dans une salle spécialement construite, accessible depuis le hall principal d’entrée. ‹LS›

  • 4 juin
    04/06/2026

    1917 - Le président français Raymond Poincaré publie le décret sur la création d’une armée polonaise en France. Jusqu'en 1917, malgré les efforts des milieux indépendantistes polonais, l’initiative de création d’une armée polonaise à l’Ouest avait cependant rencontré des difficultés. En France, on tenait compte de la position négative de la Russie. Les États-Unis, en tant que pays neutre, ne voulaient s'engager dans aucune initiative de recrutement. La situation a changé au printemps de 1917 : après la révolution de Février en Russie, les pays de l'Entente avaient les mains libres. En juin de cette année-là, est créée la Mission militaire franco-polonaise qui doit veiller au bon processus d’organisation de l'armée. L'effet immédiat du décret sur la création de l'armée sera la formation à Lausanne le 15 août 1917 du Comité national polonais (KNP) qui, une semaine plus tard, va déménager son siège à Paris. Dirigé par Roman Dmowski, le KNP va exercer la souveraineté politique sur l'organisation de l’armée. L’armée polonaise en France devait être sous l’autorité du commandement français (comme partie structurelle de l'armée française) mais elle possédera, entre autres, son propre étendard. Le gouvernement français est responsable de l’équipement et de l’armement de cette armée. Son premier commandant sera le général Archinard. L'action de recrutement est basée sur l'émigration polonaise en France, aux États-Unis, au Brésil et sur les prisonniers polonais des armées autrichiennes et allemandes. Le 4 octobre 1918, le général Józef Haller se retrouve à la tête de l'armée. Seul, le 1er régiment participera aux combats pendant la Première Guerre mondiale, livrant bataille à Reims et à Saint-Hilaire-le-Grand. Au milieu de l’année 1919, l’Armée Haller forte de 70 000 hommes - appelée à cause de la couleur de ses uniformes, l’Armée bleue - retournera en Pologne où elle va jouer un rôle important sur les fronts de la guerre polono-ukrainienne et polono-bolchevique. La dissolution de cette armée aura lieu le 1er septembre 1919. Ce jour-là, les soldats de l’armée Haller seront incorporés dans les structures de l'armée polonaise renaissante. ‹LS›

  • 3 juin
    03/06/2026

    1968 - Naissance à Niwki près d’Opole de Joachim Halupczok, coureur cycliste, champion du monde sur route en individuel et médaillé d'argent olympique par équipe. Il est initialement formé dans le club LKS Ziemia Opolska. En tant que junior, il n’a pas d'égal dans le pays, remportant en 1987 les titres de champion de Pologne sur route, sur piste et en cyclo-cross. Déjà en 1988, il est appelé dans l’équipe nationale de Pologne et avec elle il prend part aux Jeux olympiques à Séoul. Là, il va remporter la médaille d'argent du contre la montre par équipe sur 100 km en compagnie de Marek Leśniewski, Andrzej Sypytkowski et Zenon Jaskuła. Un an plus tard, il remporte succès sur succès. Le couronnement de cette brillante saison, ce seront les championnats du monde à Chambéry (France). Halupczok remporte d’abord avec ses coéquipiers la médaille d'argent par équipe et trois jours plus tard (le 26 août), avec une énorme avance sur ses rivaux, il gagne la course individuelle dans le style des plus grands champions. Ce succès va lui apporter la victoire dans le plébiscite du “Przegląd Sportowy” pour le meilleur sportif polonais de l’année 1989. Il aura également été quatre fois champion de Pologne. En 1990, il va signer un contrat professionnel et prendra part aux championnats du monde à Utsunomiya (Japon). En automne de cette année-là, apparaîtront des problèmes de santé (arythmie cardiaque), qui l’amèneront à devoir renoncer au sport. Au début de 1992, ses problèmes de santé vont en partie régresser et le coureur est autorisé à revenir dans le peloton. Il participe à la Vuelta espagnole et au Midi Libre, mais des tests réalisés à la fin de la saison vont de nouveau montrer que son arythmie s’est aggravée. Cette fois, le diagnostic et la décision sont alors clairs : c’est fini avec le vélo et la course. Halupczok ne saura pas rester complètement inactif. Il jouera (comme gardien) amicalement au football (en salle). Le 5 février 1994, il va s’effondrer pendant l’échauffement lors d'un tournoi à Opole. Il mourra dans l'ambulance sans recouvrer conscience. Il a été inhumé dans le cimetière d’Osowiec Śląski. À partir de 1994, la plus forte prime de montagne du Tour de Pologne est dédiée à la mémoire de “Achim”. ‹LS›

    Sur le podium, en 1989, Joachim Halupczok entouré par les deux Français Éric Pichon et Christophe Manin