Éphéméride polonaise
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2 mai02/05/2026

2004 - Pour la première fois est célébré le 2 mai en Pologne le Jour du drapeau de la République de Pologne. Cette fête a été instituée par une loi votée par la Diète le 20 février 2004. On la célèbre par l'organisation de divers types d'événements et de manifestations politiques. Son rôle principal est de promouvoir la connaissance de l'identité polonaise et les symboles nationaux. Les couleurs apparaissant sur le drapeau national sont l'un des éléments les plus importants de l'identité nationale. Les couleurs nationales polonaises se sont formées au cours des siècles et elles sont l'une des rares à avoir une origine héraldique. Le Jour du drapeau est l'une des fêtes nationales les plus récentes, c’est pourquoi elle devrait être propagée et on devrait en parler autant que possible. Il y a deux raisons historiques pour lesquelles le Jour du drapeau a été institué le 2 mai. Tout d'abord, c’est justement ce jour-là qu’en prenant la ville de Berlin les soldats de la 1e Division Kościuszko ont déployé le drapeau blanc et rouge sur la colonne de la victoire du parc Großer Tiergarten. Deuxièmement, pendant la période communiste, le 2 mai, les citoyens avaient l’injonction de retirer les drapeaux du 1er mai, afin qu'ils ne soient pas arborés lors de la Fête - non reconnue par les autorités - de la Constitution du 3 mai.
*Depuis 2002, le 2 mai est célébrée également la Journée de la Polonia et des Polonais à l'étranger, fête polonaise établie par la Diète polonaise, à l'initiative du Sénat - en reconnaissance des réalisations séculaires et de la contribution de la Polonia et des Polonais vivant à l'étranger au recouvrement de l'indépendance de la Pologne, pour leur loyauté et leur attachement à la polonité ainsi que pour leur aide au pays dans les moments les plus difficiles. Le jour du 2 mai n’est pas un jour férié.
Selon les données du ministère des Affaires étrangères, environ 20 millions de personnes d'origine polonaise vivent en dehors de la Pologne. Il s'agit de personnes qui ont quitté le pays ou sont nées hors de Pologne, mais qui se sentent d'origine polonaise et liées à la polonité : descendants d'émigrants et de réfugiés du XIXe siècle fuyant les guerres, générations successives d'anciens citoyens polonais restés à l'Est, familles d’anciens dissidents et de migrants économiques du XXe siècle. ‹LS›
1er mai01/05/2026
1900 - Naissance à Varsovie d’Aleksander Wat (en fait Chwat), poète et écrivain polonais d'origine juive. Il va cofonder le futurisme polonais, plus tard associé au mouvement d'avant-garde centré autour de la revue Art Moderne (1921-1922) et de la revue Almanach de l'Art Moderne (1924-1925). 1929-1931 : rédacteur en chef du Mensuel Littéraire. 1932-1939 : directeur littéraire de la maison d’édition Gebethner et Wolff. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est à Lwów. En novembre 1939, il signe une déclaration d’écrivains polonais saluant l’annexion de l'Ukraine occidentale par l'Ukraine soviétique. En janvier 1940, il est arrêté par le NKVD dans une provocation organisée, emprisonné par les autorités soviétiques, puis exilé au Kazakhstan, d'où il va revenir en Pologne en 1946. Depuis son séjour dans la prison moscovite de la Loubianka, il n’éprouve plus de sympathie envers le communisme. 1948-1955 : rédacteur en chef de l'Institut national de l'édition. 1955-1957 : il part en traitement en Suède et en France, où il va rester définitivement à partir de 1959, choisissant en 1963 le statut d'immigré. En 1964-1965, il séjourne à Berkeley (USA) à l'invitation du Centre d'études slaves et est-européennes à l'Université de Californie. En 1965, il rentre en France. Durant toute cette période, il fut tourmenté par des maux de tête aigus. C’est à cause de ceux-ci que le 29 juillet 1967 il va se suicider à Antony (agglomération parisienne) par surdose d'analgésiques. Il a été enterré dans le cimetière des Champeaux à Montmorency. ‹LS›
30 avril30/04/2026
1310 – Naissance à Kowal (près de Włocławek) du futur roi de Pologne Kazimierz III Wielki [Casimir III le Grand]. À la fin du règne de son père Władysław I Łokietek [Ladislas I Petite-Coudée], Kazimierz est initié aux secrets de la gouvernance et de la diplomatie. En 1331, il devient gouverneur de Grande-Pologne, Sieradz et Cujavie. Il va participer à la guerre contre les Chevaliers teutoniques. Au décès de son père, il est couronné roi le 25 avril 1333. Il hérite d’un État composé de la Petite-Pologne, de la Grande-Pologne et des fiefs de Sieradz et de Łęczyca dirigés par des proches. Son objectif principal sera d’abord de stabiliser ses relations de voisinage.
Dès 1333, il va conclure un accord de paix avec les margraves de Brandebourg. Deux ans plus tard, la rencontre de Visegrád, aboutit à la conclusion d'une paix durable entre la Bohème, la Hongrie et la Pologne. Kazimierz renonce à la Silésie au profit du roi de Bohème, qui abandonne ses prétentions au trône polonais contre une solide compensation financière. De même, la cession officielle de Gdańsk et de la Poméranie aux Chevaliers teutoniques par le traité de Kalisz en 1343 permet d'obtenir la paix au nord du pays. Comme dans le cas de la Bohème, Kazimierz s’est résigné à entériner la perte de territoires passés depuis de longues années sous le contrôle de puissants voisins. Ces concessions seront compensées par des conquêtes : après s'être affrontés trois ans (1349-1352), Lituaniens et Polonais se partagent la Ruthénie (Rus’) de Halicz. Kazimierz prend aussi le contrôle de plusieurs principautés féodales privées d'héritiers et renforce son autorité sur les autres vassaux. Cette expansion vers l'Est a eu une conséquence religieuse non négligeable : le Royaume de Pologne incluait désormais une solide minorité orthodoxe. Une autre décision de Kazimierz contribua à renforcer ce visage multireligieux qui allait être celui de la Pologne pendant plusieurs siècles : un an à peine après son accession au trône, il étendit à toute la Pologne le privilège d'immunité que le duc de Grande-Pologne Bolesław Pobożny [Boleslas le Pieux] avait accordé en 1264 aux Juifs pourchassés dans plusieurs pays d’Europe.
La paix intérieure, symbolisée par les importants travaux de fortification entrepris aux frontières, permet à Kazimierz de mettre en place de profondes réformes. Celles-ci s'appuient sur une conjoncture très favorable : la Pologne est ainsi épargnée par la peste noire qui ravage la majeure partie de l'Europe. Deux réformes auront une portée essentielle : un important travail de codification juridique aboutit à la promulgation des statuts de Kazimierz (1344-1360) qui fixent le droit coutumier en Grande et Petite-Pologne, tout en introduisant certaines innovations. Ils ferment aussi l'accès à la noblesse. En créant un trésor alimenté par les revenus des mines de sel, les douanes, les impôts fonciers et les revenus des domaines royaux, Kazimierz donne au souverain une indépendance financière et politique à l'égard des grands seigneurs. On se souvient également de Kazimierz pour avoir accordé le privilège de fondation de l'Académie de Cracovie le 12 mai 1364. La première tâche de la première université polonaise sera de former des juristes.
Le nouveau rang de la Pologne, véritable puissance régionale, fut symbolisé par le Congrès des trois rois à Cracovie (1364) : le roi de Pologne servit alors d'intermédiaire entre les rois de Bohème et de Hongrie. Cette coopération s'avéra d'autant plus cruciale que ces trois royaumes durent faire face, dans les années suivantes, à des dilemmes dynastiques.
Kazimierz est décédé à Cracovie le 5 novembre 1370 des suites de complications après un accident de chasse. Il a été inhumé dans la cathédrale du Wawel. Il a laissé derrière lui un État aux assises solides… à un détail près, essentiel dans une monarchie : marié quatre fois, il n'avait pas d'héritier mâle. Même si, par ailleurs, il aura eu de nombreux enfants de relations extraconjugales. Il aura donc été le dernier monarque de la dynastie Piast à occuper le trône de Pologne. Au terme de son règne, la Pologne a vu son territoire plus que doubler et acquérir une véritable importance sur la scène européenne. Ce fut le seul roi de Pologne à porter le titre de “Grand”. Un adage polonais dit que Kazimierz zastał Polskę drewnianą, a zostawił murowaną - avait hérité d'une “Pologne en bois” et qu'il avait laissé une “Pologne en pierre” à ses successeurs. C'est dire l'importance de son règne…
C’est Ludwik Węgierski [Louis Ier de Hongrie], son neveu, qui va lui succéder sur le trône. ‹LS›

