Éphéméride polonaise

  • 9 mai
    09/05/2026

    1987 - À 11h11 dans la forêt Kabacki s’est écrasé un avion des lignes aériennes polonaises LOT, l’Iliouchine Il-62 M “Tadeusz Kościuszko”, parti de Varsovie vers les États-Unis. À bord, il y avait le plein de passagers. L’appareil avait décollé d’Okęcie à 10h18. Peu de temps après, la tour de contrôle a reçu un signal de l'équipage annonçant des problèmes techniques. Devant cette situation, il a été décidé de faire dérouter l'avion. La catastrophe a eu lieu lors de l'approche d’atterrissage sur l'aéroport d’Okęcie. À bord se trouvaient 172 passagers et 11 membres d'équipage. Personne n'a survécu.

    Les équipes de secours sont rapidement arrivés sur les lieux de l’accident : unités de sapeurs-pompiers, milice, armée, ambulances. Sont arrivés aussi des résidents locaux et des personnes qui travaillaient ce jour-là dans les usines voisines. Dans les premières nouvelles à la radio, on parle d’une éventuelle défaillance des moteurs. Le Premier ministre Zbigniew Messner nommera une commission gouvernementale spéciale pour enquêter sur l'accident. Sa première réunion aura eu lieu le 11 mai 1987. La commission conclura que la cause de la catastrophe fut la destruction de l'un des moteurs qui a eu lieu alors que l'avion était à une altitude de 8200 mètres, dans la région de Grudziądz. Cela serait dû à l’éclatement de la turbine basse pression, dans laquelle est survenue la destruction de l’arbre. Des éléments de la turbine éclatée ont entraîné la destruction complète de la turbine n°2, et des morceaux de celle-ci expulsés par la force centrifuge à une vitesse de 160 m/s ont pénétré dans la partie arrière du fuselage et ont endommagé le moteur n°1, provoquant son embrasement et l’empêchant de continuer à fonctionner. Un incendie a également éclaté dans la soute à bagages de l'avion. Après la survenue de l’avarie et la décompression de la cabine passagers, le capitaine de l’avion Zygmunt Pawlaczyk a décidé de descendre à 4000 mètres et de revenir à Varsovie, voulant ainsi se débarrasser du carburant pour pouvoir atterrir en toute sécurité. En raison de l’aggravation de l’état technique de l’appareil, l'équipage a reçu l'autorisation d'atterrir à Modlin. Cependant, il fut admis que l'aéroport d’Okęcie donnait plus de garanties de sécurité, possédait un meilleur service d’incendie et de secours, par conséquent le vol fut dirigé vers Varsovie. Il aura manqué 5700 mètres pour atteindre la piste. La commission a jugé que les décisions prises par l'équipage sous le commandement du capitaine Zygmunt Pawlaczyk avaient été correctes et qu’elles n’avaient eu aucun lien de causalité avec la catastrophe. N’ont également eu aucune influence sur cet événement tragique les activités de maintenance ou les conditions météorologiques.

    *Du point de vue du nombre de victimes, c’est la plus grande catastrophe aérienne dans l'histoire de l'aviation polonaise. ‹LS›


    « Bonne nuit ! Au revoir ! Salut ! On va mourir ! » – tels sont les derniers mots poignants enregistrés par la boîte noire du poste de pilotage.

  • 8 mai
    08/05/2026

    1254 - À Cracovie, lors de la célébration de la canonisation de l’évêque Stanisław de Szczepanów (mort en martyr en 1079), pour la première fois a été interprété l'hymne Gaude Mater Polonia (Réjouis-toi, Mère Pologne). L'auteur de l'hymne est le dominicain Wincenty de Kielcza (village de Silésie d’Opole) qui dans l'histoire de la Pologne est reconnu comme compositeur, hagiographe et poète. Il est né vers 1200 et mort un 2 janvier dans les années 1270. Wincenty de Kielcza est le premier compositeur polonais dont on connaît le nom.

    Gaude Mater Polonia est un hymne polonais médiéval écrit en 1253 en latin sur la mélodie du chant grégorien O salutaris Hostia (Ô, salutaire Hostie). La plus ancienne notation connue de l'hymne a été conservée dans l'antiphonaire de Kielce de 1372. Ce chant sera repris par les chevaliers polonais après chaque bataille victorieuse. Plus tard, il va accompagner les cérémonies nationales. La composition des douze strophes est simple et limpide. Après l'invocation (strophe 1), suivent la description des mérites de l'évêque Stanisław de son vivant, puis des miracles qui se sont produits après sa mort. L'auteur appelle la Pologne et Cracovie à la joie et à la gratitude envers Dieu.

    Ce chant majestueux a accompagné les Polonais dans leurs moments de joie et de gloire, et donnait de l’espoir et de la force dans les moments de détresse et de tragédie vécus tout au long de l’histoire de la Pologne.

    Gaude Mater Polonia

    Gaude, Mater Polonia,
    Prole fecunda nobili.
    Summi Regis magnalia
    Laude frequenta vigili.

    Réjouis-toi, ô mère Pologne,
    Féconde en noble descendance.
    Les merveilles du Roi des rois
    Glorifie par d’incessantes louanges.

    “Gaude Mater Polonia”, hymne national polonais au Moyen Âge et durant les partages de la Pologne entre l'Autriche, la Prusse et la Russie, aujourd’hui encore, retentit lors de l’inauguration de l’année scolaire des universités, au moment des fêtes relatant l’histoire de la Pologne et pendant les cérémonies religieuses. ‹LS›

    *

  • 7 mai
    07/05/2026

    1943 - Parution du communiqué officiel du commencement de la formation en URSS de la 1e Division d’infanterie Tadeusz Kościuszko, créée à l'initiative de l'Union des patriotes polonais, avec le consentement de Joseph Staline. Le lieu de formation des unités est Sielce sur Oka près de Riazan. Le corps des officiers est composé en grande majorité d’officiers soviétiques. Les soldats-volontaires se recrutent dans les citoyens polonais déportés en URSS ou parmi les Polonais qui y vivaient déjà avant la guerre. Le colonel Zygmunt Berling est nommé commandant de la division. En juin 1943, le général Władysław Sikorski, commandant en chef et Premier ministre de la République de Pologne, reconnaît l'armée Berling comme une division polonaise communiste de nature subversive et son créateur comme un traître qui a déserté l'armée polonaise. Le 15 juillet 1943, anniversaire de la bataille de Grunwald, les soldats de la division prêtent serment. Le texte de ce serment engage, entre autres, à une fidélité alliée avec l'Union soviétique et au respect de la fraternité d'armes avec l’Armée rouge alliée. En octobre 1943, la division est incorporée dans la 33e armée soviétique. Les 12 et 13 octobre, elle va participer à sa première bataille contre les Allemands en menant l'assaut contre les positions fortifiées de l’ennemi près de la petite ville de Lenino. En l'absence de coopération de la part des troupes soviétiques, la division va payer ce petit succès tactique au prix de pertes disproportionnées et sera retirée de la ligne de front. Jusqu’au 15 mars 1944, elle sera stationnée dans la région de Smolensk. Durant ce temps-là, le général Wojciech Bewziuk prendra son commandement. Le 23 juillet 1944, la division avec le Corps des forces armées polonaises fait partie de la Première armée polonaise (1 AWP), au sein de laquelle elle va livrer bataille sur le sol polonais ainsi qu’en Allemagne (entre autres, du 30 avril au 2 mai 1945 à Berlin). Les soldats de la division vont accrocher le drapeau polonais sur la Colonne de la Victoire dans la capitale allemande. Après avoir terminé son service d'occupation en Allemagne, en juin 1945 la division rentre au pays. Son état-major s’installe à Siedlce. Pour sa participation à la guerre, la division sera décorée de la Croix d'or de l'ordre Virtuti Militari, de l'ordre de la Croix de Grunwald de 3e classe et par des décorations soviétiques : l'ordre du Drapeau rouge et l'ordre de Koutouzov de 2e classe. En 1955, la division sera réorganisée en Division mécanisée de Varsovie. ‹LS›